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Isaïe 26
ALORS on chantera ce cantique dans la terre de Juda : Sion est notre ville forte ; le Sauveur en sera lui-même la muraille et le boulevard.
Ouvrez-en les portes, et qu’un peuple juste y entre, un peuple observateur de la vérité.
L’erreur ancienne est enfin bannie : vous nous conserverez la paix, vous nous la conserverez, cette paix, parce que nous avons espéré en vous.
Vous avez mis pour jamais votre confiance dans le Seigneur, dans le Seigneur Dieu, dans le Fort toujours invincible.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vous avez, etc. Le prophète s’adresse maintenant au peuple de Juda. ― Durant les siècles éternels ; dans tous les temps, et au milieu de tous les événements de la vie.
Car il abaissera ceux qui sont dans l’élévation ; il humiliera la ville superbe ; il l’humiliera jusqu’en terre, il la fera descendre jusqu’à la poussière.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La cité élevée, orgueilleuse, superbe, Babylone, suivant l’opinion commune. Quoiqu’il en soit, cette cité élevée représente le monde ennemi de Dieu.
Elle sera foulée aux pieds, elle sera foulée aux pieds du pauvre, aux pieds de ceux qui n’ont rien.
Le sentier du juste est droit ; le chemin du juste le conduira droit dans sa voie.
Aussi nous vous avons attendu, Seigneur ! dans le sentier de votre justice : votre nom et votre souvenir sont le désir et les délices de l’âme.
Mon âme vous a désiré pendant la nuit ; et je m’éveillerai dès le point du jour, pour vous chercher de toute l’étendue de mon esprit et de mon cœur. Lorsque vous aurez exercé vos jugements sur la terre, les habitants du monde apprendront à être justes.
Faisons grâce à l’impie, et il n’apprendra point à être juste : il a fait des actions injustes dans la terre des saints ; il ne verra point la majesté du Seigneur.
Seigneur ! élevez votre main puissante, et qu’ils ne la voient point ; ou s’ils voient vos merveilles, qu’ils soient confondus ; et jaloux du bonheur de votre peuple ; et que le feu dévore vos ennemis.
Seigneur ! vous nous donnerez la paix : car c’est vous qui avez fait en nous toutes nos œuvres.
Seigneur notre Dieu ! des maîtres étrangers nous ont possédés sans vous : faites qu’étant dans vous maintenant, nous ne nous souvenions que de votre nom.
Que ceux qui sont morts ne revivent point ; que les géants ne ressuscitent plus : car c’est pour cela que vous êtes venu contre eux, que vous les avez réduits en poudre, et que vous en avez effacé toute la mémoire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Que les morts, etc. C’est une imprécation et en même temps une prédiction du malheur des Chaldéens, de ces maîtres étrangers (comparer au verset précédent), qui ont opprimé le peuple du Seigneur.
Vous avez favorisé cette nation, Seigneur ! vous l’avez favorisée ; vous y avez établi votre gloire ; vous avez étendu toutes les limites de votre terre.
Seigneur ! ils vous ont cherché dans leurs maux pressants, et vous les avez instruits par l’affliction qui les a obligés de vous adresser leur humble prière.
Nous avons été devant vous, Seigneur ! comme une femme qui a conçu, et qui étant près d’enfanter, jette de grands cris dans la violence de ses douleurs.
Nous avons conçu, nous avons été comme en travail, et nous n’avons enfanté que du vent : nous n’avons point produit sur la terre des fruits de salut ; c’est pourquoi les habitants de la terre n’ont point été exterminés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Nous n’avons pas fait, etc. Les Juifs n’ont pas mérité, par de bonnes actions, que Dieu exterminât les habitants des pays voisins de la Judée. Il a conservé ces peuples pour éprouver et châtier Juda.
Ceux de votre peuple qu’on avait fait mourir vivront de nouveau, ceux qui étaient tués au milieu de moi ressusciteront. Réveillez-vous de votre sommeil, et chantez les louanges de Dieu, vous qui habitez dans la poussière ; parce que la rosée qui tombe sur vous est une rosée de lumière, et que vous ruinerez la terre et le règne des géants.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vos morts ; les morts du Seigneur, ceux qui ont été pris parmi le peuple du Seigneur, et, dans un sens plus général, ceux qui meurent dans le Seigneur. Comparer à Apocalypse, 14, 13. Cette prophétie et celle du verset 21 n’auront leur entier accomplissement qu’à la résurrection future, lorsque Jésus-Christ descendra des cieux pour juger tous les hommes. ― Une rosée de lumière, qui vivifie.
Allez, mon peuple, entrez dans le secret de votre chambre ; fermez vos portes sur vous, et tenez-vous un peu caché pour un moment, jusqu’à ce que la colère soit passée.
Car le Seigneur va sortir du lieu où il réside, pour venger l’iniquité que les habitants du monde ont commise contre lui, et la terre ne cachera plus le sang qui a été répandu ; elle ne retiendra plus dans son sein ceux qu’on y avait fait descendre par une mort violente.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Michée, 1, 3.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Notre ville forte ; littéralement, et par hébraïsme, la ville de notre force. Sion représente ici l’Eglise dont Jésus-Christ est le mur et l’avant-mur, par la protection puissante dont il la couvre.