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Job 40
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Yahweh s’adressant à Job, dit :
Le censeur du Tout-Puissant veut-il encore plaider contre lui ? Celui qui dispute avec Dieu peut-il répondre ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ceins tes reins. Voir Job, 38, 3.
Job répondit à Yahweh, en disant :
Chétif que je suis, que te répondrai-je ? Je mets la main sur ma bouche.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Semblable à celle de Dieu.
J’ai parlé une fois, je ne répliquerai pas ; deux fois, je n’ajouterai rien.
Yahweh parla encore à Job du sein de la tempête et dit :
Ceins tes reins, comme un homme ; Je vais t’interroger, et tu m’instruiras.
Veux-tu donc anéantir ma justice, me condamner afin d’avoir droit ?
As-tu un bras comme celui de Dieu, et tonnes-tu de la voix comme lui ?
Pare-toi de grandeur et de magnificence, revêts-toi de gloire et de majesté ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Béhémoth ; à la lettre, bêtes d’une énorme grosseur, est ici un pluriel d’excellence. Quant à l’animal particulier que ce mot désigne, c’est la baleine, selon les anciens interprètes ; l’éléphant, selon quelques modernes ; mais Bochart semble avoir prouvé qu’on doit l’entendre de l’hippopotame. Les Pères de l’Eglise appliquent au démon ou aux méchants animés de son esprit ce qui est dit ici de Béhémoth. ― Le nom de Béhémoth est hébreu, mais il a été vraisemblablement choisi à cause de sa ressemblance avec le mot égyptien Pehemouth, l’hippopotame, littéralement le bœuf d’eau, composé de p, article, ehe bœuf, et mout eau. Il se nourrit d’herbe comme le bœuf. Ce trait est relevé parce qu’il est surprenant dans un animal qui vit dans l’eau. C’est parce qu’il est herbivore que cet animal est malfaisant. Il ravage pendant la nuit les récoltes sur le bord du Nil.
épanche les flots de ta colère, d’un regard abaisse tout superbe.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Plusieurs commentateurs ont cru reconnaître l’éléphant dans Béhémoth. Le trait que nous avons ici : sa vertu dans le nombril de son ventre convient parfaitement à l’hippopotame, mais non pas à l’éléphant dont la peau du ventre est assez tendre. A 1 Machabées, 6, 46, Eléazar, tue un éléphant en lui perçant le ventre.
D’un regard fais plier tout superbe, écrase sur place les méchants ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La queue de l’hippopotame est petite mais forte.
cache-les tous ensemble dans la poussière, enferme leur visage dans les ténèbres.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les os de l’hippopotame sont d’une extrême dureté, quoiqu’ils soient minces comme doivent l’être ceux d’une bête destinée à nager dans l’eau.
Alors, moi aussi, je te rendrai l’hommage, que ta droite peut te sauver.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le commencement, etc. ; un chef-d’œuvre de la puissance de Dieu. ― Celui qui t’a fait, etc. ; c’est-à-dire Dieu seul qui l’a fait est capable de l’attaquer, de le vaincre et de le tuer ; ou selon d’autres (qui traduisent par le passé le futur du texte hébreu et de la Vulgate) : Dieu son créateur lui a donné son glaive, c’est-à-dire des dents tranchantes. L’hippopotame a des dents de la forme d’un sabre recourbé, harpé ; et l’éléphant, outre ses dents, a une trompe pour défense. ― Tous les commentateurs reconnaissent aujourd’hui dans ce glaive les dents de l’hippopotame. « Avec ses dents, dit Wood, l’hippopotame peut courber l’herbe aussi régulièrement qu’avec une faux. » Ces dents, dit l’abbé Prévot, dans son Histoire des voyages, « sont plus dures et plus blanches que l’ivoire. » Aussi les emploie-t-on volontiers comme dents artificielles.
Vois Béhémoth, que j’ai créé comme toi : il se nourrit d’herbe, comme le bœuf.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Là ; près de lui, autour de lui. ― L’hippopotame va paître sur les collines qui bordent le Nil dans l’Egypte supérieure. Tous les animaux des champs se jouent autour de lui. Comme il est herbivore et non carnivore, les autres animaux n’ont pas à le redouter.
Vois donc, sa force est dans ses reins, et sa vigueur dans les muscles de ses flancs !
Il dresse sa queue comme un cèdre ; les nerfs de ses cuisses forment un solide faisceau.
Ses os sont des tubes d’airain, ses côtes sont des barres de fer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Allusion aux crues du Nil. Le Jourdain désigne ici, non le Jourdain de Palestine, mais le Nil.
C’est le chef-d’œuvre de Dieu ; son Créateur l’a pourvu d’un glaive.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
On prendra, on percera, littéralement et par hébraïsme, il prendra, il percera. On emploie souvent en hébreu un verbe actif d’une manière impersonnelle.
