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Actes des Apôtres 8

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Le même jour, une violente persécution éclata contre l’Église de Jérusalem ; et tous, sauf les apôtres se dispersèrent dans les campagnes de la Judée et de la Samarie.

Des hommes pieux ensevelirent Étienne et firent sur lui de grandes lamentations.

Et Saul ravageait l’Église ; pénétrant dans les maisons, il en arrachait les hommes et les femmes, et les faisait jeter en prison.

Ceux qui étaient dispersés parcouraient le pays annonçant la parole.

Philippe étant descendu dans une ville de Samarie, y prêcha le Christ.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans la ville de Samarie, ville de la tribu d'Ehpraïm fondée par le roi d'Israël Amri, qui en fit sa capitale. Elle donna plus tard son nom au pays de Samarie et aux Samaritains. Détruite par les Assyriens en 721 avant Jésus-Christ, rebâtie et de nouveau renversée par Jean Hyrcan, elle fut encore relevée de ses ruines et l'empereur Auguste la donna à Hérode-le-Grand qui l'appela Sébaste (ou Auguste) en l'honneur de son bienfaiteur. C'est aujourd'hui un village sans importance appelé Sébastiéh.

Et les foules étaient attentives à ce que disait Philippe, en apprenant et en voyant les miracles qu’il faisait.

Car les esprits impurs sortaient de beaucoup de démoniaques, en poussant de grands cris ; beaucoup de paralytiques et de boiteux furent aussi guéris,

et ce fut une grande joie dans cette ville.

Or, il s’y trouvait déjà un homme nommé Simon, qui pratiquait la magie, et qui émerveillait le peuple de la Samarie, se donnant pour un grand personnage.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Simon le magicien. « Le premier crime de Simon fut de vouloir acheter l'épiscopat, de prétendre trafiquer des dons de Dieu, et faire servir à ses intérêts les pouvoirs surnaturels que Dieu confère à ses ministres pour le salut des âmes. Loin de l'associer aux Apôtres, saint Pierre donna à ses successeurs l'exemple de la sévérité dont ils devaient user contre le trafic des choses saintes, en retranchant ce fourbe ambitieux de la société des fidèles et en le menaçant du sort le plus funeste ; mais ni cette menace, ni cette peine ne purent le ramener. ― Opposé en tout à Simon Pierre, Simon de Samarie se mit bientôt à dogmatiser et devint le premier des hérésiarques. Saint Justin, qui était de la même ville que lui et qui devait connaître son histoire, nous apprend plusieurs particularités de sa vie et de sa doctrine. Ce séducteur se posait en antagoniste du Messie et s'attribuait à lui-même la divinité. Il opérait des prodiges au moyen de la magie. Il publiait, sous le titre d'Exposition, un livre qui contenait le germe des rêveries gnostiques, cette généalogie d'Eons, descendant d'un principe unique et subordonnés les uns aux autres, jusqu'au dernier qui est le monde. Pour la morale, il ne reconnaissait aucune distinction de vice et de vertu, et ne voyait de vérité ni de perfection que dans la gnose qu'il opposait à la foi. Mettant d'ailleurs sa conduite en harmonie avec ses principes, il vivait d'une manière fort répréhensible. Sa secte se perpétua jusqu'au cinquième siècle. La découverte des Philosphumena a confirmé ce que saint Justin et saint Irénée nous apprennent de ses caractères et de son importance. Simon fut, aux yeux des premiers fidèles, comme l'hérésie personnifiée, le type et le père de tous les hérésiarques. » (L. BACUEZ.)

Tous, petits et grands, s’étaient attachés à lui. Cet homme, disaient-ils, est la Vertu de Dieu, celle qu’on appelle la Grande.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Est la grande vertu ; littéralement : La vertu qui est appelée grande. Nous avons déjà fait remarquer qu'en hébreu l'expression être appelé signifie aussi simplement être.

Ils s’étaient donc attachés à lui, parce que, depuis longtemps, il les avait séduits par ses enchantements.

Mais quand ils eurent cru à Philippe, qui leur annonçait le royaume de Dieu et le nom de Jésus-Christ, hommes et femmes se firent baptiser.

Simon lui-même crut, et, s’étant fait baptiser, il s’attacha à Philippe, et les miracles et les grands prodiges dont il était témoin le frappaient d’étonnement.

Les Apôtres, qui étaient à Jérusalem, ayant appris que la Samarie avait reçu la parole de Dieu, y envoyèrent Pierre et Jean.

Ceux-ci arrivés chez les Samaritains, prièrent pour eux, afin qu’ils reçussent le Saint-Esprit.

Car il n’était encore descendu sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus.

Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent le Saint-Esprit.

Lorsque Simon vit que le Saint-Esprit était donné par l’imposition des mains des Apôtres, il leur offrit de l’argent,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il leur offrit de l'argent. C'est pour cela qu'on appelle simoniaques ceux qui achètent ou vendent à prix d'argent les choses spirituelles.

en disant : « Donnez-moi aussi ce pouvoir, afin que tout homme à qui j’imposerai les mains reçoive le Saint-Esprit. »

Mais Pierre lui dit : « Périsse ton argent avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s’acquérait à prix d’argent !

