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Ecclésiastique 40

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Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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À tout homme a été imposée une grande misère, et un joug pesant est sur les enfants des hommes, depuis le jour où ils sortent du sein de leur mère, jusqu’au jour de leur sépulture dans le sein de la mère commune.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La mère de tous ; la terre.

Ce qui trouble leurs pensées et fait craindre leurs cœurs, c’est la pensée de leur attente, c’est la crainte de la mort.

Depuis l’homme qui siège sur un trône, dans la gloire, jusqu’au malheureux assis par terre et sur la cendre ;

depuis celui qui porte la pourpre et la couronne, jusqu’au misérable, couvert d’une toile grossière,

la colère, l’envie, le trouble, l’agitation, la crainte de la mort, l’aigreur et les querelles sont le partage de tous ; et, dans le temps où chacun repose sur sa couche, le sommeil de la nuit bouleverse ses idées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Trouble (immutat) ; verbe au singulier, qui a pour sujet la fureur, la jalousie, etc., du verset 4 ; voilà pourquoi nous avons ajouté tout cela. ― De l’homme, qui est assez clairement indiqué dans ce qui précède ; littéralement de lui (ejus).

Il repose un instant, si peu que rien, et aussitôt des rêves l’agitent ; il lui semble être en sentinelle pendant le jour, il est effrayé par la vision de son esprit, comme un homme qui fuit devant le combat.

Au moment de la délivrance, il s’éveille, et s’étonne de sa vaine frayeur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Son cœur ; pour son esprit. Les Hébreux donnaient le nom de cœur à l’intelligence, à l’esprit, à l’âme, aussi bien qu’à la volonté, à la vie, etc. ― Au moment, etc. Au moment où, dans son rêve, il croyait avoir échappé à tout danger, il s’est réveillé, tout surpris d’avoir eu des frayeurs sans aucun fondement.

Ainsi en est-il de toute chair, depuis l’homme jusqu’à la bête, et pour les pécheurs, sept fois plus encore.

La peste, le meurtre, la discorde, l’épée, [les calamités, la famine, la destruction et les autres fléaux] :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ecclésiastique, 39, 35-36.

tout cela a été créé contre les pécheurs, comme c’est à cause d’eux que le déluge est arrivé.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 7, 10.

Tout ce qui vient de la terre retourne à la terre, comme ce qui vient des eaux descend à la mer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ecclésiastique, 41, 13 ; Ecclésiaste, 1, 7.

Tout présent et tout bien injustement acquis périront, mais la bonne foi subsistera à jamais.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tout présent injuste ; c’est-à-dire reçu par des juges injustes. ― Toute. Dans le style biblique l’adjectif tout, toute, exprimé dans le premier membre d’une phrase, est sous-entendu dans le second. Le contexte autorise à croire que cet idiotisme est applicable ici.

Les richesses des injustes tariront comme un torrent, et comme un fort tonnerre retentit pendant l’ondée.

L’homme qui sait ouvrir la main se réjouira, mais les prévaricateurs subiront une ruine totale.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En ouvrant ses mains pour recevoir des présents.

La postérité des impies ne pousse pas de nombreux rameaux, et les racines impures sont sur le rocher escarpé.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Impures ; mauvaises, desséchées. ― Font du bruit ; quand on les rompt, précisément parce qu’elles sont desséchées, et par là même très dures.

Le roseau qui croît près des eaux et sur le bord d’un fleuve est arraché avant toute autre herbe.

La bienveillance est comme un jardin béni, et la bienfaisance demeure à jamais.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Béni ; littéralement dans ou avec des bénédictions. Les adjectifs sont souvent remplacés, en hébreu, comme en arabe, par un substantif précédé d’une préposition.

Douce est la vie de l’homme qui se suffit et de l’ouvrier ; plus que les deux, la vie de celui qui trouve un trésor :

Des enfants et la fondation d’une ville perpétuent un nom : plus que les deux, on estime une femme irréprochable.

Le vin et la musique réjouissent le cœur : plus que l’un et l’autre, l’amour de la sagesse.

La flûte et la harpe font entendre de doux sons : plus que les deux, une langue bienveillante.

La grâce et la beauté font le plaisir de tes yeux : plus que les deux, la verdure des champs.

L’ami et le compagnon se rencontrent à certaines heures : plus que les deux, la femme avec son mari.

Les frères et les secours sont pour le temps de l’affliction : plus que les deux, la bienfaisance délivre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sont un secours ; littéralement et par hébraïsme, en un secours.

L’or et l’argent affermissent les pieds : plus que les deux, est estimée la prudence.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La consistance des pieds (constitutio pedum) ; c’est-à-dire un puissant appui.

La richesse et la force élèvent le cœur : plus que les deux, la crainte du Seigneur. Avec la crainte du Seigneur, on ne manque de rien ; avec elle, il n’y a pas à implorer du secours.

La crainte du Seigneur est comme un jardin béni, et le Seigneur la revêt d’une gloire sans égale.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il n’y a pas dans la crainte, etc. Quand on a la crainte du Seigneur, on ne souffre aucun dommage, rien ne manque.

Mon fils, puisses-tu ne pas mener une vie de mendicité ; mieux vaut mourir que de mendier.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il a été couvert ; le paradis.

Quand un homme en est réduit à regarder vers la table d’un autre, sa vie ne saurait compter pour une vie. Car il souille son âme par des mets étrangers, ce dont se gardera l’homme instruit et bien élevé.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ne mendie pas. L’auteur parle ici de la mendicité exercée par paresse ou par oisiveté.

Dans la bouche de l’homme sans pudeur la mendicité est douce ; mais, dans ses entrailles, elle brûle comme un feu.