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Isaïe 44
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Et maintenant, écoute, Jacob, mon serviteur, et toi, Israël, que j’ai choisi.
Ainsi parle Yahweh, qui t’a fait, qui t’a formé dès le sein de ta mère, et secouru : Ne crains point, Jacob, mon serviteur, mon Israël, que j’ai choisi !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le très juste (rectissime). La Vulgate a rendu (voir Deutéronome, 32, 15) le même mot hébreu par bien-aimé (dilectus), et c’est ainsi que l’ont traduit les Septante dans les deux endroits. La racine hébraïque à laquelle on attache généralement l’idée de justice, de droiture, signifie, selon nous, être heureux, fortuné. Dans tous les cas, c’est un nom propre symbolique qui s’applique au peuple d’Israël.
Car je répandrai des eaux sur le sol altéré, et des ruisseaux sur la terre desséchée. Je répandrai mon esprit sur ta postérité, et ma bénédiction sur tes rejetons.
Et ils croîtront parmi la verdure, comme les saules le long des eaux courantes.
Celui-ci dira : « Je suis à Yahweh ! » celui-ci se réclamera du nom de Jacob ; un autre écrira sur sa main : « À Yahweh ! » et il prendra pour surnom le nom d’Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et par le nom, etc. ; il se fera honneur de porter le nom d’Israël.
Ainsi parle Yahweh, le roi d’Israël et son rédempteur, Yahweh des armées : Je suis le premier et je suis le dernier, et il n’y a pas de Dieu en dehors de moi !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 41, 4 ; 48, 12 ; Apocalypse, 1, vv. 8, 17 ; 22, 13. ― 5e Discours : Contraste entre Dieu et les idoles, chapitre 44, versets 6 à 23. Le prophète nous montre la grandeur du vrai Dieu qu’il met en opposition avec la vanité des dieux ridicules des gentils. ― Israël doit se confier en Dieu, parce qu’il lui annonce à l’avance ce qu’il se propose de faire, versets 6 à 8 ; tandis que les dieux des gentils trompent leurs adorateurs, parce qu’ils ne sont que de vaines images, œuvres des hommes, versets 9 à 17 ; l’aveuglement des païens peut seul fermer les yeux sur le néant de leurs divinités, versets 18 à 20. Puisse Israël, lui du moins, comprendre que l’idolâtrie n’est qu’un mensonge, et servir le Seigneur qui l’aime et lui pardonne ses péchés, versets 21 à 23 ! ― Le tableau de la vanité des idoles est un morceau littéraire achevé.
Qui est comme moi, — qu’il parle, qu’il le déclare, qu’il me le montre ! — depuis que j’ai fondé l’humanité des jours antiques ? Qu’ils annoncent donc l’avenir et ce qui doit arriver !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qu’ils, etc. ; que les faux dieux annoncent et exposent par ordre à leurs adorateurs le passé et l’avenir.
Ne soyez point effrayés et ne craignez point ! Ne te l’ai-je pas dès longtemps fait connaître et annoncé ? — vous m’en êtes témoins ! Y a-t-il un Dieu en dehors de moi ? Il n’y a pas d’autre Rocher ; je n’en connais point.
Les fabricateurs d’idoles ne sont tous que néant, et leurs chefs-d’œuvre ne servent à rien ; leurs témoins, eux, ne voient rien ni ne comprennent rien, pour leur honte.
Qui a formé un dieu, qui a fondu une idole, pour n’en retirer aucune utilité ?
Voici que tous ses adorateurs seront confondus ; et les ouvriers ne sont que des hommes ! Qu’ils s’assemblent tous, qu’ils se présentent !… Ils trembleront et seront confondus tous ensemble.
L’ouvrier en fer travaille avec le ciseau, il passe son œuvre dans les charbons embrasés, il la façonne avec le marteau ; il la travaille d’un bras vigoureux. Cependant, il a faim, et le voilà sans force ; il ne boit pas d’eau, et le voilà épuisé !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Sagesse, 13, 11. ― Au moyen, etc. ; c’est-à-dire qu’il met le fer dans le feu. ― Son bras vigoureux ; ou très vigoureux ; littéralement, et par hébraïsme, le bras de sa force.
L’ouvrier en bois tend le cordeau, il trace la forme au crayon, la façonne avec le ciseau, la mesure au compas ; il en fait une figure d’homme, la belle figure humaine, pour qu’elle loge dans une maison.
Un homme va couper des cèdres ; il prend des rouvres et des chênes ; il fait un choix parmi les arbres de la forêt ; ou bien il plante des cèdres, et la pluie les fait croître.
Ce bois sert à l’homme pour brûler ; il en prend pour se chauffer ; il en allume aussi pour cuire son pain ; il en fait aussi un dieu et il l’adore ; il en fabrique une idole, et il se prosterne devant elle !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les hommes, etc. ; littéralement elle est devenue (facta est) aux hommes par le feu. Ce féminin singulier se rapporte vraisemblablement au substantif pin (pinum), qui en latin est féminin. Dans les textes hébreu et grec, le verbe est également au singulier. ― Lui-même ; c’est-à-dire le sculpteur dont il est parlé dans les versets précédents.
