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Job 16

Écouter Job en entier

Ce livre est enregistré en un seul fichier : l'écoute couvre ses 42 chapitres d'affilée et ne démarre pas au chapitre affiché.

Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Alors Job prit la parole et dit :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ve discours de Job : IIe réponse à Eliphaz, chapitres 16 et 17. ― Eliphaz n’a fait que répéter son premier discours. ― 1° Job réfute ces vaines paroles qui ne sont que des répétitions, chapitre 16, versets 2 à 5. ― 2° Parler ou se taire lui est également inutile, il est vrai, mais il ne peut retenir ses plaintes, en voyant que Dieu et ses amis lui sont si hostiles, versets 6 à 11. ― 3° Son sort est d’autant plus dur qu’il a été frappé en pleine prospérité, à l’improviste, sans avoir conscience d’aucune faute, versets 12 à 17. ― 4° Mais son innocence lui cause en même temps un sentiment de joie, parce qu’alors même qu’il mourrait, son droit se fera jour et Dieu sera son témoin contre ses amis, du chapitre 16, verset 18 au chapitre 17, verset 2. ― 5° Il invoque donc Dieu avec confiance, versets 3 à 9, et ― 6° il repousse les consolations de ses amis, versets 10 à 16. 3 Il m’a saisi par le cou ; métaphore tirée de l’usage où sont les lutteurs de saisir ordinairement leur adversaire par le cou, en s’efforçant de le renverser. ― Comme un but à ses traits.

J’ai souvent entendu de semblables harangues ; vous êtes tous d’insupportables consolateurs.

Quand finiront ces vains discours ? Quel aiguillon t’excite à répliquer ?

Moi aussi, je saurais parler comme vous, si vous étiez à ma place ; j’arrangerais de beaux discours à votre adresse, je secouerais la tête sur vous ;

je vous encouragerais de la bouche, et vous auriez pour soulagement l’agitation de mes lèvres.

Si je parle, ma douleur n’est pas adoucie ; si je me tais, en est-elle soulagée ?

Commentaire (versets 4 à 6) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 4 à 6 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Et plût à Dieu, etc. ; c’est-à-dire si vous étiez à ma place, je saurais trouver autre chose pour vous consoler : mes gestes et les mouvements de ma tête indiqueraient combien je serais touché de vos afflictions ; je tâcherais de vous encourager par des paroles pleines d’amitié et de compassion. ― Mouvoir, ou secouer la tête sur quelqu’un signifie, tantôt se moquer, tantôt avoir compassion de lui. Voir Job, 42, 11 ; Nahum, 3, 7. Or c’est dans le dernier sens que cette expression doit se prendre ici.

Aujourd’hui, hélas ! Dieu a épuisé mes forces… ô Dieu, tu as moissonné tous mes proches.

Tu me garrottes… c’est un témoignage contre moi !… ma maigreur se lève contre moi, en face elle m’accuse.

Sa colère me déchire et me poursuit, il grince des dents contre moi ; mon ennemi darde sur moi ses regards.

Ils ouvrent leur bouche pour me dévorer, ils me frappent la joue avec outrage, ils se liguent tous ensemble pour me perdre.

Dieu m’a livré au pervers, il m’a jeté entre les mains des méchants.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils ont frappé ma joue. Job, animé de l’esprit de prophétie, parle souvent au nom de Jésus-Christ qu’il représentait. C’est ainsi qu’à une autre époque, Isaïe, marquant cette même circonstance (voir Isaïe, 50, 6), parlait en apparence de lui-même, quoiqu’en réalité il parlât au nom de Jésus-Christ.

J’étais en paix, et il m’a secoué, il m’a saisi par la nuque, et il m’a brisé. Il m’a posé en but à ses traits,

ses flèches volent autour de moi ; il perce mes flancs sans pitié, il répand mes entrailles sur la terre ;

il me fait brèche sur brèche, il fond sur moi comme un géant.

J’ai cousu un sac sur ma peau, et j’ai roulé mon front dans la poussière.

Mon visage est tout rouge de larmes, et l’ombre de la mort s’étend sur mes paupières,

quoiqu’il n’y ait pas d’iniquités dans mes mains, et que ma prière soit pure.

Ô terre, ne couvre point mon sang, et que mes cris s’élèvent librement !

À cette heure même, voici que j’ai mon témoin dans le ciel, mon défenseur dans les hauts lieux.

Mes amis se moquent de moi, c’est vers Dieu que pleurent mes yeux.

Qu’il juge lui-même entre Dieu et l’homme, entre le fils de l’homme et son semblable !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mes amis, etc. ; c’est-à-dire tandis que mes amis m’attaquent par des discours diffus et importuns, je n’ai recours qu’à Dieu seul, et je ne trouve de consolation que dans les larmes que je répands devant lui.

Car les années qui me sont comptés s’écoulent, et j’entre dans un sentier d’où je ne reviendrai pas.