Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Isaïe 44
ECOUTEZ-MOI donc maintenant, vous Jacob, mon serviteur, et vous Israël, que j’ai choisi.
Voici ce que dit le Seigneur qui vous a créé, qui vous a formé, et qui vous a soutenu dès le sein de votre mère : Ne craignez point, ô Jacob, mon serviteur ! et vous, Ô Israël ! que j’ai choisi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le très juste (rectissime). La Vulgate a rendu (voir Deutéronome, 32, 15) le même mot hébreu par bien-aimé (dilectus), et c’est ainsi que l’ont traduit les Septante dans les deux endroits. La racine hébraïque à laquelle on attache généralement l’idée de justice, de droiture, signifie, selon nous, être heureux, fortuné. Dans tous les cas, c’est un nom propre symbolique qui s’applique au peuple d’Israël.
Car je répandrai les eaux sur les champs altérés, et les fleuves sur la terre sèche ; je répandrai mon Esprit sur votre postérité, et ma bénédiction sur votre race,
et ils germeront parmi les herbages comme les saules plantés sur les eaux courantes.
L’un dira, Je suis au Seigneur : l’autre se glorifiera du nom de Jacob : un autre écrira de sa main, Je suis au Seigneur ; et il fera gloire de porter le nom d’Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et par le nom, etc. ; il se fera honneur de porter le nom d’Israël.
Voici ce que dit le Seigneur, le Roi d’Israël, et son Rédempteur, le Seigneur des années : Je suis le premier, et je suis le dernier, et il n’y a point de Dieu que moi seul.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 41, 4 ; 48, 12 ; Apocalypse, 1, vv. 8, 17 ; 22, 13. ― 5e Discours : Contraste entre Dieu et les idoles, chapitre 44, versets 6 à 23. Le prophète nous montre la grandeur du vrai Dieu qu’il met en opposition avec la vanité des dieux ridicules des gentils. ― Israël doit se confier en Dieu, parce qu’il lui annonce à l’avance ce qu’il se propose de faire, versets 6 à 8 ; tandis que les dieux des gentils trompent leurs adorateurs, parce qu’ils ne sont que de vaines images, œuvres des hommes, versets 9 à 17 ; l’aveuglement des païens peut seul fermer les yeux sur le néant de leurs divinités, versets 18 à 20. Puisse Israël, lui du moins, comprendre que l’idolâtrie n’est qu’un mensonge, et servir le Seigneur qui l’aime et lui pardonne ses péchés, versets 21 à 23 ! ― Le tableau de la vanité des idoles est un morceau littéraire achevé.
Qui est semblable à moi ? Qu’il rappelle tout le passé ; qu’il explique par ordre ce que j’ai fait depuis que j’ai établi ce peuple qui subsiste depuis tant de siècles ; qu’il leur prédise les choses futures, et ce qui doit arriver.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qu’ils, etc. ; que les faux dieux annoncent et exposent par ordre à leurs adorateurs le passé et l’avenir.
Ne craignez donc point ; ne vous épouvantez point : je voue ai fait savoir des le commencement, et je vous ai annoncé ce que vous voyez maintenant : vous êtes témoins de ce que je dis. Y a-t-il donc quelque autre Dieu que moi, et un Créateur que je ne connaisse pas ?
Tous ces artisans d’idoles ne sont rien ; leurs ouvrages les plus estimés ne leur serviront de rien. Ils sont eux-mêmes témoins, à leur confusion, que leurs idoles ne voient point et ne comprennent rien.
Comment donc un homme est-il assez insensé pour vouloir former un Dieu, et pour jeter en fonte une statue qui n’est bonne à rien ?
Tous ceux qui ont part à cet ouvrage seront confondus : car tous ces artisans ne sont que des hommes. Qu’ils s’assemblent tous, et qu’ils se présentent, ils seront tous saisis de crainte et couverts de honte.
Le forgeron travaille avec sa lime ; il met le fer dans le feu, et le bat avec le marteau pour en former une idole ; il y emploie toute la force de son bras : il souffrira la faim jusqu’à être dans la langueur et n’en pouvoir plus ; il endurera la soif jusqu’à tomber dans la défaillance.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Sagesse, 13, 11. ― Au moyen, etc. ; c’est-à-dire qu’il met le fer dans le feu. ― Son bras vigoureux ; ou très vigoureux ; littéralement, et par hébraïsme, le bras de sa force.
Le sculpteur étend sa règle sur le bois, il le forme avec le rabot, il le dresse à l’équerre, il lui donne ses traits et ses proportions avec le compas, et fait enfin l’image d’un homme qu’il rend le plus beau qu’il peut, et il le loge dans une niche.
Il va abattre des cèdres, il prend un orme ou un chêne, qui avait été longtemps parmi les arbres d’une forêt, ou un pin que quelqu’un avait planté, et que la pluie avait fait croître.
Cet arbre doit servir à l’homme pour brûler ; il en a pris lui-même pour se chauffer, il en a mis au feu pour cuire son pain : et il prend le reste, il en fait un dieu, et l’adore, il en fait une image morte devant laquelle il se prosterne.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les hommes, etc. ; littéralement elle est devenue (facta est) aux hommes par le feu. Ce féminin singulier se rapporte vraisemblablement au substantif pin (pinum), qui en latin est féminin. Dans les textes hébreu et grec, le verbe est également au singulier. ― Lui-même ; c’est-à-dire le sculpteur dont il est parlé dans les versets précédents.
