Aller au contenu
Quaestio
Confort de lecture
Taille
Espacement
Présentation
Police

Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.

← Job 27 Job 28 sur 42 chapitres Job 29 →

Job 28

Écouter Job en entier

Ce livre est enregistré en un seul fichier : l'écoute couvre ses 42 chapitres d'affilée et ne démarre pas au chapitre affiché.

Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Il y a pour l’argent un lieu d’où on l’extrait, pour l’or un lieu où on l’épure.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’argent a des sources de ses veines dans la terre. ― Les exégètes modernes croient que Job nous a conservé dans ce chapitre le souvenir des travaux des Egyptiens dans les mines de la péninsule du Sinaï. D’après eux, l’auteur du livre de Job avait, selon toutes les vraisemblances, visité le Sinaï comme l’Egypte, et il nous a fait ici la description de l’exploitation des mines sinaïtiques. Le texte original dit dans le premier verset : « Il y a pour l’argent [une mine] d’où ils sont, pour l’or, un lieu où on le purifie. » Diodore de Sicile décrit ainsi la manière dont les Egyptiens purifiaient l’or : « A l’extrémité de l’Egypte, sur les confins de l’Arabie et de l’Ethiopie, est une contrée abondante en mines d’or d’où on retire ce métal à grands frais et par un pénible travail. La terre, de couleur noire, y est remplie de protubérances et de veines de marbre d’une blancheur remarquable… C’est dans cette terre que les préposés aux travaux des mines font recueillir l’or par un grand nombre d’ouvriers… Voici quels sont les procédés employés pour traiter la mine. On expose à un feu violent la partie la plus dure de la terre qui contient l’or, on la fait ainsi éclater, et on la travaille ensuite avec les mains… Les plus robustes sont occupés à fendre avec des masses de fer le marbre qu’on trouve dans la mine… Comme les travailleurs, au milieu des détours que forment les galeries, se trouvent dans l’obscurité, ils portent, attachés au front, des lanternes allumées… Les enfants ramassent… les fragments de pierre détachés et les portent en plein air, à l’ouverture extérieure de la galerie. D’autres ouvriers… prennent une certaine mesure de ces fragments et les broient dans des mortiers de pierre avec des pilons de fer, jusqu’à ce qu’ils soient réduits à la grosseur d’une lentille. Auprès d’eux sont le femmes et les vieillards, qui reçoivent ces petites pierres, les jettent sous des meules rangées plusieurs de suite, et deux ou trois d’entre eux, se plaçant à la manivelle de chaque meule, la font tourner jusqu’à ce qu’ils aient, par cette sorte de mouture, converti à la mesure de pierres qui leur a été livrée, en une poussière aussi fine que la farine… Enfin, des hommes instruits dans l’art de traiter les métaux s’emparent des pierres réduites en degré de finesse que nous avons indiqué, et mettent la dernière main au travail. Ils commencent par étendre sur une planche large et un peu en pente cette poussière de marbre, et la remuent ensuite, en versant de l’eau dessus. La partie terreuse, détrempée par l’eau, coule le long de la planche inclinée, et l’or plus pesant y reste. Ils répètent plusieurs fois cette opération, d’abord en frottant légèrement la matière entre les mains ; puis, en la pressant mollement avec des éponges très fines, ils enlèvent peu à peu la terre inutile, jusqu’à ce que la paillette d’or demeure seule et pure sur la planche. D’autres reçoivent une certaine mesure de ces paillettes qui leur sont livrées au poids, et les jettent dans des vases d’argile cuite, en les mélangeant avec un lingot de plomb, d’un poids proportionné à la quantité de paillettes que contient le vase, quelques grains de sel, une très petite quantité d’étain, et du son de farine d’orge. Après quoi ils ferment ces vases d’un couvercle parfaitement ajusté, enduit avec soin d’argile délayée, et les rangent dans un four où ils les font chauffer, pendant cinq jours et cinq nuits, sans discontinuation. Ils les retirent ensuite du feu, les laissent refroidir, et n’y trouvent plus, après les avoir ouverts, que l’or devenu parfaitement pur et qui a très peu perdu de son poids : toutes les autres matières ont disparu. »

Le fer se tire de la terre, et la pierre fondue donne le cuivre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans l’original : « Le fer est extrait de la poussière [de la terre], et la pierre fondue [donne] l’airain. » Cette description s’applique à l’extraction du cuivre, non à celle de l’or, de l’argent ou du fer. Les Egyptiens exploitaient le cuivre dans les mines du Sinaï. Ils en extrayaient aussi la turquoise ou la malachite qui est un cuivre carbonaté vert.