Il en a brûlé au feu la moitié ; avec l’autre moitié, il apprête sa viande ; il cuit son rôti et se rassasie. Il se chauffe aussi et il dit : « Ah ! Ah ! Je me réchauffe ; je sens la flamme ! »
De ce qui en reste, il fait son dieu, son idole, qu’il adore en se prosternant, devant laquelle il prie, en disant : « Délivre-moi, car tu es mon Dieu ! »
Ils ne savent pas, ils n’entendent pas, car leurs yeux sont couverts pour ne pas voir, et leurs cœurs pour ne pas comprendre.
Et il ne rentre pas en soi-même ; il n’a pas l’intelligence et le bon sens de se dire : « J’en ai brûlé la moitié au feu ; j’ai aussi cuit du pain sur les braises ; j’ai rôti de la viande et je l’ai mangée ; et avec le reste je ferais une abomination, je me prosternerais devant un tronc d’arbre ! »
Il se repaît de cendres ; son cœur abusé l’égare. Il ne sauvera pas son âme et ne dira pas : « Ce qui est dans ma main n’est-il pas mensonge ? »
Souviens-toi de ces choses, ô Jacob, ô Israël, car tu es mon serviteur ; je t’ai formé pour mon serviteur, ô Israël, tu ne seras pas oublié de moi !
J’ai effacé tes transgressions comme un nuage ; et tes péchés comme une nuée : reviens à moi, car je t’ai racheté.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Comme un nuage et comme un vapeur ; sont dissipés et disparaissent.
Cieux, poussez des cris de joie, car Yahweh a fait cela ! Retentissez, profondeurs de la terre ! Éclatez de joie, montagnes, forêts, avec tous vos arbres ; car Yahweh a racheté Jacob, et manifesté sa gloire en Israël !
Ainsi parle Yahweh, ton rédempteur, qui t’a formé dès le sein de ta mère : C’est moi, Yahweh, qui ai fait toutes choses, moi qui seul ai déployé les cieux, affermi la terre : qui était avec moi ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et nul n’est avec moi ; pour faire ces choses avec moi.
Je déjoue les présages des prophètes de mensonge, et fais délirer les devins ; je fais reculer les sages, et change leur science en folie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans la fureur (in furorem) ; ou dans l’aveuglement. ― Faisant tourner en arrière ; c’est-à-dire couvrant de confusion, comme la Vulgate elle-même a traduit l’expression hébraïque correspondante dans 3 Rois, 2, vv. 16, 20. ― Rendant, etc. ; convainquant leur vaine science de folie.
J’accomplis la parole de mon serviteur, et j’exécute le conseil de mes envoyés ; je dis de Jérusalem : « Qu’elle soit habitée ! » et des villes de Juda : « Qu’elles soient rebâties ! je relèverai leurs ruines. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son serviteur, ses messagers, ses déserts. C’est ce que portent l’hébreu et les Septante aussi bien que la Vulgate. Ne sachant à qui se rapportent les pronoms son, ses, plusieurs traducteurs ont changé le texte sacré, et ont mis mon, mes. Pour nous, nous n’avons pas cru que ce fût un motif suffisant de changer le texte sacré. ― Je donnerai la vie (suscitabo) aux déserts ; en les peuplant d’habitants.
Je dis à l’abîme : « Taris ! je dessécherai tes fleuves. »
Je dis de Cyrus : « C’est mon berger ; il accomplira toute ma volonté, en disant à Jérusalem : Sois rebâtie ! et au temple : Sois fondé ! »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cyrus ; roi de Perse, est nommé par son propre nom plus de cent ans avant sa naissance, ce qui prouve jusqu’à l’évidence l’inspiration divine du prophète Isaïe. ― Mon pasteur. Le nom de pasteur que Dieu donne à Cyrus prouve sa qualité de roi ; car les anciens donnaient le titre de pasteur aux princes ; c’est l’épithète ordinaire qu’Homère leur donne. Sous ce rapport encore, Cyrus est la figure de Jésus-Christ, le pasteur par excellence. ― C’est ce verset et le suivant, que les Juifs montrèrent à Cyrus, à la fin de la captivité, d’après le témoignage de Josèphe, ce qui le détermina à leur permettre de retourner en Palestine. Le nom de Cyrus signifie, d’après Ctésias et autres, soleil. Il paraît venir de la même racine, mais il ne se confond pas avec le nom du soleil, qui est, en zend, hvaré (karé), d’où l’on a tiré des noms propres comme Charsid, qui signifie éclat du soleil ou soleil. Sur les monuments, le nom de Cyrus est écrit Kuru ou Khuru ; ainsi on lit sur son tombeau : Adam K’ur’us Khsâyathiya Hakkâmanisiya. « Je suis Cyrus, le roi, l’Achéménide. » Son nom est identique avec celui du fleuve Kur. Voir Strabon, XV, 3, 6.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jérémie, 30, 10 ; 46, 27.