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Actes des Apôtres 10
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Il y avait à Césarée un homme nommé Corneille, centurion dans la cohorte Italique,
Religieux et craignant Dieu, ainsi que toute sa maison, il faisait beaucoup d’aumônes au peuple et priait Dieu sans cesse.
Dans une vision, vers la neuvième heure du jour, il vit clairement un ange de Dieu qui entra chez lui et lui dit : « Corneille ! »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La neuvième heure. Voir Actes des Apôtres, 3, 1.
Fixant les yeux sur l’ange et saisi d’effroi, il s’écria : « Qu’est-ce, Seigneur ? » L’ange lui répondit : « Tes prières et tes aumônes sont montées devant Dieu comme un mémorial.
Et maintenant envoie des hommes à Joppé, et fais venir un certain Simon, surnommé Pierre ;
il est logé chez un corroyeur, appelé Simon, dont la maison est située auprès de la mer. »
L’ange qui lui parlait étant parti, Corneille appela deux de ses serviteurs et un soldat pieux parmi ceux qui étaient attachés à sa personne,
et après leur avoir tout raconté, il les envoya à Joppé.
Le jour suivant, comme les messagers étaient en route et qu’ils s’approchaient de la ville, Pierre monta sur le toit, vers la sixième heure, pour prier.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sur le haut, etc. ; c'est-à-dire sur la plate-forme qui servait de toit. ― Vers la sixième heure ; c'est-à-dire vers midi.
Puis, ayant faim, il désirait manger. Pendant qu’on lui préparait son repas, il tomba en extase :
il vit le ciel ouvert, et quelque chose en descendre, comme une grande nappe, attachée par les quatre coins et s’abaissant vers la terre ;
à l’intérieur se trouvaient tous les quadrupèdes et les reptiles de la terre, et les oiseaux du ciel.
Et une voix lui dit : « Lève-toi, Pierre ; tue et mange. »
Pierre répondit : « Oh ! non, Seigneur, car jamais je n’ai rien mangé de profane ni d’impur. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Je n'ai jamais mangé rien d'impur. La loi de Moïse défendait aux Israélites de manger la chair d'un certain nombre d'animaux appelés pour cette raison impurs.
Et une voix lui parla de nouveau : « Ce que Dieu a déclaré pur, ne l’appelle pas profane. »
Cela se fit par trois fois, et aussitôt après la nappe fut retirée dans le ciel.
Or Pierre cherchait en lui-même ce que pouvait signifier la vision qu’il avait eue, et voici que les hommes envoyés par Corneille, s’étant informés de la maison de Simon, se présentèrent à la porte ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A la porte. Le mot qu'emploie le texte grec désigne la grande porte d'entrée de la maison.
et ayant appelé, ils demandèrent si c’était là qu’était logé Simon, surnommé Pierre.
Et comme Pierre était à réfléchir sur la vision, l’Esprit lui dit : « Voici trois hommes qui te cherchent.
Lève-toi, descends et pars avec eux sans crainte, car c’est moi qui les ai envoyés. »
Aussitôt Pierre descendit vers eux : « Je suis, leur dit-il, celui que vous cherchez, quel est le motif qui vous amène ? »
Ils répondirent : « Le centurion Corneille, homme juste et craignant Dieu, à qui toute la nation juive rend témoignage, a été averti par un ange saint de te faire venir dans sa maison et d’écouter tes paroles. »
Pierre les fit donc entrer et les logea. Le lendemain, s’étant levé, il partit avec eux, et quelques-uns des frères de Joppé l’accompagnèrent.
Ils entrèrent à Césarée le jour suivant. Corneille les attendait, et il avait invité ses parents et ses amis intimes.
Quand Pierre entra, Corneille alla au-devant de lui, et tombant à ses pieds il se prosterna.
Mais Pierre le releva en disant : « Lève-toi ; moi aussi je suis un homme. »
Et tout en s’entretenant avec lui, il entra et trouva beaucoup de personnes réunies.
Il leur dit : « Vous savez qu’il est défendu à un Juif de se lier avec un étranger ou d’entrer chez lui ; mais Dieu m’a appris à ne regarder aucun homme comme souillé ou impur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un étranger, « expression adoucie à dessein pour dire un païen. Cette interdiction ne se trouve pas formellement dans la Loi ; elle venait de la coutume et de l'interprétation des Docteurs. » (CRAMPON)
Aussi suis-je venu sans hésitation, dès que vous m’avez envoyé chercher. Je vous prie donc de me dire pour quel motif vous m’avez fait venir. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pour quelle raison, etc. Pierre le savait déjà (verset 22) ; mais il veut s'assurer des dispositions et des sentiments intimes du Centurion.