L’homme met fin aux ténèbres, il explore, jusqu’au fond des abîmes, la pierre cachée dans les ténèbres et l’ombre de la mort.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il a posé, etc. Les uns donnent pour sujet à ce verbe Dieu, sous-entendu, les autres le mot homme, qui se trouve exprimé au verset 13 ; ce que l’ensemble du récit semble insinuer. ― Pierre peut signifier ici gravier métallifère. ― L’ombre est grammaticalement complément du verbe il considère ; mais on le traduit généralement comme si ce mot était régime de cachée dans. ― Dans l’original : « [L’homme] met une fin aux ténèbres, jusqu’aux plus grandes profondeurs il explore la pierre [cachée dans] l’obscurité et dans l’ombre de la mort. » L’homme pénètre dans les sombres profondeurs de la terre pour en extraire le minerai et il y triomphe des ténèbres.

Il creuse, loin des lieux habités, des galeries, qu’ignore le pied des vivants ; suspendu, il vacille, loin des humains.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tous les interprètes conviennent que ce verset présente de grandes difficultés, tant dans l’hébreu et les Septante que la Vulgate. On ne peut donc avoir que de simples conjectures sur le sens. ― Un peuple étranger ; c’est-à-dire éloigné et chez lequel se trouve des mines d’or et d’argent. ― Ceux que le pied, etc. Comme les mineurs sont éloignés, l’homme indigent ne saurait faire les dépenses nécessaires pour arriver jusqu’à eux ; d’autant plus qu’il n’y a pas de chemin frayé qui y conduise. ― Hébreu : « Il creuse un puits [de mine], loin des voyageurs, [là, sont les ouvriers], oubliés sous les pieds [des passants] ; suspendus [à des cordes], loin [du regard] des hommes, ils se balancent. »

La terre, d’où sort le pain, est bouleversée dans ses entrailles comme par le feu.

Ses roches sont le lieu du saphir, et l’on y trouve de la poudre d’or.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Hébreu : « Ses pierres recèlent le lapis-lazuli, [elles contiennent] des paillettes d’or. »

L’oiseau de proie n’en connaît pas le sentier, l’œil du vautour ne l’a point aperçu.

Les animaux sauvages ne l’ont point foulé, le lion n’y a jamais passé.

Commentaire (versets 7 à 8) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 7 à 8 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Hébreu : « Le sentier [qui y conduit], l’oiseau de proie ne le connaît pas, l’œil du vautour ne l’a pas vu ; les animaux féroces ne l’ont pas foulé, le lion rugissant n’y a pas marché. »

L’homme porte sa main sur le granit, il ébranle les montagnes dans leurs racines.

Il perce des galeries dans les rochers ; rien de précieux n’échappe à son regard.

Il sait arrêter le suintement des eaux, il amène à la lumière tout ce qui était caché.

Commentaire (versets 9 à 11) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 9 à 11 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Hébreu : « [L’homme] a porté sa main sur le granit, il ébranle les montagnes [jusque dans leur racine] ; il creuse des canaux dans le roc, alors son œil voit tout ce qui est précieux : il ferme [les fissures des rochers pour empêcher] les eaux de filtrer, et il produit à la lumière [du jour] ce qui était caché. »

Mais la Sagesse, où la trouver ? Où est le lieu de l’Intelligence ?

L’homme n’en connaît pas le prix, on ne la rencontre pas sur la terre des vivants.

L’abîme dit : « Elle n’est pas dans mon sein ; » la mer dit : « Elle n’est pas avec moi. »

Elle ne se donne pas contre de l’or pur, elle ne s’achète pas au poids de l’argent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Sagesse, 7, 9.

On ne la met pas en balance avec de l’or d’Ophir, avec l’onyx précieux et avec le saphir.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Aux tissus colorés de l’Inde ; en hébreu : à l’or d’Ophir.

L’or et le verre ne peuvent lui être comparés, on ne l’échange pas pour un vase d’or fin.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme l’époque reculée à laquelle vivait Job, le verre était très rare, il a pu le compter parmi les choses les plus précieux.

Qu’on ne fasse pas mention du corail et du cristal : la possession de la sagesse vaut mieux que les perles.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La sagesse, etc. Selon l’hébreu : La possession de la sagesse est plus que les coraux rouges, ou que des perles.

La topaze d’Éthiopie ne l’égale pas, et l’or pur n’atteint pas sa valeur.

D’où vient donc la sagesse ? Où est le lieu de l’Intelligence ?

Elle est cachée aux yeux de tous les vivants, elle se dérobe aux oiseaux du ciel.

L’enfer et la mort disent : « Nous en avons entendu parler. »

C’est Dieu qui connaît son chemin, c’est lui qui sait où elle réside.

Car il voit jusqu’aux extrémités de la terre, il aperçoit tout ce qui est sous le ciel.

Quand il réglait le poids des vents, qu’il mettait les eaux dans la balance,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui a fait un poids, etc., c’est-à-dire qui a pesé les vents et mesuré les eaux, de manière à les contenir les uns et les autres dans de certaines limites.

quand il donnait des lois à la pluie, qu’il traçait la route aux éclairs de la foudre,

alors il l’a vue et l’a décrite, il l’a établie et en a sondé les secrets.

Puis il a dit à l’homme : La crainte du Seigneur, voilà la sagesse ; fuir le mal, voilà l’intelligence.