Il n’y a pour toi absolument aucune part dans cette faveur, car ton cœur n’est pas pur devant Dieu.

Repens-toi donc de ton iniquité, et prie le Seigneur de te pardonner, s’il est possible, la pensée de ton cœur.

Car je vois que tu es dans un fiel amer et dans les liens du péché. »

Simon répondit : « Priez vous-mêmes le Seigneur pour moi, afin qu’il ne m’arrive rien de ce que vous avez dit. »

Quant à eux, après avoir rendu témoignage et prêché la parole du Seigneur, ils retournèrent à Jérusalem, en annonçant la bonne nouvelle dans plusieurs villages des Samaritains.

Un ange du Seigneur, s’adressant à Philippe, lui dit : « Lève-toi, et va du côté du midi, sur la route qui descend de Jérusalem à Gaza ; celle qui est déserte. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Celle qui est déserte. Il y avait deux villes de Gaza ; l'une ancienne, qui était abandonnée, et la nouvelle, bâtie plus près de la mer. ― Gaza. Pour se rendre de Jérusalem en Egypte et en Ethiopie, on passait par Gaza, ancienne ville philistine, située à la frontière sud-ouest de la Palestine, à onze milles de Jérusalem.

Il se leva et partit. Et voici qu’un Éthiopien, un eunuque, ministre de Candace, reine d’Éthiopie, et surintendant de tous ses trésors, était venu à Jérusalem pour adorer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Candace. Ce nom ou ce titre était porté par toutes les reines qui gouvernaient la partie de l'Ethiopie dont la capitale était Napata, comme celui de Ptolémée était porté par tous les rois grecs d'Egypte. Eusèbe raconte que le trésorier éthiopien converti par saint Philippe prêcha à son retour le christianisme en Ethiopie. ― L'eunuque de la reine Candace. « L'Ethiopie s'étendait alors dans la vallée du Nil, vers le sud. Candace était un titre dynastique, comme Arétas, Pharaon, Ptolémée, etc. L'eunuque de la reine d'Ethiopie n'était pas étranger à la religion juive ; autrement Corneille n'aurait pas été le premier Gentil baptisé ; c'était ou un Israélite d'origine, ou un prosélyte venu des [bords] du Nil à Jérusalem pour adorer le vrai Dieu, et prendre part aux solennités de son culte. On croit qu'il devint l'Apôtre de l'Ethiopie et qu'il prépara ses compatriotes à embrasser le christianisme. Quant à la voix qui se fait entendre à Philippe, aux lumières surnaturelles qui éclairent le prosélyte, à la promptitude avec laquelle l'évangéliste lui confère le baptême, à la disparition subite de celui-ci et aux consolations dont l'âme du néophyte est remplie, on peut voir dans l'histoire des saints une multitude de faits analogues. La ville de Gaza dont il est ici parlé, est celle dont Samson enleva les portes et où il fit périr un si grand nombre de Philistins. » (L. BACUEZ.)

Il s’en retournait, et, assis sur un char, il lisait le prophète Isaïe.

L’Esprit dit à Philippe : « Avance, et tiens-toi près de ce char. »

Philippe accourut, et entendant l’Éthiopien lire le prophète Isaïe, il lui dit : « Comprends-tu bien ce que tu lis ? »

Celui-ci répondit : « Comment le pourrais-je, si quelqu’un ne me guide ? » Et il pria Philippe de monter et de s’asseoir avec lui.

Or le passage de l’Écriture qu’il lisait était celui-ci : « Comme une brebis, il a été mené à la boucherie, et, comme un agneau muet devant celui qui le tond, il n’a pas ouvert la bouche.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 53, 7.

C’est dans son humiliation que son jugement s’est consommé. Quant à sa génération, qui la racontera ? Car sa vie a été retranchée de la terre. »

L’eunuque dit à Philippe : « Je t’en prie, de qui le prophète parle-t-il ainsi ? Est-ce de lui-même ou de quelque autre ? »

Alors Philippe ouvrant la bouche, et commençant par ce passage, lui annonça Jésus.

Chemin faisant, ils rencontrèrent de l’eau, et l’eunuque dit : « Voici de l’eau : qu’est-ce qui empêche que je ne sois baptisé ? »

[Philippe répondit : « Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible. — Je crois, repartit l’eunuque, que Jésus Christ est le Fils de Dieu. »]

Il fit donc arrêter son char, et Philippe, étant descendu avec lui dans l’eau, le baptisa.

Quand ils furent sortis de l’eau, l’Esprit du Seigneur enleva Philippe, et l’eunuque ne le vit plus, et il continua tout joyeux son chemin.

Quant à Philippe, il se trouva dans Azot, d’où il alla jusqu’à Césarée, en évangélisant toutes les villes par où il passait.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Azot, une des cinq principales villes philistines, entre Ascalon et Jamnia, non loin de la Méditerranée, aujourd'hui petit village, appelé Esdûd. ― Césarée. Voir plus loin, Actes des Apôtres, 9, 30.