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Isaïe 45

VOICI ce que dit le Seigneur à Cyrus qui est mon christ, que j’ai pris par la main pour lui assujettir les nations, pour mettre les rois en fuite, pour ouvrir devant lui toutes les portes sans qu’aucune lui soit fermée :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Christ ou oint ; c’est-à-dire roi constitué. Il n’est pas prouvé qu’on donnât l’onction aux rois de Perse ; mais le Prophète parle ici conformément à l’usage consacré chez les Hébreux. Comparer à 1 Rois, 10, 1 ; 3 Rois, 1, 45.

Je marcherai devant vous ; j’humilierai les grands de la terre : je romprai les portes d’airain, et je briserai les gonds de fer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

On a retrouvé à Balawat des débris de portes assyriennes recouvertes de plaques d’airain.

Je vous donnerai les trésors cachés et les richesses secrètes et inconnues, afin que vous sachiez que je suis le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui vous ai appelé par votre nom,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je te livrerai, etc. Nous savons par l’histoire que Cyrus recueillit des richesses prodigieuses dans toutes ses victoires. ― Qui appelle ton nom ; c’est-à-dire qui t’ai appelé par ton nom. Comparer au verset 1.

à cause de Jacob qui est mon serviteur, d’Israël qui est mon élu : je vous ai appelé par votre nom : j’y en ai encore ajouté un autre, et vous ne m’avez point connu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A cause de Jacob, etc. ; c’est-à-dire pour venger le peuple qui m’adore, que je me suis choisi, et que je protège d’une manière toute particulière. ― Je t’ai assimilé à mon Christ ; vrai roi et pasteur de mon peuple, en te donnant le titre de mon pasteur (voir Isaïe, 44, 28) et de mon Christ (voir Isaïe, 45, 1), en te choisissant pour être sa figure. Le verbe hébreu que la Vulgate a traduit ici et à Isaïe, 44, 5, par assimiler (assimilavi), elle l’a rendu dans Job, 32, 21, par égaler (æquabo), et au verset 22 de ce même chapitre de Job par subsister (subsistam). ― Et tu ne m’as pas connu ; c’est-à-dire tu ne m’as pas honoré comme tu le devais, en abandonnant le culte des idoles. Rien, en effet, ne prouve que Cyrus, tout en avouant que le Seigneur lui avait livré tous les royaumes de la terre (voir 1 Esdras, 1, 2), abandonna la religion des Perses et embrassa celle des Juifs. C’est ainsi que Nabuchodonosor, qui avait reconnu la main du Seigneur (voir Daniel, 2, 47), resta dans l’erreur et dans l’idolâtrie. Cependant tout véritable hébraïsant devra reconnaître que le texte original peut signifier : Et tu ne l’avais pas connu, c’est-à-dire, quoique tu ne le connusses pas auparavant ; ce qui ne préjuge rien sur la conduite postérieure de Cyrus.

Je suis le Seigneur, et il n’y en a point d’autre : il n’y a point de Dieu que moi. Je vous ai mis les armes à la main, et vous ne m’avez point connu :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je t’ai ceint de tes armes ; c’est moi qui t’ai armé.

afin que depuis le lever du soleil jusqu’au couchant, on sache qu’il n’y a point de Dieu que moi. Je suis le Seigneur, et il n’y en a point d’autre.

C’est moi qui forme la lumière, et qui crée les ténèbres ; qui fais la paix, et qui crée les maux : je suis le Seigneur qui fais toutes ces choses.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les maux ; les calamités, les infortunes, comme châtiment des péchés.

Cieux, envoyez d’en haut votre rosée, et que les nuées fassent descendre le Juste comme une pluie : que la terre s’ouvre, et qu’elle germe le Sauveur, et que la justice naisse en même temps. Je suis le Seigneur qui l’ai créé.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cieux, versez, etc. ; prière qu’on fait dans l’Eglise pendant l’Avent, pour demander à Dieu les grâces de l’avènement de Jésus-Christ, le juste par excellence et le sauveur des hommes. ― Moi, le Seigneur qui l’a crée. Cette parole s’entend aussi de Jésus-Christ, selon son humanité. Il est fils de Dieu et fils de l’homme. Comme fils de Dieu, il est engendré de toute éternité dans le sein du Père, il est comme lui le principe de la justice et du salut ; comme fils de l’homme il a été créé de Dieu dans le sein de Marie, de laquelle il est né dans la plénitude des temps.