Les montagnes produisent pour lui du fourrage, autour de lui se jouent toutes les bêtes des champs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Léviathan ; c’est le crocodile, selon l’opinion commune. Voir Job, 3, 8. Les Pères expliquent allégoriquement du démon ce qui est dit dans ce récit de Léviathan. ― Léviathan est moins un nom spécial qu’un nom générique. Etymologiquement, il signifie une chose qui se replie en guirlande, un serpent. Ici, il est appliqué au crocodile.
Il se couche sous les lotus, dans le secret des roseaux et des marécages.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un passage du Voyage à la recherche des sources du Nil, de J. Bruce, nous donne un excellent commentaire de ce verset. Ce voyageur raconte que les pêcheurs des bords du Nil, quand ils prennent un poisson, le tirent à terre, lui passent un anneau de fer dans les branchies et le rejettent dans le fleuve, après lui avoir fait passer dans l’anneau une corde qui est solidement attachée au rivage. « Ceux qui désirent du poisson l’achètent ainsi vivant. Nous en achetâmes deux et le pêcheur nous en montra dix ou douze autres qui étaient ainsi prisonniers dans l’eau. »
Les lotus le couvrent de leur ombre, les saules du torrent l’environnent.
Que le fleuve déborde, il ne craint pas ; il serait calme, si le Jourdain montait à sa gueule.
Est-ce en face qu’on pourra le saisir, avec des filets, et lui percer les narines ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pour tes servantes ; c’est-à-dire pour amuser tes servantes. ― Dans l’Egypte supérieure, au rapport d’Hasselquist, les crocodiles dévorent très souvent les femmes qui viennent puiser de l’eau dans le Nil, et les enfants qui jouent sur le bord du fleuve.
Tireras-tu Léviathan avec un hameçon, et lui serreras-tu la langue avec une corde ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des amis, etc. Tes amis découperont-ils le Léviathan sur ta table, ou des marchands en feront-ils trafic ? ― Ou plutôt, les associés, les pêcheurs qui s’unissent ensemble pour la pêche. ― Quoique le crocodile fût sacré dans quelques parties de l’Egypte, à Eléphantine et à Apollinopolis, on le salait, et on le vendait par morceaux, mais on ne pouvait le faire souvent, parce que comme l’indique le verset 26, il était très difficile de le prendre. ― Des marchands, en hébreu ; les Chananéens ou Phéniciens qui étaient des marchands si fameux que leur nom étaient devenu synonyme de marchands.
Lui passeras-tu un jonc dans les narines, et lui perceras-tu la mâchoire avec un anneau ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans le texte original : Transperceras-tu sa peau avec des dards, et lui enfonceras-tu le harpon dans la tête ? Harponnait-on déjà le crocodile au temps de Job ? Ce verset semble prouver le contraire, ou au moins l’inefficacité du procédé. D’ailleurs encore aujourd’hui le harpon est généralement sans résultat, à moins qu’il ne frappe l’animal juste entre le cou et la tête ou dans le ventre. Les balles glissent sur ses écailles sans les entamer.
T’adressera-t-il d’ardentes prières, te dira-t-il de douces paroles ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mets sur lui, etc. Si tu l’attaques, tu te souviendras du combat par les nombreuses et sanglantes blessures que tu y auras reçues et tu n’oseras pas en parler.
Fera-t-il une alliance avec toi, le prendras-tu toujours à ton service ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son espoir le trompera ; c’est-à-dire l’espoir de celui qui voudra le prendre sera trompé ; Léviathan, furieux, se précipitera au fond de la mer, à la vue de tout le monde.
Joueras-tu avec lui comme avec un passereau, l’attacheras-tu pour amuser tes filles ?
Les pêcheurs associés en font-ils le commerce, le partagent-ils entre les marchands ?
Cribleras-tu sa peau de dards, perceras-tu sa tête du harpon ?
Essaie de mettre la main sur lui : souviens-toi du combat, et tu n’y reviendras plus.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
IIIe partie, chapitres 40 et 41. ― Pour lui faire reconnaître encore davantage son néant, Dieu continue : ― 1° Que Job montre sa sagesse en maîtrisant ce qu’il y a de plus indomptable au monde. Mais il n’est pas même en état de dominer Béhémoth, c’est-à-dire l’hippopotame, qu’on rencontre dans les eaux du Nil, en Egypte, où on l’appelait péhémouth, nom devenu, en hébreu, Béhémoth, c’est-à-dire « les bêtes ou le grand animal », chapitre 40, versets 2 à 19. ― 2° Il ne peut dompter non plus Léviathan, mot qui désigne le crocodile ; combien moins peut-il donc lutter contre Dieu, du chapitre 40, verset 20 au chapitre 41, verset 3. ― 3° Puissance redoutable et beauté de Léviathan, chapitre 41, versets 4 à 13. ― 4° Tableau de sa supériorité et de sa souveraineté incontestée dans son royaume, versets 14 à 26. ― Les chapitres 38 et 39 avaient parlé des animaux de la terre et des animaux de l’air ; la description se termine ainsi par les animaux aquatiques ou amphibies, par les deux animaux les plus singuliers de l’Egypte.