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Actes des Apôtres 20
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Lorsque le tumulte eut cessé, Paul réunit les disciples, prit congé d’eux et partit pour la Macédoine.
Il parcourut cette contrée, en adressant aux disciples de nombreux exhortations, et se rendit en Grèce,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En Grèce, par opposition à la Macédoine. La Grèce signifie ici la même chose qu'Achaïe dans le reste des Actes. Voir Actes des Apôtres, 18, 12.
où il passa trois mois. Il se disposait à faire voile pour la Syrie, quand les Juifs lui dressèrent des embûches. Alors il se décida à reprendre la route de Macédoine.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En Syrie. Voir Matthieu, 4, 24.
Il avait pour l’accompagner jusqu’en Asie, Sopater de Bérée, fils de Pyrrhus, Aristarque et Secundus de Thessalonique ; Gaius de Derbé, Timothée, Tychique et Trophime d’Asie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sopater, probablement le même que Sosipatre, parent de saint Paul, voir Romains, 16, 21. ― Aristarque. Voir Actes des Apôtres, 19, 29. ― Second. Ce personnage, qui porte un nom latin, est inconnu, de même que Gaïus de Derbe. ― Timothée. Voir l'introduction aux Epîtres pastorales. ― Tychique, peut-être originaire d'Ephèse, fut probablement le même qui porta les Epîtres de saint Paul aux églises d'Ephèse et de Colosses (voir Ephésiens, 6, 21 ; Colossiens, 4, 7). On croît qu'il accompagna Titus et Trophime dans la mission de Corinthe mentionnée dans 2 Corinthiens, 8, 16-24. ― Trophime. « Ce Trophime est l'évêque que l'Eglise d'Arles honore comme son apôtre. Il était d'Ephèse et Gentil d'origine. Après avoir suivi saint Paul à Jérusalem, il paraît l'avoir rejoint à Rome, puis accompagné dans ses dernières missions. La seconde Epître à Timothée nous le montre retenu à Milet par la maladie, durant la dernière captivité de l'Apôtre ; mais, d'après la tradition, il n'aurait guère tardé à repasser, comme saint Crescent, de l'Orient dans les Gaules. S'étant fixé à Arles, il prêcha l'Evangile avec zèle, et cultiva avec tant de soin le champ qui lui avait été assigné, que de là, comme d'une source abondante, les ruisseaux de la foi se répandirent dans la France entière. » Ces paroles du Martyrologe romain, 29 décembre, empruntées de la première Epître de saint Zozime (417), indiquent l'existence d'une tradition, attestée quelques années plus tard (450), plus d'un siècle avant saint Grégoire de Tours, par tous les évêques de la province de Vienne. » (L. BACUEZ.)
Ceux-ci prirent les devants et nous attendirent à Troas.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A Troas. Voir Actes des Apôtres, 16, 8.
Pour nous, après les jours des Azymes, nous nous embarquâmes à Philippes, et au bout de cinq jours nous les rejoignîmes à Troas, où nous passâmes sept jours.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Après les jours des azymes. Voir Matthieu, 26, 17. ― A Philippes. Voir Actes des Apôtres, 16, 12.
Le premier jour de la semaine, comme nous étions assemblés pour la fraction du pain, Paul, qui devait partir le lendemain, s’entretint avec les disciples, et prolongea son discours jusqu’à minuit.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le premier jour de la semaine, le dimanche.
Il y avait beaucoup de lampes dans la salle haute où nous étions assemblés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cénacle, hyperôon, voir Marc, 2, 4.
Or un jeune homme, nommé Eutyque, était assis sur le bord de la fenêtre. Pendant le long discours de Paul, il s’endormit profondément, et, sous le poids du sommeil, il tomba du troisième en bas ; on le releva mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Eutyque. Ce nom signifie fortuné.
Mais Paul, étant descendu, se pencha sur lui et le prit dans ses bras, en disant : « Ne vous troublez pas, car son âme est en lui. »
Puis étant remonté, il rompit le pain et mangea, et il parla longtemps encore, jusqu’au jour ; après quoi, il partit.
Quant au jeune homme, on le ramena vivant, ce qui fut le sujet d’une grande consolation.
Pour nous, prenant les devants par mer, nous fîmes voile pour Assos, où nous devions reprendre Paul ; c’est ainsi qu’il l’avait ordonné ; car il devait faire le voyage à pied.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Asson ou Assos, port de mer de Mysie, vis-à-vis et au nord de l'île de Lesbos, à neuf milles romains de la ville de Troas.
Quand il nous eut rejoints à Assos, nous le prîmes à bord, et nous gagnâmes Mytilène.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mitylène, capitale de Lesbos, au sud de l'île, dans la mer Egée, aujourd'hui Metelin, autrefois célèbre par sa beauté, sa richesse et la culture littéraire de ses habitants.