Il a mis au feu la moitié de ce bois, et de l’autre moitié il en a pris pour cuire sa viande, et pour faire bouillir son pot, dont il a mangé tant qu’il a voulu ; il s’est chauffé, et a dit, Bon, j’ai bien chaud, j’ai fait bon feu :
et du reste de ce même bois il s’en fait un dieu et une idole devant laquelle il se prosterne, qu’il adore et qu’il prie, en lui disant : Délivrez-moi : car vous êtes mon dieu.
Ils ne connaissent rien, et ils ne comprennent rien : ils sont tellement couverts de boue, que leurs yeux ne voient point, et que leur cœur n’entend point.
Ils ne rentrent point en eux-mêmes ; ils ne font point de réflexion, et il ne leur vient pas la moindre pensée de dire : J’ai fait du feu de la moitié de ce bois, j’en ai fait cuire des pains sur les charbons, j’y ai fait cuire la chair que j’ai mangée, et du reste j’en ferai une idole ? Je me prosternerai devant un tronc d’arbre ?
Une partie de ce bois est déjà réduite en cendre, et cependant son cœur insensé adore l’autre, et il ne pense point à tirer son âme de l’égarement où elle est, en disant : Certainement cet ouvrage de mes mains n’est qu’un mensonge.
Souvenez-vous de ceci, Jacob ; souvenez-vous, Israël, que vous êtes mon serviteur, et que c’est moi qui vous ai créé : Israël, vous êtes mon serviteur, ne m’oubliez point.
J’ai effacé vos iniquités comme une nuée qui passe, et vos péchés comme un nuage : revenez à moi, parce que je vous ai racheté.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Comme un nuage et comme un vapeur ; sont dissipés et disparaissent.
Cieux, louez le Seigneur, parce qu’il a fait miséricorde : terre, soyez dans un tressaillement de joie depuis un bout jusqu’à l’autre : montagnes, forêts avec tous vos arbres, faites retentir les louanges du Seigneur : parce que le Seigneur a racheté Jacob, et qu’il a établi sa gloire dans Israël.
Voici ce que dit le Seigneur, qui vous a racheté, et qui vous a formé dans le sein de votre mère : Je suis le Seigneur, qui fais toutes choses : c’est moi seul qui ai étendu les cieux, et personne ne m’a aidé quand j’ai affermi la terre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et nul n’est avec moi ; pour faire ces choses avec moi.
C’est moi qui fais voir la fausseté des prodiges de la magie ; qui rends insensés ceux qui se mêlent de deviner ; qui renverse l’esprit des sages, et qui convaincs de folie leur vaine science.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans la fureur (in furorem) ; ou dans l’aveuglement. ― Faisant tourner en arrière ; c’est-à-dire couvrant de confusion, comme la Vulgate elle-même a traduit l’expression hébraïque correspondante dans 3 Rois, 2, vv. 16, 20. ― Rendant, etc. ; convainquant leur vaine science de folie.
C’est moi qui exécute les paroles de mon serviteur, et qui accomplis les oracles de mes prophètes ; qui dis à Jérusalem, Vous serez habitée de nouveau ; et aux villes de Juda, Vous serez rebâties, et je repeuplerai vos déserts ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son serviteur, ses messagers, ses déserts. C’est ce que portent l’hébreu et les Septante aussi bien que la Vulgate. Ne sachant à qui se rapportent les pronoms son, ses, plusieurs traducteurs ont changé le texte sacré, et ont mis mon, mes. Pour nous, nous n’avons pas cru que ce fût un motif suffisant de changer le texte sacré. ― Je donnerai la vie (suscitabo) aux déserts ; en les peuplant d’habitants.
qui dis à l’abîme, Epuise-toi, je mettrai tes eaux à sec ;
qui dis à Cyrus, Vous êtes le pasteur de mon troupeau, et vous accomplirez ma volonté en toutes choses ; qui dis à Jérusalem, Vous serez rebâtie ; et au temple, Vous serez fondé de nouveau.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cyrus ; roi de Perse, est nommé par son propre nom plus de cent ans avant sa naissance, ce qui prouve jusqu’à l’évidence l’inspiration divine du prophète Isaïe. ― Mon pasteur. Le nom de pasteur que Dieu donne à Cyrus prouve sa qualité de roi ; car les anciens donnaient le titre de pasteur aux princes ; c’est l’épithète ordinaire qu’Homère leur donne. Sous ce rapport encore, Cyrus est la figure de Jésus-Christ, le pasteur par excellence. ― C’est ce verset et le suivant, que les Juifs montrèrent à Cyrus, à la fin de la captivité, d’après le témoignage de Josèphe, ce qui le détermina à leur permettre de retourner en Palestine. Le nom de Cyrus signifie, d’après Ctésias et autres, soleil. Il paraît venir de la même racine, mais il ne se confond pas avec le nom du soleil, qui est, en zend, hvaré (karé), d’où l’on a tiré des noms propres comme Charsid, qui signifie éclat du soleil ou soleil. Sur les monuments, le nom de Cyrus est écrit Kuru ou Khuru ; ainsi on lit sur son tombeau : Adam K’ur’us Khsâyathiya Hakkâmanisiya. « Je suis Cyrus, le roi, l’Achéménide. » Son nom est identique avec celui du fleuve Kur. Voir Strabon, XV, 3, 6.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jérémie, 30, 10 ; 46, 27.