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Job 32

Écouter Job en entier

Ce livre est enregistré en un seul fichier : l'écoute couvre ses 42 chapitres d'affilée et ne démarre pas au chapitre affiché.

Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Ces trois hommes cessèrent de répondre à Job, parce qu’il persistait à se regarder comme juste.

Alors s’alluma la colère d’Éliu, fils de Barachel le Bouzite, de la famille de Ram. Sa colère s’alluma contre Job, parce qu’il se prétendait plus juste que Dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

IIIe partie : Intervention d’Eliu, du chapitre 32 au chapitre 37. ― La conclusion de Job, c’est qu’étant innocent il ne sait pas pourquoi Dieu l’afflige. Eliu intervient et veut lui apprendre la raison de ses souffrances. C’est un jeune homme, issu probablement d’une branche collatérale de la famille d’Abraham, voir Job, 32, vv. 2, 6 ; Genèse, 22, 21. Il a écouté en silence, comme il convenait à sa jeunesse, mais non sans indignation, des hommes plus âgés que lui, voir Job, 32, 6-7, qui lui paraissent avoir avancé beaucoup d’erreurs. Poussé par une inspiration divine, il s’adresse maintenant aux deux partis. Ils se sont tous trompés, puisqu’ils n’ont vu ni les uns ni les autres un des principaux buts de la souffrance : c’est que Dieu parle à l’homme par la voix de la douleur et lui enseigne toutes les vertus. Tout en faisant ressortir ce caractère médicinal, préventif et didactique de la souffrance, Eliu redresse accessoirement ce qui lui a paru faux à un degré quelconque dans les paroles de Job et de ses amis. Ses discours sont au nombre de quatre. Les Pères les ont sévèrement jugés. Eliu est en effet présomptueux et avide de faire étalage de sa science, mais il n’en fait pas moins ressortir une vérité nouvelle, qui n’avait pas encore été présentée, celle de l’utilité de la souffrance pour purifier l’homme et l’instruire ; ce qui montre que le juste lui-même peut être affligé. Il prépare ainsi la manifestation de Dieu, en faisant cesser les plaintes de Job ; Dieu n’a plus, en paraissant, qu’à faire confesser à Job qu’il a eu tort de se plaindre.

Elle s’alluma aussi contre ses trois amis, parce qu’ils n’avaient pas trouvé de bonnes réponse à lui faire et que néanmoins ils condamnaient Job.

Comme ils étaient plus âgés que lui, Eliu avait attendu pour parler à Job.

Mais voyant qu’il n’y avait plus de réponse dans la bouche de ces trois hommes, il s’enflamma de colère.

Alors Éliu, fils de Barachel le Bouzite, prit la parole et dit : Je suis jeune et vous êtes des vieillards ; c’est pourquoi j’étais effrayé et je redoutais de vous faire connaître mon sentiment.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ier discours d’Eliu : L’homme n’est pas sans tache aux yeux de Dieu, chapitres 32 et 33. ― Après l’introduction historique, en prose, chapitre 32, versets 1 à 6a, dans laquelle sont mentionnées l’indignation de Job contre ses amis, versets 1 et 3, et les raisons qu’a eues Eliu de se taire d’abord et de parler maintenant, ― 1° Eliu commence en disant qu’il a laissé parler les amis plus âgés de Job, dans l’espérance qu’ils le réfuteraient mais puisqu’il s’est trompé, il prend la parole, versets 6b à 14. ― 2° Quand ils ont eu fini leurs discours, il s’est tu quelque temps encore ; l’esprit le pousse maintenant à exposer sans partialité ce qu’il pense, versets 15 à 22. ― 3° Que Job l’écoute, car il sera sincère et clair ; Job n’a pas d’ailleurs à craindre devant lui comme devant Dieu, puisqu’il est son semblable, chapitre 33, versets 1 à 7. ― 4° Quand il a fini ce long exorde, il entre dans le cœur de son sujet. Job s’est déclaré innocent à l’encontre de Dieu, mais il est faux que Dieu ne manifeste pas à l’homme sa volonté, il la lui manifeste de plusieurs manières, d’abord par des visions de nuit, versets 8 à 18 ; ― 5° ensuite par la souffrance et par la maladie, qui est un des langages de Dieu. Ces coups ne doivent pas décourager l’homme, mais plutôt, au moyen de l’intercession des saints, lui faire reconnaître ses péchés, versets 19 à 30. ― 6° Péroraison : Job peut continuer à l’écouter tranquillement ou lui répondre, versets 31 à 33.

Je me disais : « Les jours parleront, les nombreuses années révéleront la sagesse. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qu’un âge aussi avancé… qu’une multitude d’années, est dit par métonymie, pour des hommes d’un âge aussi avancé ; … des hommes qui ont une multitude d’années.

Mais c’est l’esprit mis dans l’homme, le souffle du Tout-Puissant qui lui donne l’intelligence.

Ce n’est pas l’âge qui donne la sagesse, ce n’est pas la vieillesse qui discerne la justice.

Voilà pourquoi je dis : « Écoutez-moi ; je vais, moi aussi, exposer ma pensée. »

J’ai attendu tant que vous parliez, j’ai prêté l’oreille à vos raisonnements, jusqu’à la fin de vos débats.

Je vous ai suivis attentivement, et nul n’a convaincu Job, nul d’entre vous n’a réfuté ses paroles.

Ne dites pas : « Nous avons trouvé la sagesse ; c’est Dieu qui le frappe, et non pas l’homme. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

N’allez pas dire, etc. Il ne suffit pas de dire que Dieu lui-même l’a rejeté, que ce qu’il souffre est une preuve plus manifeste de son péché, que tout ce que nous pourrions dire ; il faut le convaincre, et venger la justice de Dieu offensée par ses discours insolents.

Il n’a pas dirigé contre moi ses discours, mais ce n’est pas avec vos paroles que je lui répondrai.

Les voilà interdits ; ils ne répondent rien ; la parole leur fait défaut.

J’ai attendu qu’ils eussent fini de parler, qu’ils restassent muets et sans réponse.

C’est à mon tour de parler à présent ; je veux dire aussi ce que je pense.

Car je suis plein de discours, l’esprit qui est en moi m’oppresse.

Mon cœur est comme un vin renfermé, comme une outre remplie de vin nouveau qui va éclater.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sans air ; littéralement sans soupirail, expression qui se rapporte en réalité à outres neuves, mais que par une métonymie très familière aux écrivains sacrés le texte rapporte à vin nouveau.

Que je parle donc, afin de respirer à l’aise, que mes lèvres s’ouvrent pour répondre !

Je ne veux faire acception de personne, je ne flatterai qui que ce soit.

Car je ne sais pas flatter ; autrement mon Créateur m’enlèverait sur-le-champ.