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Job 18
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Crédits
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Alors Baldad de Suhé prit la parole et dit :
Quand donc mettrez-vous un terme à ces discours ? Ayez de l’intelligence, puis nous parlerons.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lancerez-vous… Comprenez, etc. Baldad emploie ici le pluriel, probablement parce qu’il s’adresse à Job et à tous ceux qui pensent comme lui. Ce pluriel est aussi dans l’hébreu ; mais les Septante ont le singulier.
Pourquoi nous regardez-vous comme des brutes, et sommes-nous stupides à vos yeux ?
Toi qui te déchires dans ta fureur, veux-tu qu’à cause de toi la terre devienne déserte, que le rocher soit transporté hors de sa place ?
Oui, la lumière du méchant s’éteindra, et la flamme de son foyer cessera de briller.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La lumière chez les Hébreux était le symbole de la prospérité.
Le jour s’obscurcira sous sa tente, sa lampe s’éteindra au-dessus de lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La lampe, etc. ; allusion à l’usage de tenir dans les maisons des lampes suspendues au-dessus de la tête.
Ses pas si fermes seront à l’étroit, son propre conseil précipite sa chute.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ses pas fermes et rapides ; littéralement les pas de sa force. ― Seront resserrés. Comparer à Proverbes, 4, 12. Les pas sont resserrés, lorsque le chemin est très étroit ou embarrassé ; car dans ce cas on ne peut ni faire de grands pas, ni marcher vite. Les Arabes disent aussi grands pas, pas resserrés, pour grande fortune, prospérité, et adversité, état de misère.
Ses pieds le jettent dans les rets, il marche sur le piège.
Le filet saisit ses talons ; il est serré dans ses nœuds.
Pour lui les lacs sont cachés sous terre, et la trappe est sur son sentier.
De tous côtés des terreurs l’assiègent, et le poursuivent pas à pas.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les frayeurs, etc. ; métaphore empruntée de la chasse, où l’on effraye la bête pour qu’elle aille se jeter dans le piège qu’on lui a tendu. Comparer à Isaïe, 24, 17 ; Jérémie, 48, 43-44.
La disette est son châtiment, et la ruine est prête pour sa chute.
La peau de ses membres est dévorée ; ses membres sont dévorés par le premier-né de la mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La mort la plus cruelle ; littéralement et par hébraïsme la mort la première-née. Le texte hébreu porte le premier-né de la mort, c’est-à-dire la maladie la plus mortelle. ― La beauté de sa peau. Allusion à la lèpre qui dévore Job et qui s’attaque d’abord à la peau.
Il est arraché de sa tente, où il se croyait en sûreté ; on le traîne vers le Roi des frayeurs.
Nul des siens n’habite dans sa tente, le soufre est semé sur sa demeure.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Soit répandu du soufre, et du feu tombant du ciel, comme à Sodome et à Gomorrhe (voir Genèse, 19, 24). Peut-être que Baldad fait allusion au feu céleste qui consuma les brebis et les serviteurs de Job (voir Job, 1, 16). Ou bien qu’on répande du soufre dans son tabernacle pour le purifier, parce qu’il a été souillé par la présence de son cadavre.
En bas, ses racines se dessèchent, en haut, ses rameaux sont coupés.
Sa mémoire a disparu de la terre, il n’a plus de nom dans la contrée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Proverbes, 2, 22.
On le chasse de la lumière dans les ténèbres, on le bannit de l’univers.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il le chassera. C’est probablement Dieu que représente ici le pronom il. Nous avons déjà remarqué que Job sous-entend souvent le mot Dieu. D’autres traduisent : On le chassera.
Il ne laisse ni descendance ni postérité dans sa tribu ; aucun survivant dans son séjour.
Les peuples de l’Occident sont stupéfaits de sa ruine, et ceux de l’Orient en sont saisis d’horreur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son jour fatal ; le jour de sa mort. ― Les derniers ; ceux qui viendront après lui. ― Les premiers ; c’est-a-à-dire ses contemporains.
Telle est la demeure de l’impie, telle est la place de l’homme qui ne connaît pas Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
IIe discours de Baldad, chapitre 18. Il reproche à Job d’être dur à l’égard de ses amis et de se plaindre injustement au sujet de ses souffrances. ― 1° Combien de temps, méprisant ses amis, attaquera-t-il la Providence qui gouverne le monde et qui punit toujours à la fin les méchants ? Versets 2 à 11 ― 2° Oui, le méchant périt avec toute sa race, sa mémoire s’évanouit et il ne reste plus de lui que le souvenir confus de la catastrophe qui l’a englouti, versets 12 à 21.