Corneille répondit : « Il y a en ce moment quatre jours que je jeûnais et priais dans ma maison à la neuvième heure ; tout à coup parut devant moi un homme revêtu d’une robe éclatante, qui me dit :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un homme vêtu de blanc. Les grands personnages se revêtaient d'habits blancs. Voir Luc, 23, 11. Un ange sous la figure d'un homme. Voir Actes des Apôtres, 1, 10.
« Corneille, ta prière a été exaucée, et Dieu s’est souvenu de tes aumônes.
Envoie donc à Joppé, et fais appeler Simon, surnommé Pierre ; il est logé dans la maison de Simon, corroyeur, près de la mer ; [il viendra te parler]. » —
Aussitôt j’ai envoyé vers toi, et tu as bien fait de venir. Maintenant nous sommes tous réunis devant Dieu pour entendre tout ce que Dieu t’a commandé de nous dire. »
Alors Pierre, ouvrant la bouche, parla ainsi : « En vérité, je reconnais que Dieu ne fait point acception de personnes,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 10, 17 ; 2 Chroniques, 19, 7 ; Job, 34, 19 ; Sagesse, 6, 8 ; Ecclésiastique, 35, 15 ; Romains, 2, 11 ; Galates, 2, 6 ; Ephésiens, 6, 9 ; Colossiens, 3, 25 ; 1 Pierre, 1, 17.
mais qu’en toute nation celui qui le craint et pratique la justice lui est agréable.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pierre proclame ici, non l'indifférence des religions, mais l'indifférence des nations pour le salut en Jésus-Christ.
Il a envoyé la parole aux enfants d’Israël, en annonçant la paix par Jésus-Christ : c’est lui qui est le Seigneur de tous.
Vous savez ce qui s’est passée dans toute la Judée, en commençant par la Galilée, après le baptême que Jean a prêché :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Luc, 4, 14.
comment Dieu a oint de l’Esprit-Saint et de force Jésus de Nazareth, qui allait de lieu en lieu, faisant du bien et guérissant tous ceux qui étaient sous l’empire du diable ; car Dieu était avec lui.
Pour nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans les campagnes de la Judée et à Jérusalem. Ensuite ils l’ont fait mourir, en le pendant au bois.
Mais Dieu l’a ressuscité le troisième jour, et lui a donné de se faire voir,
non à tout le peuple, mais aux témoins choisis d’avance par Dieu, à nous qui avons mangé et bu avec lui, après sa résurrection d’entre les morts.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Préordonnés ; ce mot, qui est de Bossuet, rend plus fidèlement le texte sacré que celui de prédestiné, qui est généralement employé.
Et il nous a commandé de prêcher au peuple et d’attester que c’est lui que Dieu a établi juge des vivants et des morts.
Tous les prophètes rendent de lui ce témoignage, que tout homme qui croit en lui reçoit par son nom la rémission de ses péchés. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jérémie, 31, 34 ; Michée, 7, 18.
Pierre parlait encore, lorsque le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« C'est le seul exemple que nous offre le Nouveau Testament de l'effusion du Saint-Esprit avant le baptême. Dieu, dans la distribution de se grâces, considère avant tout les dispositions de l'âme : il est libre pour le reste. » (CRAMPON)
Les fidèles venus de la circoncision qui accompagnaient Pierre étaient tout hors d’eux-mêmes en voyant que le don du Saint-Esprit était répandu même sur les Gentils.
Car ils entendaient ceux-ci parler des langues et glorifier Dieu. Alors Pierre dit :
« Peut-on refuser l’eau du baptême à ces hommes qui ont reçu le Saint-Esprit aussi bien que nous ? »
Et il commanda de les baptiser au nom du Seigneur Jésus-Christ. Après quoi ils le prièrent de rester quelques jours.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qu'ils fussent baptisés au nom, etc. Voir Actes des Apôtres, 2, 38.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A Césarée. Voir Actes des Apôtres, 9, 30. ― Corneille. Nous ne savons guère de lui que ce nous en apprennent les Actes. Peut-être était-il de l'illustre famille romaine des Cornélius. Saint Jérôme dit qu'il bâtit une église chrétienne Césarée et la tradition le fait évêque de Scamandios. ― Centurion. Voir Matthieu, 8, 5. ― De la cohorte. Voir Matthieu, 27, 27. ― Appelée Italique, parce qu'elle se composait de soldats d'Italie, et non de soldats tirés des provinces, afin que le procurateur romain pût compter davantage sur eux. ― A cette époque, les Apôtres se demandaient si les Gentils, qui étaient impurs par leur origine, pouvaient être admis dans l'Eglise sans avoir reçu la circoncision. Une révélation divine va éclairer saint Pierre sur cette grave question.