Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Isaïe 40
CONSOLEZ-VOUS, mon peuple, consolez-vous, dit votre Dieu.
Parlez au cœur de Jérusalem, et dites-lui que ses maux sont finis, que ses iniquités lui sont pardonnées : car elle a reçu de la main du Seigneur des peines redoublées pour tous ses péchés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Malice (malitia) ; ou, comme lisent plusieurs exemplaires latins, milice (militia) ; ce que porte le texte hébreu. ― Double ; c’est-à-dire très grande, considérable. Comparer à Isaïe, 61, 7 ; Jérémie, 16, 18 ; Apocalypse, 18, 6.
On a entendu la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez la voie du Seigneur, rendez droits dans la solitude les sentiers de notre Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 1, 3 ; Jean, 1, 23. ― La voix, etc. Comparer à Matthieu, 3, 3 ; Luc, 3, 4. ― En Orient, on prépare les voies au souverain dans les lieux où il doit passer, en faisant des routes ou en réparant celles qui existent déjà.
Toutes les vallées seront comblées : toutes les montagnes et les collines seront abaissées ; les chemins tortus seront redressés ; ceux qui étaient raboteux seront aplanis :
et la gloire du Seigneur se manifestera, et toute chair verra en même temps que c’est la bouche du Seigneur qui a parlé.
Une voix m’a dit : Criez. Et j’ai dit : Que crierai-je ? Toute chair n’est que de l’herbe, et toute sa gloire est comme la fleur des champs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 14, 18 ; Jacques, 1, 10 ; 1 Pierre, 1, 24.
L’herbe s’est séchée, et la fleur est tombée, parce que le Seigneur l’a frappée de son souffle. Le peuple est vraiment de l’herbe.
L’herbe se sèche, et la fleur tombe : mais la parole de notre Dieu demeure éternellement.
Montez sur une haute montagne, vous qui annoncez l’heureuse nouvelle à Sion ; élevez votre voix avec force, vous qui annoncez l’heureuse nouvelle à Jérusalem ; élevez-la, ne craignez point : dites aux villes de Juda : Voici votre Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les promesses contenues dans ce verset et les suivants n’auront leur parfait accomplissement qu’à la venue de Jésus-Christ.
Voici le Seigneur Dieu qui vient dans sa puissance ; il dominera par la force de son bras : il porte avec lui ses récompenses, et il tient entre ses mains le prix des travaux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sa récompense ; c’est-à-dire la récompense qu’il doit accorder. ― Œuvre, ou mieux, par métonymie, fruit de l’œuvre, salaire, sens qu’a le terme hébreu correspondant.
Il mènera son troupeau dans les pâturages, comme un pasteur qui paît ses brebis : il rassemblera par la force de son bras les petits agneaux, et il les prendra dans son sein ; il portera lui-même les brebis qui seront pleines.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ezéchiel, 34, 23 ; 37, 24 ; Jean, 10, 11.
Qui est celui qui a mesuré les eaux dans le creux de sa main, et qui la tenant étendue a pesé les cieux ? Qui soutient de trois doigts toute la masse de la terre ? qui pèse les montagnes ? et qui met les collines dans la balance ?
Qui a aidé l’Esprit du Seigneur ? Qui lui a donné conseil ? Qui lui a appris ce qu’il devait faire ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Sagesse, 9, 13 ; Romains, 11, 34 ; 1 Corinthiens, 2, 16.
Qui a-t-il consulté ? Qui l’a instruit ? Qui lui a montré le sentier de la justice ? Qui lui a donné le don de science ? Qui lui a ouvert le chemin de la sagesse ?
Toutes les nations ne sont devant lui que comme une goutte d’eau qui tombe d’un seau, et comme ce petit grain qui donne à peine la moindre inclination à la balance : toutes les îles sont devant ses yeux comme un petit grain de poussière.
Tout ce que le Liban a d’arbres ne suffirait pas pour allumer le feu du sacrifice qui lui est dû, et tout ce qu’il y a d’animaux serait trop peu pour être un holocauste digne de lui.
Tous les peuples du monde sont devant lui comme s’ils n’étaient point, et il les regarde comme un vide et comme un néant.
A qui donc ferez-vous ressembler Dieu ? et quelle image en tracerez-vous ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 17, 29.
L’ouvrier ne jette-t-il pas sa statue en fonte ? Celui qui travaille en or, n’en forme-t-il pas une d’or ? et celui qui travaille en argent, ne la couvre-t-il pas de lames d’argent ?
