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Isaïe 43

ET maintenant voici ce que dit le Seigneur qui vous a créé, ô Jacob ! et qui vous a formé, ô Israël ! Ne craignez point, parce que je vous ai racheté, et que je vous ai appelé par votre nom ; vous êtes à moi.

Lorsque vous marcherez au travers des eaux, je serai avec vous, et les fleuves ne vous submergeront point ; lorsque vous marcherez dans le feu, vous n’en serez point brûlé, et la flamme sera sans ardeur pour vous :

parce que je suis le Seigneur, votre Dieu, le Saint d’Israël, votre Sauveur ; j’ai livré aux Assyriens l’Egypte pour vous racheter, l’Ethiopie et Saba, pour vous sauver.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

J’ai donné, etc. ; c’est-à-dire, selon la plupart des interprètes, j’ai détourné les Assyriens qui étaient sur le point de prendre Jérusalem, en les obligeant de retourner leurs armes contre l’Egypte, l’Ethiopie et le pays de Saba.

Depuis que vous êtes devenu considérable et précieux devant mes yeux, et que je vous ai élevé en gloire, je vous ai aimé, et je livrerai les hommes pour vous sauver, et les peuples pour racheter votre vie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pour toi ; pour te venger. ― Ton âme ; hébraïsme, pour ta personne, ou ta vie.

Ne craignez point, parce que je suis avec vous : je ramènerai vos enfants de l’Orient, et je vous rassemblerai de l’Occident.

Je dirai à l’Aquilon, Donnez-moi mes enfants ; et au Midi, Ne les empêchez point de venir : amenez mes fils des climats les plus éloignés, et mes filles des extrémités de la terre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Donne-moi mes enfants. ― Ne retiens pas ; ne les empêche pas de venir.

Car c’est moi qui ai créé pour ma gloire tous ceux qui invoquent mon nom ; c’est moi qui les ai formés et qui les ai faits.

Faites sortir dehors ce peuple qui était aveugle, quoiqu’il eût des yeux ; qui était sourd, quoiqu’il eût des oreilles.

Que toutes les nations s’amassent, et que tous les peuples se rassemblent. Qui de vous a jamais annoncé ces vérités ? qui nous a fait connaître ce qui est arrivé autrefois ? Qu’ils produisent leurs témoins ; qu’ils vérifient leurs prophéties : et alors on les écoutera, et on leur dira : Vous dites vrai.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui parmi vous ; faux dieux, idoles. ― Qu’ils produisent, etc. ; c’est-à-dire que les faux dieux produisent, etc. C’est un défi porté par le vrai Dieu aux fausses divinités, sourdes et muettes.

Vous êtes mes témoins, dit le Seigneur, vous et mon serviteur que j’ai choisi ; afin que vous sachiez, que vous croyiez, et que vous compreniez que c’est moi-même qui suis ; qu’il n’y a point eu de Dieu formé avant moi, et qu’il n’y en aura point après moi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vous êtes ; vous Hébreux. ― Mon serviteur ; Cyrus, selon les uns, Isaïe, selon les autres ; mais c’est plutôt Jésus-Christ. Comparer à Isaïe, 42, 1. ― C’est moi, etc. Voir Exode, 3, 14.

C’est moi, c’est moi qui suis le Seigneur, et hors moi il n’y a point de sauveur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Osée, 13, 4.

C’est moi qui vous ai annoncé les choses futures ; c’est moi qui vous ai sauvés : je vous ai fait entendre l’avenir ; et il n’y a point eu parmi vous de Dieu étranger : vous m’en êtes témoins, dit le Seigneur, et c’est moi qui suis Dieu.

C’est moi qui suis dès le commencement : nul ne peut m’arracher ce que je tiens entre mes mains. Quand j’ai résolu d’agir, qui pourra s’y opposer ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui m’en détournera ; qui m’empêchera d’agir ; littéralement, qui détournera cela ; c’est-à-dire mon action.