De là, continuant par la mer, nous arrivâmes le lendemain à la hauteur de Chio. Le jour suivant, nous cinglâmes vers Samos, et, [après avoir passé la nuit à Trogylle], nous arrivâmes le lendemain à Milet.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Devant Chio, île de la mer Egée, entre Lesbos et Samos, près de la Lydie. ― A Samos, île de la mer Egée, non loin du continent et d'Ephèse. ― A Milet, au sud d'Ephèse, ancienne capitale de l'Ionie, près de l'embouchure du Méandre, aujourd'hui complètement ruinée. Elle avait quatre ports et fonda un grand nombre de colonies.
Paul avait résolu de passer devant Éphèse sans s’y arrêter, afin de ne pas perdre de temps en Asie. Car il se hâtait pour se trouver, s’il était possible, à Jérusalem, le jour de la Pentecôte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En Asie. Dans l'Asie proconsulaire. Voir Actes des Apôtres, 16, 6.
Or, de Milet, Paul envoya à Éphèse pour faire venir les Anciens de cette Église.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les anciens de l'Eglise. Ce nom est commun aux prêtres et aux évêques (verset 28). Il désignait en général les chefs d'une communauté, chargés de l'instruire, de la diriger, d'administrer les sacrements, etc. sans désignation de rang ou d'ordre hiérarchique (Beelen). Saint Irénée pense que l'Apôtre fit venir non seulement l'évêque d'Ephèse et les prêtres de cette Eglise, mais aussi ceux des Eglises voisines.
Lorsqu’ils furent réunis autour de lui, il leur dit : « Vous savez comment, depuis le premier jour que j’ai mis le pied en Asie, je me suis toujours comporté avec vous,
servant le Seigneur en toute humilité, au milieu des larmes et des épreuves que me suscitaient les embûches des Juifs ;
comment je ne vous ai rien caché de ce qui vous était avantageux, ne manquant pas de prêcher et de vous instruire en public et dans les maisons particulières ;
annonçant aux Juifs et aux Gentils le retour à Dieu par la pénitence et la foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Et maintenant voici que, lié par l’Esprit, je vais à Jérusalem, sans savoir ce qui doit m’arriver ;
si ce n’est que de ville en ville l’Esprit-Saint m’assure que des chaînes et des persécutions m’attendent.
Mais je n’en tiens aucun compte, et je n’attache pour moi-même aucun prix à la vie, pourvu que je consomme ma course et que j’accomplisse le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus, d’annoncer la bonne nouvelle de la grâce de Dieu.
Oui, je sais que vous ne verrez plus mon visage, ô vous tous parmi lesquels j’ai passé en prêchant le royaume de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Saint Paul pensait qu'il ne reviendrait plus à Milet ; mais on voit dans ses Epîtres qu'il forma depuis le dessein de retourner en Asie ; et il paraît qu'en effet il y retourna.
C’est pourquoi je vous atteste aujourd’hui que je suis pur du sang de tous ;
car je vous ai annoncé tout le dessein de Dieu, sans vous en rien cacher.
Prenez donc garde à vous-mêmes et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Église du Seigneur, qu’il s’est acquise par son propre sang.
Moi, je sais en effet qu’après mon départ, il s’introduira parmi vous des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau.
Et même il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des doctrines perverses pour entraîner les disciples après eux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des hommes : saint Paul a en vue les gnostiques.
Veillez donc, vous souvenant que, durant trois années, je n’ai cessé nuit et jour d’exhorter avec larmes chacun de vous.
Et maintenant je vous recommande à Dieu, et à la parole de sa grâce, à celui qui peut achever l’édifice et vous donner l’héritage avec tous les sanctifiés.
Je n’ai désiré ni l’argent, ni l’or, ni le vêtement de personne.
Vous savez vous-mêmes que ces mains ont pourvu à mes besoins et à ceux des personnes qui étaient avec moi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Corinthiens, 4, 12 ; 1 Thessaloniciens, 2, 9 ; 2 Thessaloniciens, 3, 8. ― Ces mains y ont pourvu en fabriquant des tentes. Voir Actes des Apôtres, 18, 2.
Je vous ai montré de toutes manières que c’est en travaillant ainsi qu’il faut soutenir les faibles, et se rappeler la parole du Seigneur Jésus, qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Soutenir les faibles ; d'autres traduisent secourir les pauvres. ― Il est plus heureux, etc. Ces paroles ne se trouvent pas dans l'Evangile ; saint Paul les avait apprises par la tradition des autres Apôtres.
Après avoir ainsi parlé, il se mit à genoux et pria avec eux tous.
Ils fondaient tous en larmes, en se jetant au cou de Paul, ils le baisaient,
affligés surtout de ce qu’il avait dit : « Vous ne verrez plus mon visage. » Et ils l’accompagnèrent jusqu’au navire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En se retirant, Paul ne cède pas à un sentiment de crainte et de pusillanimité personnelle, mais il agit très sagement ; il évite par là que Démétrius et les ouvriers ne se jettent sur tous les chrétiens et ne les immolent à leur fureur. C'est ainsi qu'en a usé plus tard saint Athanase dans ses démêlés avec les Ariens. ― En macédoine. Voir Actes des Apôtres, 16, 8.