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Isaïe 53
QUI a cru à notre parole ? et à qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé ?
Il s’élèvera devant le Seigneur comme un arbrisseau, et comme un rejeton qui sort d’une terre sèche : il est sans beauté et sans éclat : nous l’avons vu, et il n’avait rien qui attirât l’œil, et nous l’avons méconnu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Nous l’avons désiré (desideravimus eum). Bien des interprètes suppléant la négation, qui est dans le membre de phrase précédent, selon un usage assez commun en hébreu, traduisent nous ne l’avons pas désiré ; ce qui, il faut en convenir, paraît plus conforme au contexte.
Il nous a paru un objet de mépris, le dernier des hommes, un homme de douleurs, qui sait ce que c’est que souffrir : son visage était comme caché : il paraissait méprisable, et nous n’en avons fait aucune estime.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 9, 11.
Il a pris véritablement nos langueurs sur lui, et il s’est chargé lui-même de nos douleurs : nous l’avons considéré comme un lépreux, comme un homme frappé de Dieu et humilié.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il a vraiment, etc. Saint Matthieu (voir Matthieu, 8, 17) applique cette parole à Jésus-Christ, guérissant les malades qu’on lui présentait.
Et cependant il a été percé de plaies pour nos iniquités ; il a été brisé pour nos crimes. Le châtiment qui devait nous procurer la paix est tombé sur lui, et nous avons été guéris par ses meurtrissures.
Nous nous étions tous égarés comme des brebis errantes ; chacun s’était détourné pour suivre sa propre voie ; et le Seigneur l’a chargé lui seul de l’iniquité de nous tous.
Commentaire (versets 5 à 6) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 5 à 6 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Comparer à 1 Pierre, 2, 24-25.
Il a été offert, parce que lui-même l’a voulu, et il n’a point ouvert la bouche. Il sera mené à la mort comme une brebis qu’on va égorger ; il demeurera dans le silence sans ouvrir la bouche, comme un agneau est muet devant celui qui le tond.
Il est mort au milieu des douleurs, ayant été condamné par des juges. Qui racontera sa génération ? Car il a été retranché de la terre des vivants. Je l’ai frappé à cause des crimes de mon peuple.
Commentaire (versets 7 à 8) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 7 à 8 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Ces deux versets se trouvent cités dans les Actes des Apôtres (voir Actes des Apôtres, 8, 32-33), mais suivant la version des Septante. ― Génération ; se prend dans l’Ecriture pour l’action d’être engendré, durée de la vie humaine, race, famille, les contemporains, âge, siècle, postérité. Cette dernière signification nous semble la plus convenable ici, à cause de ce qui suit immédiatement. C’est comme si le prophète disait : Qui pourra jamais expliquer comment celui qui est mort au milieu des tourments les plus ignominieux a eu une postérité aussi nombreuse et aussi glorieuse ?
Il donnera les impies pour le prix de sa sépulture, et les riches pour la récompense de sa mort ; parce qu’il n’a point commis d’iniquité, et que le mensonge n’a jamais été dans sa bouche.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Pierre, 2, 22 ; 1 Jean, 3, 5. ― Il donnera. On pense généralement que ce pronom il représente le mot Dieu ou Seigneur, sous-entendu ; nous croyons, nous, qu’il se rapporte au Messie, sujet de la plupart des verbes exprimés dans cet oracle prophétique. ― Des impies ; ainsi porte l’hébreu, sans l’article déterminatif qui se lit pourtant dans le grec ; ce qui peut s’entendre du centurion et de ses soldats qui confessèrent, au pied de la croix, la divinité de Jésus-Christ (voir Marc, 15, 39 ; Luc, 23, 47-48), ou bien des soldats romains qui gardaient le tombeau du Sauveur. ― Pour sa sépulture (pro sepultura), pour sa mort (pro morte sua) ; c’est-à-dire pour prix de sa sépulture, pour prix de sa mort ; c’est aussi le sens qu’on donne au texte des Septante. ― Un riche (divitem) ; selon l’hébreu. On l’entend de Joseph, homme riche d’Arimathie (voir Matthieu, 27, 57-60). Le grec lit les riches. ― Parce qu’il n’a pas, etc. Ce passage est appliqué à Jésus-Christ par plusieurs apôtres (voir 1 Pierre, 2, 22 ; 1 Jean, 3, 5).
Mais le Seigneur a voulu le briser dans son infirmité. S’il livre son âme pour le péché, il verra sa race durer longtemps, et la volonté de Dieu s’exécutera heureusement par sa conduite.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
S’il donne son âme, etc. Saint Paul (voir 2 Corinthiens, 5, 21) fait allusion à ces paroles du prophète. ― Par sa main ; hébraïsme, pour par son entremise, par son moyen, par lui ; c’est-à-dire que le Seigneur se servira de lui pour exécuter sa volonté.
Il verra le fruit de ce que son âme aura souffert ; et il en sera rassasié. Comme mon serviteur est juste, il justifiera par sa doctrine un grand nombre d’hommes, et il portera sur lui leurs iniquités.
C’est pourquoi je lui donnerai pour partage une grande multitude de personnes, et il distribuera les dépouilles des forts ; parce qu’il a livré son âme à la mort, et qu’il a été mis au nombre des scélérats, qu’il a porté les péchés de plusieurs, et qu’il a prié pour les violateurs de la loi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 23, 34. ― Jésus-Christ annonce à ses disciples que cette prophétie doit s’accomplir en lui (voir Luc, 22, 37), et saint Marc (voir Marc, 15, 28) nous en fait remarquer l’accomplissement.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui a cru, etc. Saint Jean (voir Jean, 12, 38) et saint Paul (voir Romains, 10, 16) reconnaissent ici une prophétie de l’incrédulité des Juifs à l’égard de Jésus-Christ.