Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Actes des Apôtres 27
Écouter
Crédits
Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :
- aucune utilisation commerciale ;
- aucune modification du contenu des fichiers ;
- paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.
Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.
Lorsqu’il eut été décidé que nous irions par mer en Italie, on remit Paul et quelques autres prisonniers à un centurion nommé Julius, de la cohorte Augusta.
Nous montâmes sur un vaisseau d’Adramytte qui devait longer les côtes de l’Asie, et nous levâmes l’ancre, ayant avec nous Aristarque, Macédonien de Thessalonique.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 19, 29 ; 20, 4. ― D'Adrumette, port de mer de la Mysie (Asie Mineure), près de la rivière du Caïque. ― Aristarque. Voir Actes des Apôtres, 19, 29.
Le jour suivant, nous abordâmes à Sidon ; et Julius, qui traitait Paul avec bienveillance, lui permit d’aller chez ses amis et de recevoir leurs soins.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A Sidon, ville de la Phénicie, au sud de Tyr. ― D'aller chez ses amis, naturellement sous la garde d'un soldat.
Étant partis de là, nous côtoyâmes l’île de Chypre, parce que les vents étaient contraires.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De Chypre. Voir Actes des Apôtres, 11, 19.
Après avoir traversé la mer qui baigne la Cilicie et la Pamphylie, nous arrivâmes à Myre, en Lycie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La mer de Cilicie et de Pamphylie est comprise entre l'île de Chypre et le littoral de l'Asie Mineure. ― Lystre, ville de Lycie. Le texte grec lit Myre, au lieu de Lystre qui était en Lycaonie, non en Lycie. Myre, que devait illustrer plus tard son évêque saint Nicolas, est en effet une ville de Lycie, en Asie Mineure, entre la Carie et la Pamphylie. Cette ville était un port de mer, à l'est de Patare.
Le centurion y ayant trouvé un navire d’Alexandrie qui faisait voile pour l’Italie, il nous y fit monter.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un navire d'Alexandrie (port de mer d'Egypte) avait été poussé à Myre par les vents contraires (verset 4). On pouvait aller en un jour de Myre à Cnide.
Pendant plusieurs jours nous navigâmes lentement, et ce ne fut pas sans difficulté que nous arrivâmes à la hauteur de Cnide, où le vent ne nous permit pas d’aborder. Nous passâmes au-dessous de l’île de Crète, du côté de Salmoné,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Devant Cnide, presqu'île et ville du même nom sur la côte de la Carie, entre l'île de Cos et celle de Rhodes. ― La Crète, île au sud ouest de Cnide. Le vent ayant empêché d'aborder à Cnide, le vaisseau aurait dû passer au nord de la Crète, mais à cause du temps, il alla passer au sud de l'île. ― Salmone est un promontoire à l'extrémité orientale de la Crète.
et longeant la côte avec peine, nous arrivâmes à un lieu nommé Bons-Ports, près duquel était la ville de Laséa.
Un temps assez long s’était écoulé et la navigation devenait dangereuse, car l’époque du jeûne était déjà passée. Paul fit des représentations à l’équipage :
« Mes amis, leur dit-il, je vois que la navigation ne pourra se faire sans danger et sans de graves dommages, non seulement pour la cargaison et le navire, mais encore pour nos personnes. »
Commentaire (versets 9 à 10) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 9 à 10 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Les consolait, etc. ; les encourageait tout en les avertissant du danger qu'ils couraient pour leur vie. Le grec porte, en effet, conseiller, exhorter, etc. ― Du jeûne du Pardon (Kippour), ou de la fête des Expiations, qui avait lieu au commencement d'octobre. Passé cette date, les voyages maritimes devenaient dangereux ; on fermait alors la navigation, pour la rouvrir au mois de mars.
Mais le centurion avait plus de confiance en ce que disait le pilote et le patron du navire, que dans les paroles de Paul.
Et comme le port n’était pas bon pour hiverner, la plupart furent d’avis de reprendre la mer et de tâcher d’atteindre, pour y passer l’hiver, Phénice, port de Crète qui regarde l’Africus et le Corus.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Phénice, port de Crète, au sud-ouest de l'île, probablement le Lutro actuel, protégé par des rochers contre les vents du sud-ouest, l'Africus, et du nord-ouest, le Corus.
Un léger vent du sud vint à souffler ; se croyant maîtres d’exécuter leur dessein, ils levèrent l’ancre et rasèrent plus près les côtes de Crète.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Asson. Il y a bien en Crète un village d'Assos, mais ce n'est pas un port de mer. D'après l'interprétation commune, le traducteur latin a pris pour un nom propre un mot grec qui est en réalité un adverbe, asson, plus près, et il faut traduire : ayant levé l'ancre, ils longèrent la terre, la côte de Crète, de très près.
Mais bientôt un vent impétueux, nommé Euraquilon, se déchaîna sur l’île.
Le navire fut entraîné, sans pouvoir lutter contre l’ouragan, et nous nous laissâmes aller à la dérive.
Commentaire (versets 14 à 15) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 14 à 15 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Le vaisseau se dirigeait vers l'ouest. Après avoir doublé le cap Littino, il naviguait en sécurité dans la baie de Massara, lorsqu'il s'éleva un vent de typhon ou produisant des tourbillons, d'entre l'est et le nord ; la violence de ce vent emporta le navire sans qu'il fût possible d'y résister.