L’ouvrier habile choisit un bois fort qui ne pourrisse point ; il cherche à placer sa statue en sorte qu’elle ne tombe pas.
N’avez-vous point su qui je suis ? ne l’avez-vous point appris ? ne vous l’a-t-on point annoncé dès le commencement ? N’avez-vous point compris la manière dont la terre a été fondée ?
Je suis celui qui est assis sur le globe de la terre, et qui voit tous les hommes qu’elle renferme comme n’étant que des sauterelles devant lui, qui a suspendu les cieux comme une toile, et qui les étend comme un pavillon qu’on dresse pour s’y retirer ;
qui anéantit ceux qui recherchent avec tant de soin les secrets de la nature, et qui réduit à rien les juges du monde.
Ils n’avaient point été plantés, ils n’avaient point été semés sur la terre, leur tronc n’y avait point jeté de racines : et lorsqu’il les a frappés de son souffle, ils se sont séchés, ils ont été enlevés comme un tourbillon emporte la paille.
A qui m’avez-vous fait ressembler ? à qui m’avez-vous égalé ? dit le Saint.
Levez les yeux en haut, et considérez qui a créé les cieux ; qui fait sortir sous ses ordres l’armée nombreuse des étoiles, et qui les appelle toutes par leur nom, sans qu’une seule manque à lui obéir ; tant il excelle en grandeur, en vertu et en puissance.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ces choses ; les cieux ou les astres. ― Leur milice. Dans bien des endroits l’Ecriture appelle les astres la milice du ciel, et représente Dieu comme le général de cette armée. ― En nombre ; grand, ou marqué, déterminé. ― Toutes ; selon l’hébreu et la Vulgate, tous, au masculin, parce que les astres sont ici personnifiés.
Pourquoi donc dites-vous, ô Jacob ! pourquoi osez-vous dire, ô Israël : La voie où je marche est cachée au Seigneur ; mon Dieu ne se met point en peine de me rendre justice ?
Ne savez-vous point, n’avez-vous point appris que le Seigneur est le Dieu éternel qui a créé toute l’étendue de la terre, qui ne s’épuise point et ne se fatigue point, et dont la sagesse est impénétrable ?
C’est lui qui soutient ceux qui sont las, et qui remplit de force et de vigueur ceux qui étaient tombés dans la défaillance.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ceux qui ne sont pas (qui non sunt) ; hyperbole, pour ceux qui sont épuisés, qui manquent de forces, comme porte le texte hébreu.
La fleur de l’âge se lasse et succombe au travail, et la vigueur de la jeunesse a ses affaiblissements.
Mais ceux qui espèrent au Seigneur trouveront des forces toujours nouvelles ; ils prendront des ailes, et ils voleront comme l’aigle ; ils courront sans se fatiguer, et ils marcheront sans se lasser.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Prendront une force nouvelle ; renouvelleront leur force. C’est le sens du latin mutabunt fortitudinem ; la Vulgate, en effet, a rendu ailleurs (voir Job, 29, 20) le même verbe hébreu par renouveler.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ici commence la seconde partie d’Isaïe, qui comprend les chapitres 40 à 66. Elle se partage en trois séries de discours, subdivisés en groupes de neuf : du chapitre 40 au chapitre 48 ; du chapitre 49 au chapitre 57 ; du chapitre 58 au chapitre 66. Pour plus de détails sur les caractères généraux de la seconde partie, voir la note 23 à la fin du volume. ― La première section, du chapitre 40 au chapitre 48, fait ressortir la différence qui existe entre le vrai Dieu et les faux dieux. ― Le chapitre 40 renferme le premier discours et sert d’introduction générale. Il nous fait connaître l’objet de la mission du prophète, qui est de consoler son peuple et de lui annoncer le salut, en fondant ces consolations et ces espérances sur la toute-puissance de Dieu et sur la gloire du règne du Messie. ― Les versets 1 à 11 sont comme le prologue des 27 discours. Les versets 3 à 8 prédisent la mission du précurseur du Messie, saint Jean-Baptiste. Après l’introduction générale, versets 1 à 11, Isaïe montre combien Dieu est incomparablement grand et quelle est la folie des adorateurs des idoles. Les Juifs ne doivent compter que sur le secours du Seigneur qui seul peut les consoler, versets 12 à 31.