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Ecclésiastique 12

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Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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Si tu fais du bien, sache à qui tu le fais, et l’on te saura gré de tes bienfaits.

Fais du bien à l’homme pieux, et tu en trouveras la récompense, sinon de lui, du moins du Seigneur.

Les bienfaits ne sont pas pour celui qui persévère dans le mal, ni pour celui qui ne pratique pas la bienfaisance.

Donne à l’homme pieux, et n’assiste pas le pécheur.

Fais du bien à celui qui est humilié, et ne donne pas à l’impie ; refuse-lui du pain, et ne lui en donne pas, de peur qu’il ne devienne par là plus fort que toi ; car tu recueilleras un double mal de tout le bien que tu lui auras fait.

Commentaire (versets 4 à 5) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 4 à 5 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Saint Augustin, saint Thomas et plusieurs autres Pères remarquent que le mot pécheur est mis ici au lieu de péché ; en sorte que le sens est : N’encourage pas par tes aumônes les péchés d’autrui. On peut aussi entendre les expressions donne au miséricordieux, donne à celui qui est bon, non de l’aumône, mais d’un simple bienfait. Or, dans ce cas, il vaut mieux donner aux gens de bien qu’aux méchants, surtout quand on présume que ces derniers abuseront du bien qu’on pourra leur faire et s’en serviront pour le mal, ce qui se trouve assez clairement exprimé dans les versets suivants. Ainsi disparaît la contradiction que l’on croit apercevoir au premier abord entre les maximes de l’auteur et celles de l’Evangile, qui nous ordonne de donner à quiconque nous demande, et de faire du bien, même à nos ennemis.

Le Très-Haut aussi hait les pécheurs, et il tirera vengeance des impies.

Donne à l’homme vertueux, et n’assiste pas le pécheur.

Ce n’est point dans la prospérité qu’un ami s’attire le châtiment, ni dans l’adversité qu’un ennemi se dissimule.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’ami, etc. Dans la prospérité le véritable ami se distingue difficilement du faux, parce que l’un et l’autre se conduisent extérieurement de la même manière ; tandis que dans l’adversité le faux ami ne se déguise plus ; il se retire, et souvent même joint l’insulte à l’abandon.

Quand un homme est heureux, ses ennemis sont dans le deuil ; quand il est malheureux, son ami même se sépare de lui.

Ne te fie jamais à ton ennemi, car sa malice est comme l’airain que couvre la rouille ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans ce verset et les deux suivants, l’auteur ne veut pas nous dire de ne pas pardonner à notre ennemi ou de ne nous pas réconcilier avec lui ; mais il nous avertit seulement de nous donner de garde d’un homme qui ne déguise sa haine que pour nous tromper, et qui ne se sert de l’union qui existe entre lui et nous, et de notre déférence envers lui, que pour s’élever au-dessus de nous, et nous faire tomber dans le piège. ― Ainsi est sa méchanceté. Elle revient toujours comme la rouille sur l’airain.

alors même qu’il se montre humble et marche courbé, veille sur toi-même et garde-toi de lui ; et tu seras pour lui comme celui qui polit un miroir, et tu connaîtras qu’il n’a pas de rouille jusqu’à la fin.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Quoique humilié, etc. ; quand il viendrait à toi en s’humiliant et rampant. ― Applique ton esprit ; sois attentif et vigilant.

Ne le mets pas à côté de toi, de peur qu’il ne te renverse et ne prenne ta place. Ne le fais pas asseoir à ta droite, de peur qu’il ne cherche à occuper ton siège, et qu’à la fin, reconnaissant la vérité de mes discours, tu n’aies du chagrin au souvenir de mes paroles.

Qui aura pitié de l’enchanteur mordu par un serpent, et de tous ceux qui approchent les bêtes féroces ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le sens de ce verset paraît être : Après l’avertissement que tu as reçu de te garder d’un faux ami, si tu t’approches néanmoins volontairement de lui qui est un vrai serpent, et si tu t’exposes à ses morsures, tu ne seras plaint de personne. ― Il y a toujours eu des charmeurs de serpents en Orient.

Il en est de même de celui qui lie société avec un pécheur, et qui se mêle à ses péchés.

Il reste une heure avec toi ; mais, si tu te détournes, il ne tiendra pas plus longtemps.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jérémie, 41, 6. ― Dans la fosse. Image tirée de la fosse qu’on creuse pour y prendre les animaux sauvages.

L’ennemi a la douceur sur les lèvres, et, dans son cœur, il médite le moyen de te jeter dans la fosse. L’ennemi a des larmes dans les yeux, et, s’il trouve l’occasion, il sera insatiable de ton sang.

Si le malheur t’atteint, tu le trouveras là avant toi, et, sous prétexte de te secourir, il te donnera un croc-en-jambe.

Alors il branlera la tête, il battra des mains, il ne cessera de chuchoter et prendra un autre visage.