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Isaïe 36

LA quatorzième année du règne d’Ezcchias, Sennachérib, roi des Assyriens, vint assiéger toutes les villes les plus fortes de Juda, et les prit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Paralipomènes, 32, 1 ; Ecclésiastique, 48, 20. ― Sennachérib. Voir 4 Rois, 18, 13.

Il envoya Rabsacès de Lachis à Jérusalem avec une grande armée contre le roi Ezéchias, et il s’arrêta à l’aqueduc de la piscine supérieure dans le chemin du champ du foulon.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Lachis. Voir 4 Rois, 18, 14. ― Rabsacès. Voir 4 Rois, 18, 17. ― Dans la voie du Champ du foulon. Voir 4 Rois, 18, 17.

Eliaeim, fils d’Helcias, qui était grand maître de la maison du roi, Sobna, secrétaire, et Joahé, fils d’Asaph, chancelier, étant venus le trouver,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Eliacim, Sobna. Voir plus haut, Isaïe, 22, 15-25.

Rabsacès leur parla de la sorte : Dites à Ezéchias : Voici ce que dit le grand roi, le roi des Assyriens : Quelle est cette confiance dont vous vous flattez ?

Par quel dessein et avec quelle force prétendez-vous vous révolter contre moi ? et sur quoi vous appuyez-vous, lorsque vous refusez de m’obéir ?

Vous vous appuyez sur l’Egypte, sur ce roseau cassé, qui entrera dans la main de celui qui s’appuie dessus, et qui la transpercera : c’est ce que sera Pharaon, roi d’Egypte, pour tous ceux qui espèrent en lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pharaon, Tharaka. Voir 4 Rois, 18, 21.

Si vous me dites, Nous mettons notre espérance dans le Seigneur, notre Dieu ; n’est-ce pas ce Dieu dont Ezéchias a détruit les hauts lieux et les autels, ayant dit à Juda et à Jérusalem : Vous adorerez devant cet autel que j’ai dressé.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

N’est-ce pas celui, etc. Rabsacès, étant païen, parle ici comme un païen.

Maintenant donc, rendez-vous au roi des Assyriens, mon seigneur et mon maître, et je vous donnerai deux mille chevaux, si vous pouvez seulement trouver assez de gens parmi votre peuple pour les monter.

Et comment pourrez-vous seulement tenir contre l’un des moindres gouverneurs des places de mon maître ? Si vous mettez votre confiance dans l’Egypte, dans ses chariots et dans sa cavalerie ;

croyez-vous que je sois venu dans cette terre pour la perdre sans l’ordre de Dieu ? C’est le Seigneur qui m’a dit : Entrez dans cette terre, et détruisez tout.

Alors Eliacim, Sobna et Joahé dirent à Rabsacès : Parlez à vos serviteurs en langue syriaque, parce que nous la savons ; mais ne nous parlez point la langue des Juifs pendant que tout le peuple qui est sur la muraille nous écoute.

Rabsacès leur répondit : Est-ce à votre maître et à vous, que mon maître m’a envoyé dire ceci ? et n’est-ce pas plutôt à ces gens qui font garde sur la muraille, et qui vont être réduits à manger leurs propres excréments et à boire leur urine avec vous ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Leur dit ; en s’adressant au principal d’entre eux.

Rabsacès se tenant donc debout, et criant de toute sa force, dit en langue judaïque : Ecoutez les paroles du grand roi, du roi des Assyriens.

Voici ce que le roi m’a commandé de vous dire : Qu’Ezéchias ne vous trompe point : car il ne pourra vous délivrer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A ma main. Ces mots sont exprimés dans l’endroit parallèle, voir 4 Rois, 18, 29.

Qu’il ne vous persuade point de mettre votre confiance dans le Seigneur, en disant : Le Seigneur indubitablement nous délivrera ; cette ville ne sera point livrée entre les mains du roi des Assyriens.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Délivrera certainement ; littéralement, et par hébraïsme, délivrant, il délivrera.

Gardez-vous bien d’écouter Ezéchias : car voici ce que dit le roi des Assyriens : Faites alliance avec moi, et venez vous rendre à moi ; et chacun de vous mangera du fruit de sa vigne, et du fruit de son figuier, et boira de l’eau de sa citerne,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La paix. C’est ainsi que porte la version chaldaïque, et c’est ainsi que les plus habiles hébraïsants entendent le terme hébreu, rendu dans la Vulgate par bénédiction qui est en effet, la signification la plus ordinaire du texte original. Cependant, si on considère que le mot bénédiction se prend pour le souhait d’une chose bonne et heureuse, et que la formule de salutation était paix à toi, paix à vous, on concevra aisément qu’on ait donné par métonymie le sens de paix à bénédiction.

jusqu’à ce que je vienne vous emmener en une terre semblable à la vôtre, une terre de blé et de vin, une terre abondante en pains et en vignes.

Qu’Ezéchias ne vous trompe point, en disant : Le Seigneur nous délivrera. Chaque dieu des nations a-t-il délivré la terre qui l’adorait, de la puissance du roi des Assyriens ?

Où est le dieu d’Emath et d’Arphad ? où est le dieu de Sépharvaïm ? Ont-ils délivré Samarie de ma main puissante ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Emath, Arphad. Voir plus haut, Isaïe, 10, 9. ― Sépharvaïm. Voir 4 Rois, 17, 24.

Qui est celui d’entre tous ces dieux qui ait pu délivrer son pays de la force de mon bras, pour oser croire que le Seigneur en sauvera Jérusalem ?

Tous ceux qui l’entendaient, demeurèrent dans le silence, et ne lui répondirent pas un mot. Car le roi leur avait expressément commandé de ne lui rien répondre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils gardèrent, etc. ; c’est-à-dire Eliacim, Sobna et Joahé. Voir au verset 3.

Après cela Eliacim, fils d’Helcias, grand-maître de la maison du roi, Sobna, secrétaire, et Joahé, fils d’Asaph, chancelier, allèrent trouver Ezéchias, ayant leurs vêtements déchirés, et lui rapportèrent les paroles de Rabsacès.