Nous passâmes rapidement au-dessous d’une petite île, nommée Cauda, et nous eûmes beaucoup de peine à remonter la chaloupe.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le navire fut ainsi poussé au-dessous d'une île qui est appelée Cauda, aujourd'hui Gaudo, au sud de la Crète.
Quand on l’eut hissée, les matelots, ayant recours à tous les moyens de salut, ceintrèrent le navire, et dans la crainte d’échouer sur la Syrte, ils abattirent la voilure et se laissèrent aller.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lièrent ; littéralement ceignirent ; c'est-à-dire qu'ils firent au vaisseau comme une ceinture en le liant de bas en haut avec des câbles, afin d'ne consolider les flancs. ― En se faisant aider, autrement : En employant toutes sortes de moyens, comme les cordes, les crochets, etc. ; mais la première traduction paraît mieux fondée. ― Il y a deux syrtes ou bancs de sable sur la côte septentrionale de l'Afrique, la grande et la petite ; c'est de la dernière qu'il est ici question.
Comme nous étions violemment battus par la tempête, on jeta le lendemain la cargaison à la mer,
et le jour suivant nous y lançâmes de nos propres mains les agrès du navire.
Pendant plusieurs jours, ni le soleil ni les étoiles ne se montrèrent, et la tempête continuait de sévir avec violence : tout espoir de salut s’était évanoui.
Depuis longtemps personne n’avait mangé. Paul, se levant alors au milieu d’eux, leur dit : « Vous auriez dû m’écouter, mes amis, ne point partir de Crète, et vous épargner ce péril et ce dommage.
Cependant je vous exhorte à prendre courage, car aucun de vous ne perdra la vie ; le vaisseau seul sera perdu.
Cette nuit même un ange de Dieu à qui j’appartiens et que je sers, m’est apparu,
et m’a dit : Paul, ne crains point ; il faut que tu comparaisses devant César, et voici que Dieu t’a donné tous ceux qui naviguent avec toi.
Courage donc, mes amis ; car j’ai confiance en Dieu qu’il en sera comme il m’a été dit.
Nous devons échouer sur une île. »
La quatorzième nuit, comme nous étions ballottés dans l’Adriatique, les matelots soupçonnèrent, vers le milieu de la nuit, qu’on approchait de quelque terre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans l'Adriatique. Les anciens appliquaient ordinairement ce nom à la mer Ionienne, entre la Grèce et l'Italie méridionale.
Jetant aussitôt la sonde, ils trouvèrent vingt brasses ; un peu plus loin, il la jetèrent de nouveau, et en trouvèrent quinze.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Brasses. La brasse a la longueur des deux bras étendus ; elle valait de cinq à six pieds grecs.
Dans la crainte de heurter contre des récifs, ils jetèrent quatre ancres de la poupe, et attendirent le jour avec impatience.
Mais comme les matelots cherchaient à s’échapper du navire, et que déjà, sous prétexte d’aller jeter des ancres du côté de la proue, ils avaient mis la chaloupe à flot,
Paul dit au centurion et aux soldats : « Si ces hommes ne restent pas dans le navire, vous êtes tous perdus. »
Alors les soldats coupèrent les amarres de la chaloupe, et la laissèrent tomber.
En attendant le jour, Paul exhorta tout le monde à prendre de la nourriture : « Voici, leur dit-il, le quatorzième jour que, remplis d’anxiété, vous restez à jeun sans rien prendre.
Je vous engage donc à manger, car cela importe à votre salut ; aucun de vous ne perdra un cheveu de sa tête. »
Ayant ainsi parlé, il prit du pain, et après avoir rendu grâces à Dieu devant tous, il le rompit et se mit à manger.
Et tous, reprenant courage, mangèrent aussi.
Nous étions en tout, sur le bâtiment, deux cent soixante-seize personnes.
Quand ils eurent mangés suffisamment, ils allégèrent le navire en jetant les provisions à la mer.
Le jour étant venu, ils ne reconnurent pas la côte ; mais ayant aperçu une baie qui avait une plage de sable, ils résolurent de faire échouer le navire, s’ils le pouvaient.
On coupa donc les amarres des ancres, qu’on abandonna à la mer ; on lâcha en même temps les attaches des gouvernails, on mit au vent la voile d’artimon et on se dirigea vers la plage.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L'artimon ; d'autres traduisent voile du perroquet ou de misaine : petit mât arboré sur les hunes des autres mâts, et dont la voile sert moins à mouvoir qu'à diriger le navire.
Mais ayant touché sur une langue de terre, ils y échouèrent ; la proue s’enfonça et resta immobile, tandis que la poupe se disloquait sous la violence des vagues.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Corinthiens, 11, 25.
Les soldats furent d’avis de tuer les prisonniers, de peur que quelqu’un d’entre eux ne s’échappât à la nage.
Mais le centurion, qui voulait sauver Paul, les empêcha d’exécuter leur dessein. Il ordonna à ceux qui savaient nager de se jeter à l’eau les premiers et de gagner la terre,
et aux autres de se mettre sur des planches ou sur des débris du vaisseau. Et ainsi tous atteignirent le rivage sains et saufs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La cohorte Augusta dont Julius était centurion, était composée probablement des hommes appelés Augustani, qu'on a supposé être les mêmes que les vétérans formant la garde du corps des empereurs. Le départ de saint Paul eut lieu l'an 60.