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Job 6
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Crédits
Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Alors Job prit la parole et dit :
Oh ! S’il était possible de peser mon affliction, et de mettre toutes ensemble mes calamités dans la balance !…
Elles seraient plus pesantes que le sable de la mer : voilà pourquoi mes paroles vont jusqu’à la folie.
Car les flèches du Tout-Puissant me transpercent, et mon âme en boit le venin ; les terreurs de Dieu sont rangées en bataille contre moi.
Est-ce que l’onagre rugit auprès de l’herbe tendre ? Est-ce que le bœuf mugit devant sa pâture ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un onagre, âne sauvage.
Comment se nourrir d’un mets fade et sans sel, ou bien trouver du goût au jus d’une herbe insipide ?
Ce que mon âme se refuse à toucher, c’est là mon pain, tout couvert de souillures.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mon âme, hébraïsme pour ma personne, moi.
Qui me donnera que mon vœu s’accomplisse, et que Dieu réalise mon attente !
Que Dieu daigne me briser, qu’il laisse aller sa main et qu’il tranche mes jours !
Et qu’il me reste du moins cette consolation, que j’en tressaille dans les maux dont il m’accable : de n’avoir jamais transgressé les commandements du Saint !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Saint ; par excellence, Dieu.
Quelle est ma force, pour que j’attende ? Quelle est la durée de mes jours, pour que j’aie patience ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Quelle est ma fin ? c’est-à-dire quelle sera la fin de ma vie, pour que je puisse conserver ma patience jusque-là ?
Ma force est-elle la force des pierres, et ma chair est-elle d’airain ?
Ne suis-je pas dénué de tout secours, et tout espoir de salut ne m’est-il pas enlevé ?
Le malheureux a droit à la pitié de son ami, eût-il même abandonné la crainte du Tout-Puissant.
Mes frères ont été perfides comme le torrent, comme l’eau des torrents qui s’écoulent.
Les glaçons en troublent le cours, la neige disparaît dans leurs flots.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En me fuyant, mes amis croient éviter un mal ; mais, par une juste punition de leur inhumanité, ils tomberont dans un autre bien plus grand.
Au temps de la sécheresse, ils s’évanouissent ; aux premières chaleurs, leur lit est desséché.
Dans des sentiers divers leurs eaux se perdent, elles s’évaporent dans les airs, et ils tarissent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sont cachés (comparer à Job, 3, 23) ; selon d’autres, détournés, tortueux.
Les caravanes de Théma comptaient sur eux ; les voyageurs de Saba espéraient en eux ;
ils sont frustrés dans leur attente ; arrivés sur leurs bords, ils restent confondus.
Ainsi vous me manquez à cette heure ; à la vue de l’infortune, vous fuyez épouvantés.
Vous ai-je dit : « Donnez-moi quelque chose, faites-moi part de vos biens,
délivrez-moi de la main de l’ennemi, arrachez-moi de la main des brigands ? »
Instruisez-moi, et je vous écouterai en silence ; faites-moi voir en quoi j’ai failli.
Qu’elles ont de force les paroles équitables ! Mais sur quoi tombe votre blâme ?
Voulez-vous donc censurer des mots ? Les discours échappés au désespoir sont la proie du vent.
Ah ! Vous jetez le filet sur un orphelin, vous creusez un piège à votre ami !
Maintenant, daignez vous retourner vers moi, et vous verrez si je vous mens en face.
Revenez, ne soyez pas injustes ; revenez, et mon innocence apparaîtra.
Y a-t-il de l’iniquité sur ma langue, ou bien mon palais ne sait-il pas discerner le mal ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
IIe discours de Job ; Ire réponse à Eliphaz, chapitres 6 et 7. Le discours d’Eliphaz a surpris et affligé Job qui trouve, au lieu d’un consolateur, un accusateur : 1° Il justifie l’amertume de ses plaintes par la grandeur de ses maux ; ils sont tels qu’en face de la mort qui approche, il n’a d’autre consolation que de n’avoir pas renié Dieu, chapitre 6, versets 2 à 10. ― 2° Reproches indirects à ses amis qui ne l’ont pas consolé et ont trahi ses espérances, versets 11 à 20. ― 3° Reproches directs : ils ne lui ont donné que de vaines paroles, versets 21 à 30. ― 4° Misère de l’homme en général et de Job en particulier : tableau destiné à les apitoyer sur son sort, chapitre 7, versets 1 à 10. ― 5° Prière à Dieu : Pourquoi le frappe-t-il si cruellement ? Pourquoi, s’il a péché, ne lui pardonne-t-il pas ? Versets 11 à 21.