Malheur à l’homme qui dispute contre celui qui l’a créé ! lui qui n’est qu’un peu d’argile et qu’un vase de terre. L’argile dit-elle au potier : Qu’avez-vous fait ? Votre ouvrage n’a rien d’une main habile.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jérémie, 18, 6 ; Romains, 9, 20. ― Ton ouvrage est sans mains ; c’est-à-dire ton vase n’a pas d’anses ; tu m’as mal fait, je suis un vase inutile. ― De terre de Samos. Dans l’hébreu : un têt de terre simplement.

Malheur à celui qui dit à son père, Pourquoi m’avez-vous engendré ? et à sa mère. Pourquoi m’avez-vous enfanté ?

Voici ce que dit le Seigneur, le Saint d’Israël, et celui qui l’a formé : Interrogez-moi sur les choses futures : donnezmoi des règles touchant mes enfants et les ouvrages de mes mains.

C’est moi qui ai fait la terre, et c’est moi qui ai crée l’homme pour l’habiter : mes mains ont étendu les cieux, et c’est moi qui ai donné tous les ordres à la milice des astres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Leur milice ; les étoiles.

C’est moi qui le susciterai pour faire régner la justice, et qui aplanirai devant lui tous les chemins : il rebâtira la ville qui m’est consacrée, et il renverra libres mes captifs, sans recevoir pour eux ni rançon, ni présents, dit le Seigneur, le Dieu des armées.

Voici ce que dit le Seigneur : L’Egypte avec tous ses travaux, l’Ethiopie avec son trafic, et Saba avec ses hommes d’une haute taille, tous ces peuples passeront vers vous, Ô Israël ! ils seront a vous, ils marcheront après vous, ils viendront les fers aux mains, ils se prosterneront devant vous, et ils vous prieront avec soumission, ils diront : Il n’y a de Dieu que parmi vous, et il n’y a point d’autre Dieu que le vôtre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le travail, etc. Les travaux des Egyptiens consistaient principalement dans la culture de terres et le soin des bestiaux. ― Vers toi, Israël. ― Se prosterneront devant toi ; littéralement t’adoreront. Voir, sur cette expression, Genèse, 18, 2.

Vous êtes vraiment le Dieu caché, O Dieu d’Israël ! Dieu Sauveur !

Les fabricateurs de l’erreur ont tous été confondus ; ils rougissent de honte, et ils sont couverts de confusion.

Mais Israël a reçu du Seigneur un salut éternel : vous ne serez point confondus, et vous ne rougirez point de honte dans les siècles éternels.

Car voici ce que dit le Seigneur qui a créé les cieux, le Dieu qui a créé la terre, et qui l’a formée, qui lui a donné l’être, et qui ne l’a pas créée en vain ; mais qui l’a formée, afin qu’elle fût habitée : Je suis le Seigneur, et il n’y en a point d’autre.

Je n’ai point parlé en secret, ni dans quelque coin obscur de la terre : ce n’est point en vain que j’ai dit à la race de Jacob : Recherchez-moi. Car je suis le Seigneur qui enseigne la justice, et qui annonce la droiture et la vérité.

Assemblez-vous, venez et approchez-vous, vous tous qui avez été sauvés des nations : ceux-là sont plongés dans l’ignorance qui élèvent en honneur une sculpture de bois, et qui adressent leurs prières à un dieu qui ne peut sauver.

Parlez, approchez, et prenez conseil ensemble. Qui a annoncé ces merveilles dès le commencement ? qui les a prédites dès les premiers temps ? N’est-ce pas moi qui suis le Seigneur ? et il n’y a point d’autre Dieu que moi. Je suis le Dieu juste, et personne ne vous sauvera que moi.

Convertissez-vous à moi, peuples de toute la terre, et vous serez sauvés ; parce que je suis Dieu, et qu’il n’y en a point d’autre.

J’ai juré par moi-même ; cette parole de justice est sortie de ma bouche, et elle ne sera point vaine : Que tout genou fléchira devant moi, et que toute langue jurera par mon nom.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ne reviendra pas ; ne sera pas retirée, révoquée.

Chacun d’eux dira alors : Ma justice et ma force viennent du Seigneur. Tous ceux qui s’opposaient à lui s’en approcheront et seront dans la confusion.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tout genou fléchira, etc. Ces paroles sont citées par saint Paul (voir Romains, 14, 10-11 ; Philippiens, 2, 10-11), qui les applique à Jésus-Christ. ― Par mon nom ; ces mots sont évidemment sous-entendus ; Dieu avait ordonné à son peuple de ne jurer qu’en son nom. Voir Deutéronome, 6, 13 ; Exode, 23, 13.

Toute la race d’Israël sera justifiée par le Seigneur, et elle se glorifiera en lui.