Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Isaïe 9
LE Seigneur a d’abord frappé légèrement la terre de Zabulon et la terre de Nephthali ; et à la fin sa main s’est appesantie sur la Galilée des nations, qui est le long de la mer au delà du Jourdain.
Le peuple qui marchait dans les ténèbres, a vu une grande lumière ; et le jour s’est levé pour ceux qui habitaient dans la région de l’ombre de la mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le peuple, etc. Saint Matthieu nous montre l’accomplissement de cette prophétie en la personne de Jésus-Christ, qui porta dans ces régions la lumière de l’Evangile et y commença ses prédications (voir Matthieu, 4, verset 13 et suivants).
Vous avez multiplié le peuple, et vous n’avez point augmenté la joie. Ils se réjouiront lorsque vous serez venu, comme on se réjouit pendant la moisson, et comme les victorieux se réjouissent lorsqu’ils ont pillé les ennemis, et qu’ils partagent le butin.
Car vous avez brisé le joug qui accablait votre peuple, la verge qui lui déchirait les épaules, et le sceptre de celui qui l’opprimait tyranniquement, comme vous fîtes autrefois à la journée de Madian.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Juges, 7, 12. ― Le joug de son fardeau ; c’est-à-dire le joug qui accablait la nation (gentem), nommée au verset précédent. ― La verge de son épaule ; la verge qui frappait son épaule. ― A la journée de Madian. Comparer à Juges, chapitre 7.
Car toutes les dépouilles remportées avec violence et dans le tumulte, et les vêtements souillés de sang, seront mis au feu, et deviendront la pâture de la flamme.
Car un petit enfant nous est né ; et un fils nous a été donné. Il portera sur son épaule la marque de sa principauté ; et il sera appelé Admirable, Conseiller, Dieu, Fort, Père du siècle futur, Prince de la paix.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sur son épaule. Voir Job, 31, 36. Les Pères expliquent ce texte de la croix que le Sauveur a portée sur ses épaules, comme la marque de sa royauté. Au reste, tout ce qui se dit dans ce verset et le suivant se rapporte nécessairement à Jésus-Christ. ― Cette prophétie nous fait connaître la nature du Messie : ce sera un Dieu, non un homme. Saint Jérôme compte ici six noms particuliers et caractéristiques, donnés au Messie. Tous ces titres nous apprennent quels biens Jésus-Christ apportera aux hommes, en même temps qu’ils nous révèlent sa nature. ― La locution : sa principauté est sur son épaule, s’explique par l’idée d’après laquelle le gouvernement est considéré comme un fardeau, une charge. Visir, titre oriental de celui qui est revêtu d’une haute charge, signifie celui qui porte un fardeau.
Son empire s’étendra de plus en plus, et la paix qu’il établira n’aura point de fin : il s’assiéra sur le trône de David, et il possédera son royaume pour l’affermir et le fortifier dans l’équité et dans la Justice, depuis ce temps jusqu’à jamais : le zèle du Seigneur des armées fera ce que je dis.
Le Seigneur a envoyé sa parole contre Jacob, et elle est tombée sur Israël.
Tout le peuple le saura, Ephraïm et les habitants de Samarie, qui disent dans l’orgueil et dans l’élèvement de leur cœur :
Les maisons de briques sont tombées, mais nous en bâtirons de pierres de taille : ils ont abattu les toits de sycomores, mais nous élèverons des toits de cèdres en leur place.
Le Seigneur suscitera contre Israël les ennemis mêmes de Rasin, et il fera venir en foule tous ses ennemis :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 4 Rois, 16, 9. ― Sur lui ; sur le peuple d’Israël.
les Syriens du côté d’orient, et les Philistins du côté d’occident ; et ils s’acharneront avec toute leur rage sur Israël pour le dévorer. Après tous ces maux sa fureur n’est point encore apaisée, et son bras est toujours levé.
Le peuple n’est point retourné vers celui qui le frappait, et ils n’ont point recherché le Dieu des armées.
Le Seigneur retranchera dans un même jour la tête et la queue, ceux qui commandent et ceux qui obéissent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Celui qui plie et celui qui réfrène ; dans l’original : la branche de palmier et le roseau.
Le vieillard et les personnes vénérables en sont la tête ; et le prophète qui enseigne le mensonge, en est la queue.
Alors ceux qui appellent ce peuple heureux, se trouveront être des séducteurs ; et ceux qu’on flatte de ce bonheur, se trouveront avoir été conduits dans le précipice.
C’est pourquoi le Seigneur ne mettra point sa joie dans les jeunes gens d’Israël ; il n’aura point de compassion des orphelins et des veuves : parce qu’ils sont tous des hypocrites et des méchants, et que leur bouche ne s’ouvre que pour dire des folies. Après tous ces maux sa fureur n’est point encore apaisée, et son bras est toujours levé.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ses jeunes hommes ; du peuple d’Israël ; ― Folie ; ce mot ici, comme dans plusieurs autres endroits de l’Ecriture, signifie impiété, irréligion.
Car l’impiété s’est allumée comme un feu ; elle dévorera les ronces et les épines : elle s’embrasera comme dans l’épaisseur d’une forêt, et elle poussera en haut des tourbillons de fumée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Une fumée, etc. ; littéralement l’élévation (superbia) d’une fumée sera roulée autour (convolvetur).
Toute la terre sera dans l’effroi par la colère du Dieu des armées ; le peuple deviendra comme la pâture du feu ; le frère n’épargnera point le frère.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’homme, etc. Le prophète Michée qui vivait du temps d’Isaïe se sert d’une expression semblable pour peindre la dernière désolation de Juda (voir Michée, 7, vv. 2, 6). On sait d’ailleurs que la ruine du royaume de Samarie fut précédée de guerres et de divisions intestines (voir 4 Rois, chapitre 15).
Il ira à droite, et la faim le tourmentera ; il ira à gauche, et ce qu’il aura mangé, ne le rassasiera point ; chacun dévorera la chair de son bras. Manassé dévorera Ephraïm, et Ephraïm Manassé ; et l’un et l’autre se soulèveront contre Juda.
Après tous ces maux sa fureur n’est point encore apaisée, et son bras est toujours levé.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 4, 15. ― Dans le premier, etc. Théglathphalasar ou Thelgathphalnasar, roi d’Assyrie, qui commença de subjuguer les Israélites, fit beaucoup moins souffrir Zabulon et Nephtali que les autres tribus ― La terre de Zabulon ; … de Nephtali ; ce qu’on appelait du temps de Notre-Seigneur la haute et basse Galilée. ― A été aggravée ; la main de Dieu s’est appesantie sur la voie de la mer, le pays à l’ouest de la mer ou du lac de Tibériade. La grande route d’Acre à Damas était encore appelée du temps des croisades la voie de la mer. ― Au-delà du Jourdain ; à l’est. ― Ce que la Vulgate appelle Galilée des nations, nommé dans le texte original cercle des nations, désigne les parties de la Galilée les plus rapprochées de la Phénicie.