Voici ce que dit le Seigneur qui vous a rachetés, le Saint d’Israël : J’ai envoyé à cause de vous des ennemis à Babylone ; j’ai fait tomber tous ses appuis ; j’ai renversé les Chaldéens qui mettaient leur confiance dans leurs vaisseaux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ses barres ; les barres de ses portes.

Je suis le Seigneur, le Saint qui est parmi vous, le Créateur d’Israël, et votre Roi.

Voici ce que dit le Seigneur qui a ouvert un chemin au milieu de la mer, et un sentier au travers des abîmes d’eaux ;

qui fit entrer dans la mer Rouge les chariots et les chevaux, les troupes d’Egypte, et toutes leurs forces. Ils furent tous ensevelis dans un sommeil dont ils ne se réveilleront point : ils furent étouffés et éteints pour jamais comme on éteindrait la mèche d’une lampe.

Commentaire (versets 16 à 17) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 16 à 17 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Allusion au passage des Israélites et de l’armée de Pharaon dans la mer Rouge.

Mais ne vous souvenez plus des choses passées, ne considérez plus ce qui s’est fait autrefois.

Je vais faire des miracles tout nouveaux ; ils vont paraître, et vous les verrez : je ferai un chemin dans le désert, je ferai couler des fleuves dans une terre inaccessible.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Corinthiens, 5, 17 ; Apocalypse, 21, 5.

Les bêtes sauvages, les dragons et les autruches me glorifieront ; parce que j’ai fait naître des eaux dans le désert, et des fleuves dans une terre inaccessible, pour donner à boire à mon peuple, au peuple que j’ai choisi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La bête du champ ; c’est-à-dire la bête sauvage. ― Les dragons. Hébreu : les chacals.

J’ai formé ce peuple pour moi, et il publiera mes louanges.

Jacob, vous ne m’avez point invoqué ; Israël, vous ne vous êtes point appliqué à me servir.

Vous ne m’avez point offert vos béliers en holocauste ; vous ne m’avez point glorifié par vos victimes : je ne vous ai point contraint en esclave de m’offrir des oblations ; je ne vous ai point donné la peine d’aller me chercher de l’encens.

Vous n’avez point donné votre argent pour m’acheter de bonnes odeurs, vous ne m’avez point soûlé par la graisse de vos victimes : mais vous m’avez rendu comme esclave par vos péchés, et vos iniquités m’ont fait une peine insupportable.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Canne odorante ; on s’en servait pour faire l’huile d’onction. Comparer à Exode, 30, 23. ― Tu m’as rendu, etc. ; par tes péchés tu m’as traité comme si j’eusse été ton esclave, obligé de servir tous tes caprices.

C’est moi donc, c’est moi-même qui efface vos iniquités pour l’amour de moi ; et je ne me souviendrai plus de vos péchés.

Si vous avez fait quelque bien, faites-moi souvenir de tout : plaidons chacun notre cause, et proposez tout ce qui pourrait servir à vous justifier.

Votre père m’a offensé le premier, et ceux qui vous interprétaient ma loi m’ont désobéi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ton père, etc. ; probablement Abraham, qui fut le père, l’auteur, la souche de la nation des Hébreux (voir Isaïe, 51, 2 ; Jean, 8, vv. 39, 56), et engagé dans l’idolâtrie de son père avant sa vocation. ― Tes interprètes, etc. ; Moïse et Aaron, qui ont été les interprètes de la volonté de Dieu, les médiateurs entre lui et le peuple, et qui ont désobéi à Dieu aux eaux de contradiction (voir Nombres, 20, 9-12).

C’est pourquoi j’ai traité comme des profanes les princes du sanctuaire ; j’ai livré Jacob à la boucherie, et j’ai fait tomber Israël dans l’opprobre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

J’ai déclaré souillés. C’est le vrai sens de contaminavi expliqué par l’hébreu. ― Les princes saints ; c’est-à-dire les princes du sanctuaire, les grands-prêtres ; l’hébreu autorise encore cette interprétation.