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Job 4
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Crédits
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Alors Éliphaz de Théman prit la parole et dit :
Si nous risquons un mot, peut-être en seras-tu affligé ; mais qui pourrait retenir ses paroles ?
Voilà que tu en as instruit plusieurs, que tu as fortifié les mains débiles,
que tes paroles ont relevé ceux qui chancelaient, que tu as raffermi les genoux vacillants !…
Et maintenant que le malheur vient à toi, tu faiblis ; maintenant qu’il t’atteint, tu perds courage !…
Ta crainte de Dieu n’était-elle pas ton espoir ? Ta confiance n’était-elle pas dans la pureté de ta vie ?
Cherche dans ton souvenir : quel est l’innocent qui a péri ? En quel lieu du monde les justes ont-ils été exterminés ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui a jamais péri, etc. On peut être innocent et périr en cette vie ; on peut être éprouvé par des malheurs et cependant être juste et innocent. Plusieurs prophètes et les martyrs en offrent un exemple sensible.
Pour moi, je l’ai vu, ceux qui labourent l’iniquité et qui sèment l’injustice, en moissonnent les fruits.
Au souffle de Dieu ils périssent, ils sont consumés par le vent de sa colère.
Le rugissement du lion et sa voix tonnante sont étouffés, et les dents du jeune lion sont brisées ;
le lion périt faute de proie, et les petits de la lionne se dispersent.
Une parole est arrivée furtivement jusqu’à moi, et mon oreille en a saisi le léger murmure.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La suite ; littéralement les veines. Il paraît certain que saint Jérôme a donné ici au latin vena le sens qu’on lui trouve dans le moyen âge, celui de série, ordre, ordo, series.
Dans le vague des visions de la nuit, à l’heure où un sommeil profond pèse sur les mortels,
une frayeur et un tremblement me saisirent, et agitèrent tous mes os.
Un esprit passait devant moi… Les poils de ma chair se hérissèrent.
Il se dressa, — je ne reconnus pas son visage, — comme un spectre sous mes yeux. Un grand silence, puis j’entendis une voix :
L’homme sera-t-il juste vis-à-vis de Dieu ? Un mortel sera-t-il pur en face de son Créateur ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Job, 25, 4.
Voici qu’il ne se fie pas à ses serviteurs, et qu’il découvre des fautes dans ses anges :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Job, 15, 15 ; 2 Pierre, 2, 4 ; Jude, 1, 6. ― Ceux qui le servent, etc. ; c’est-à-dire les anges ne sont pas par eux-mêmes et sans un secours divin capables de se maintenir dans le bien. ― Dans ses anges ; déchus, qui quoique si purs et si parfaits, sont cependant tombés dans l’orgueil et l’infidélité.
combien plus en ceux qui habitent des maisons de boue, qui ont leurs fondements dans la poussière, qui seront réduits en poudre, comme par la teigne !
Du matin au soir ils sont exterminés, et sans que nul y prenne garde, ils périssent pour jamais.
La corde de leur tente est coupée, ils meurent avant d’avoir connu la sagesse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Non dans la sagesse ; dans leur folie, en insensés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Après le monologue de Job, ses trois amis vont paraître successivement en scène. Ils défendront tous la même thèse : que l’on n’est malheureux que par sa faute et en punition de ses péchés. 1° Eliphaz, vrai scheik patriarcal, grave, digne, plus calme et plus réfléchi que ses deux amis, est nommée le premier et prend le premier la parole, parce qu’il est le plus âgé de tous, voir Job, 15, 10, et peut-être aussi parce qu’il est de Théman, dont la sagesse est célèbre, voir Jérémie, 49, 7 ; Abdias, 1, 8 ; Baruch, 3, 22-23. Il témoigne d’abord à Job dans son premier discours, plus d’affection et de sympathie que ses deux compagnons, mais, trompé par une foi aveugle à une opinion qu’il n’a jamais entendu contester (contestée ?), savoir que l’on souffre jamais que parce qu’on l’a mérité, il ne croit pas à l’innocence de celui qu’il est venu consoler, et ne tarde pas à se montrer dur et injuste à son égard. La vérité qu’il s’attache le plus à faire ressortir dans son langage, c’est la majesté et la pureté de Dieu, voir Job, 4, 12-21 ; 15, 12-16. ― Eliphaz ouvre la discussion avec la confiance qu’inspire l’expérience et sur le ton d’un prophète. C’est dans son premier discours qu’il parle avec le plus d’assurance. Le fond de son langage est vrai d’ailleurs ; il n’est faux que dans l’application exagérée qu’il en fait au cas présent. Tout se lie très bien dans ce que dit Eliphaz : au point de vue de la disposition oratoire et de l’arrangement des parties, ce discours est le plus parfait du poème. La révélation et l’expérience, les habitants du ciel et ceux de la terre lui ont appris à quoi s’en tenir sur le problème de la souffrance : 1° Job ne doit pas oublier qu’il a consolé autrefois des malheureux en leur disant que ce ne sont que les méchants, non les justes qui périssent, chapitre 4, versets 2 à 11. ― 2° Une vision nocturne lui a appris à lui-même que personne n’est juste devant Dieu, versets 12 à 21. ― 3° Le chagrin qui empêche Job de recourir à l’intercession des anges est la cause de la ruine des insensés, chapitre 5, versets 1 à 7. ― 4° Il doit se tourner vers Dieu, le juge équitable du juste et de l’impie, versets 8 à 16. ― 5° Heureux celui que Dieu châtie ! Dieu, par ce châtiment, veut lui préparer un grand bonheur, versets 17 à 27. Chacune de ces cinq pensées est tout à la fois une thèse et un reproche contre Job.