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Actes des Apôtres 21

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Après nous être arrachés à leurs embrassements, nous mîmes à la voile et nous allâmes droit à Cos ; le lendemain nous atteignîmes Rhodes, puis Patare.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cos, petite île de la mer Egée, vis-à-vis de Gnide et d'Halicarnasse, très fertile et riche en vins et en blé. ― Rhodes. Cette île, l'une des Cyclades, en face de la Carie et de la Lycie, était très fertile et très commerçante. Le climat en est très doux. ― A Patare, ville maritime de Lycie, à l'embouchure du Xanthe, célèbre par un oracle d'Apollon.

Là, ayant trouvé un vaisseau qui faisait la traversée vers la Phénicie, nous y montâmes et partîmes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En Phénicie. Voir Actes des Apôtres, 11, 19.

Arrivés en vue de Chypre, nous laissâmes l’île à gauche, nous dirigeant vers la Syrie, et nous abordâmes à Tyr, où le navire devait déposer sa cargaison.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En vue de Chypre. Voir Actes des Apôtres, 11, 19. ― Vers la Syrie. Voir Matthieu, 4, 24. ― A Tyr. Voir Marc, 3, 8.

Nous trouvâmes les disciples, et nous restâmes là sept jours ; et ils disaient à Paul, par l’Esprit de Dieu, de ne point monter à Jérusalem.

Mais au bout de sept jours, nous nous acheminâmes pour partir, et tous, avec leurs femmes et leurs enfants, nous accompagnèrent jusqu’en dehors de la ville. Nous nous mîmes à genoux sur le rivage pour prier ;

puis, après nous être dit adieu, nous montâmes sur le vaisseau, tandis qu’ils retournèrent chez eux.

Pour nous, achevant notre navigation, nous allâmes de Tyr à Ptolémaïs, et ayant salué les frères, nous passâmes un jour avec eux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Ptolémaïde, depuis saint Jean d'Acre, port de la Méditerranée, au sud de Tyr, ville de Phénicie.

Nous partîmes le lendemain et nous arrivâmes à Césarée. Étant entrés dans la maison de Philippe l’évangéliste, l’un des sept, nous logeâmes chez lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 6, 5 ; 8, 5. ― Des sept diacres. Ce Philippe est nommé évangéliste, parce qu'il a été le premier à prêcher l'Evangile dans la Samarie. C'est dans ce sens que saint Paul recommande à son disciple Timothée (voir 2 Timothée, 4, 5) de remplir la charge d'évangéliste. ― A Césarée. Voir Actes des Apôtres, 9, 30.

Il avait quatre filles vierges, qui prophétisaient.

Comme nous étions dans cette ville depuis quelques jours, il arriva de Judée un prophète nommé Agabus.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Agabus. Voir Actes des Apôtres, 11, 28.

Étant venu vers nous, il prit la ceinture de Paul, se lia les pieds et les mains et dit : « Voici ce que déclare l’Esprit-Saint : L’homme à qui appartient cette ceinture sera ainsi lié à Jérusalem par les Juifs et livré aux mains des Gentils. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Se lia les pieds et les mains : imitant les anciens prophètes par cette action symbolique.

Ayant entendu ces paroles, nous et les fidèles de Césarée, nous conjurâmes Paul de ne point monter à Jérusalem.

Alors il répondit : « Que faites-vous de pleurer ainsi et de me briser le cœur ? Pour moi, je suis prêt, non seulement à porter les chaînes, mais encore à mourir à Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus. »

Comme il restait inflexible, nous cessâmes nos instances, en disant : « Que la volonté du Seigneur se fasse ! »

Après ces jours-là, ayant achevé nos préparatifs, nous montâmes à Jérusalem.

Des disciples de Césarée vinrent aussi avec nous, emmenant un nommé Mnason, de l’île de Chypre, depuis longtemps disciple, chez qui nous devions loger.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mnason porte un nom grec et était probablement un Juif helléniste.

À notre arrivée à Jérusalem, les frères nous reçurent avec joie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Quand nous fûmes arrivés à Jérusalem, en 58. Le troisième voyage apostolique de saint Paul avait duré de 54 à 58.

Le lendemain, Paul se rendit avec nous chez Jacques, et tous les Anciens s’y réunirent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tous les anciens, tous les prêtres. ― Chez Jacques le Mineur, frère de saint Jean l'Evangéliste, évêque de Jérusalem. Pierre et les autres Apôtres étaient alors éloignés de cette ville.

Après les avoir embrassés, il raconta en détail tout ce que Dieu avait fait parmi les Gentils par son ministère.

Ce qu’ayant entendu, ils glorifièrent Dieu, et dirent à Paul : « Tu vois, frère, combien de milliers de Juifs ont cru, et tous sont zélés pour la Loi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Combien de milliers, etc. « Un grand nombre de judéo-chrétiens étaient venus à Jérusalem pour la fête de la Pentecôte. ― Zélés pour la Loi. Il y avait un grand danger dans cette communauté de pratiques religieuses qui unissait les judéo-chrétiens à la masse des Juifs restés incrédules. La ruine de Jérusalem et du Temple fit cesser cet état de chose. » (CRAMPON)

Or ils ont entendu dire de toi que tu enseignes aux Juifs dispersés parmi les Gentils de se séparer de Moïse, leur disant de ne pas circoncire leurs enfants et de ne pas se conformer aux coutumes.

