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Job 12

Écouter Job en entier

Ce livre est enregistré en un seul fichier : l'écoute couvre ses 42 chapitres d'affilée et ne démarre pas au chapitre affiché.

Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Alors Job prit la parole et dit :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

IVe discours de Job : sa Ire réponse à Sophar, du chapitre 12 au chapitre 14. Les menaces de Sophar blessent le juste innocent. Il réfute d’abord ses amis, du chapitre 12 au chapitre 13, verset 12 ; puis il se plaint à Dieu lui-même, du chapitre 13, verset 13 au chapitre 14. ― I. Réfutation de ses amis : 1° Il nie la thèse que le châtiment suive toujours le crime ici-bas et que l’affliction soit une preuve de culpabilité de l’affligé : « Les tentes des voleurs sont dans l’abondance, et ils provoquent audacieusement Dieu », voir Job, 12, 6. Ses amis n’ont pas le privilège exclusif de la connaissance de Dieu, il le connaît comme eux par la nature et par la tradition, chapitre 12, versets 2 à 13. ― 2° Il connaît, lui aussi la puissance et la sagesse de son Maître, et il la décrit en termes magnifiques, ainsi que la Providence générale et particulière, versets 14 à 25. ― 3° Il ne veut pas avoir à faire à eux, puisqu’ils sont aveuglés par leurs préjugés, mais à Dieu, chapitre 13, versets 1 à 12. ― II. Plainte à Dieu, du chapitre 13, verset 13 au chapitre 14. ― 4° Sa sincérité l’encourage à s’adresser à Dieu même, pourvu qu’il veuille bien ne pas l’accabler par l’éclat de sa majesté, chapitre 13, versets 13 à 22. ― 5° Alors même que ses péchés seraient aussi grands que ses souffrances, la vie est déjà bien assez amère pour que Dieu ne punisse pas si sévèrement les fautes qui peuvent lui avoir échappé dans sa jeunesse, du chapitre 13, verset 23 au chapitre 14, verset 3. ― 6° L’origine de l’homme est trop basse, sa vie trop triste, pour que Dieu soit sans pitié envers lui, versets 4 à 12. ― 7° Si l’homme devait retourner sur la terre, Dieu pourrait le maltraiter une première fois, mais il n’y revient jamais, versets 13 à 22.

Vraiment vous êtes aussi sages que tout un peuple, et avec vous mourra la sagesse !

Moi aussi, j’ai de l’intelligence comme vous, je ne vous le cède en rien, et qui ne sait les choses que vous dites ?

Commentaire (versets 2 à 3) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 2 à 3 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Ce n’est nullement l’orgueil qui inspire à Job ce langage. On a vu, au contraire, combien il s’était humilié devant Dieu, en comparant sa propre justice à celle de ce souverain juge de tous les hommes. D’ailleurs la jactance de ses amis qui appliquaient faussement des sentences vraies jusqu’à un certain point, en elles-mêmes, le forçait à rabaisser leur orgueil ; et c’est uniquement dans ce dessein qu’il a l’air de se glorifier, en montrant leur infériorité. Voir Job, 20, 2.

Je suis la risée de mes amis, moi qui invoquais Dieu et à qui Dieu répondait ; leur risée, moi le juste, l’innocent !…

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Proverbes, 14, 2.

Honte au malheur ! C’est la devise des heureux ; le mépris attend celui dont le pied chancelle.

La paix cependant règne sous la tente des brigands, la sécurité pour ceux qui provoquent Dieu, et qui n’ont d’autre dieu que leur bras.

Mais, de grâce, interroge les bêtes, et elles t’instruiront, es oiseaux du ciel, et ils te l’apprendront ;

ou bien parle à la terre, et elle t’enseignera ; les poissons même de la mer te le raconteront.

Qui ne sait, parmi tous ces êtres, que la main de Yahweh a fait ces choses,

qu’il tient dans sa main l’âme de tout ce qui vit, et le souffle de tous les humains ?

L’oreille ne discerne-t-elle pas les paroles, comme le palais savoure les aliments ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Job, 34, 3.

Aux cheveux blancs appartient la sagesse, la prudence est le fruit des longs jours.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans une longue vie ; littéralement dans beaucoup de temps.

En Dieu résident la sagesse et la puissance, à lui le conseil et l’intelligence.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En Dieu ; littéralement En lui. Job désigne ordinairement Dieu par le pronom lui.

Voici qu’il renverse et l’on ne rebâtit pas ; il ferme la porte sur l’homme, et on ne lui ouvre pas.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 22, 22 ; Apocalypse, 3, 7.

Voici qu’il arrête les eaux, elles tarissent ; il les lâche, elles bouleversent la terre.

À lui la force et la prudence, à lui celui qui est égaré et celui qui égare.

Il emmène captifs les conseillers des peuples, et il ôte le sens aux juges.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il amène, etc. Calvin a abusé de ce passage, et d’autres semblables, pour établir que Dieu est auteur du péché. Mais de telles expressions dans les auteurs sacrés signifient seulement que Dieu permet qu’on tombe, parce que, par un jugement, il s’éloigne de ceux qui méprisent sa lumière, et qui, voulant suivre leur propre sagesse, tombent en des écarts qui les conduisent jusqu’à la mort.

Il délie la ceinture des rois, et ceint leurs reins d’une corde.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il délie le baudrier, etc. ; il dépouille les rois de leur autorité. ― Il ceint, etc. ; c’est-à-dire, il les réduit à la condition des esclaves.

Il traîne les prêtres en captivité, et renverse les puissants.

Il ôte la parole aux hommes les plus habiles, et il enlève le jugement aux vieillards.

Il verse le mépris sur les nobles, et il relâche la ceinture des forts.

Il met à découvert les choses cachées dans les ténèbres, et produit à la lumière l’ombre de la mort.

Il fait croître les nations, et il les anéantit ; il les étend et il les resserre.

Il ôte l’intelligence aux chefs des peuples de la terre, et les égare dans des déserts sans chemin ;

ils tâtonnent dans les ténèbres, loin de la lumière ; il les fait errer comme un homme ivre.