Que faire donc ? Sans aucun doute, on se rassemblera en foule, car on va savoir ton arrivée.

Fais donc ce que nous allons te dire. Nous avons ici quatre hommes qui ont fait un vœu ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par un vœu ; celui des Nazaréens.

prends-les, purifie-toi avec eux, et fais pour eux les frais des sacrifices, afin qu’ils se rasent la tête. Ainsi tous sauront que les rapports faits sur ton compte sont sans valeur, et que toi aussi tu observes la Loi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir nombres, 6, 18 ; Actes des Apôtres, 18, 18.

Quant aux Gentils qui ont cru, nous leur avons écrit après avoir décidé [qu’ils n’ont rien de pareil à observer, sauf] qu’ils doivent s’abstenir des viandes offertes aux idoles, du sang, des animaux étouffés et de la fornication. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 15, vv. 20, 29.

Alors Paul prit avec lui ces hommes, et après s’être purifié, il entra le lendemain avec eux dans le temple, pour annoncer que les jours du naziréat étaient expirés, et il y vint jusqu’à ce que le sacrifice eût été offert pour chacun d’eux.

Comme les sept jours touchaient à leur fin, les Juifs d’Asie, ayant vu Paul dans le temple, soulevèrent toute la foule et mirent la main sur lui, en criant :

« Enfants d’Israël, au secours ! Voici l’homme qui prêche partout et à tout le monde contre le peuple, contre la Loi et contre ce lieu ; il a même introduit des païens dans le temple et a profané ce saint lieu. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Contre ce lieu ; ce lieu saint ; c'est le temple même. ― Il était défendu sous peine de mort aux païens de franchir les barrières qui séparaient dans le temple le parvis des Gentils de celui des Israélites. Voir Matthieu, 21, 12.

Car ils avaient vu auparavant Trophime d’Éphèse avec lui dans la ville, et ils croyaient que Paul l’avait fait entrer dans le temple.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Trophime d'Ephèse. Voir Actes des Apôtres, 20, 4.

Aussitôt toute la ville fut en émoi, et le peuple accourut de toute part ; on se saisit de Paul et on l’entraîna hors du temple, dont les portes furent immédiatement fermées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les portes du temple qui donnaient accès dans les parvis. ― Hors du temple, afin qu'il ne fût pas souillé par l'effusion du sang.

Pendant qu’ils cherchaient à le tuer, la nouvelle arriva au tribun de la cohorte que tout Jérusalem était en confusion.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au tribun de la cohorte. Voir Matthieu, 27, 27.

Il prit à l’instant des soldats et des centurions, et accourut à eux. À la vue du tribun et des soldats, ils cessèrent de frapper Paul.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des centurions. Voir Matthieu, 8, 5.

Alors le tribun s’approchant, se saisit de lui et le fit lier de deux chaînes ; puis il demanda qui il était et ce qu’il avait fait.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De deux chaines ; c'est-à-dire une à chaque main. Comparer à Actes des Apôtres, 12, 6-7.

Mais, dans cette foule, les uns criaient une chose, les autres une autre. Ne pouvant donc rien apprendre de certain, à cause du tumulte, il ordonna de l’emmener dans la forteresse.

Lorsque Paul fut sur les degrés, il dut être porté par les soldats, à cause de la violence de la multitude.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sur les degrés de l'escalier très élevé qui mettait le temple en communication avec la tour Antonia.

Car le peuple suivait en foule en criant : « Fais-le mourir. »

Au moment d’être introduit dans la forteresse, Paul dit au tribun : « M’est-il permis de te dire quelque chose ? » — « Tu sais le grec ? répondit le tribun.

Tu n’es donc pas l’Égyptien qui s’est révolté dernièrement et qui a emmené au désert quatre mille sicaires ? »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sicaires ; assassins alors répandus dans la Judée, et ainsi nommés, parce qu'ils portaient sous leurs habits un petit poignard, en latin sica. Josèphe donne trente mille hommes à cet Egyptien ; mais rien n'empêche que ce nombre n'ait été d'abord que de quatre mille. Puis Josèphe ne dit pas que tous ces trente mille brigands fussent sicaires. Ajoutons qu'il ne s'accorde guère avec lui-même au sujet de cet événement.

Paul lui dit : « Je suis Juif, de Tarse en Cilicie, citoyen d’une ville qui n’est pas sans renom. Je t’en prie, permets-moi de parler au peuple. »

Le tribun le lui ayant permis, Paul debout sur les degrés, fit signe de la main au peuple. Un profond silence s’établit, et Paul, s’exprimant en langue hébraïque, leur parla ainsi :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En langue hébraïque ; c'est-à-dire dans le dialecte araméen ou syro-chaldaïque que parlaient alors les Hébreux.