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Actes des Apôtres 2
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils étaient tous ensemble en un même lieu.
Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d’un vent qui souffle avec force et il remplit toute la maison où ils étaient assis.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Toute la maison. On croit communément que les Apôtres étaient dans le cénacle.
Et ils virent paraître comme des langues de feu qui se partagèrent et se posèrent sur chacun d’eux.
Ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils se mirent à parler d’autres langues, selon que l’Esprit-Saint leur donnait de s’exprimer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 3, 11 ; Marc, 1, 8 ; Luc, 3, 16 ; Jean, 7, 39 ; Actes des Apôtres, 1, 8 ; 11, 16 ; 19, 6.
Or, parmi les Juifs résidant à Jérusalem, il y avait des hommes pieux de toutes les nations qui sont sous le ciel.
Au bruit qui se fit entendre, ils accoururent en foule, et ils étaient tout hors d’eux-mêmes, de ce que chacun les entendait parler sa propre langue.
Surpris et étonnés, il disaient : « Ces gens qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ?
Comment se fait-il que nous les entendions parler chacun l’idiome particulier de notre pays natal ?
Nous tous, Parthes, Mèdes, Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de l’Asie,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les quinze peuples énumérés ici et versets 10-11 doivent s'entendre des Juifs habitant au milieu d'eux. Les premiers nommés sont à l'est de la Judée ; de là saint Luc passe au nord, puis au sud et enfin à l'ouest. ― Parthes. La Parthie était une province d'Asie, bornée à l'est par l'Ariane, au nord par l'Hyrcanie, à l'ouest par la Médie et au sud par les déserts de la Carmanie. ― Mèdes. La Médie, située aussi en Asie et confinant à l'est à la Parthie, était de plus limitrophe, de ce côté, de l'Hyrcanie et de la Susiane ; au nord elle était limitée par la mer Caspienne, à l'ouest par la Syrie et la grande Arménie et au sud par la Perse. Elle avait pour capitale Ecbatane. ― La Mésopotamie est la région de l'Asie située entre les deux fleuves de l'Euphrate et du Tigre, d'où son nom qui signifie en grec : au milieu des fleuves. Les Juifs y étaient très nombreux. ― La Cappadoce, dans l'Asie Mineure, était bornée, dans l'empire romain, à l'est par la petite Arménie, au nord par le Pont, à l'ouest par la Galatie et la Lycaonie, au sud par la Cilicie et la Commagène. ― Le Pont, aussi en Asie Mineure, avait pour frontières à l'est la petite Arménie ; au nord, le Pont-Euxin ; à l'ouest, la Paphlagonie et la Galatie ; au sud, la Cappadoce et la petite Arménie. ― L'Asie. Ce nom, dans la division administrative de l'empire romain, désignait l'Asie proconsulaire, c'est-à-dire la Mysie, la Lydie, la Carie et la Phrygie et comprenait la plus grande partie de l'Asie Mineure orientale. La Phrygie est nommée séparément dans le verset 10 à cause de son importance.
de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et des contrées de la Lybie voisine de Cyrène, Romains de passage ici,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La Phrygie avait pour limites à l'est et au nord la Galatie ; au sud-est, la Lycaonie ; au nord-ouest, la Pisidie ; à l'ouest, la Lydie et la Mysie ; au nord-ouest et au nord, la Bythinie. Les villes phrygiennes mentionnées dans les Actes des Apôtres sont Laodicée, Hiérapolis et Colosses. ― La Pamphylie était au sud de la Pisidie, à l'ouest de la Cilicie, au nord de la mer Méditerranée et à l'est de la Lycie et de la Phrygie mineure. ― Les contrées de la Libye voisine de Cyrène. La Libye, vaste région de l'Afrique septentrionale, à l'ouest de l'Egypte, renfermait la Cyrénaïque, qui tirait son nom de la ville de Cyrène et où les Juifs étaient très nombreux. Cyrène était à onze milles romains de la Méditerranée. Les Juifs y avaient été établis par Ptolémée Ier, roi d'Egypte.
soit Juifs, soit prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons annoncer dans nos langues les merveilles de Dieu. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Prosélytes ; gentils convertis au judaïsme. ― Juifs et prosélytes. Ces mots s'appliquent aux deux classes d'étrangers venus de Rome, les uns étant juifs d'origine, les autres païens de naissance. ― Crétois, habitants de l'île de Crète, dans l'archipel, aujourd'hui Candie. ― Arabes, habitants de la péninsule de l'Arabie. Parmi les auditeurs des Apôtres, les Parthes, les Mèdes et les Elamites devaient parler des dialectes de la langue persane ; l'araméen était la langue de la Mésopotamie, analogue à celle de la Judée ; l'arabe était l'idiome de l'Arabie ; les habitants de la Cappadoce, du Pont, de la province d'Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Egypte, de la Cyrénaïque et de la Crète parlaient grec ; ceux de Rome latin et grec.
Ils étaient tous dans l’étonnement, et, ne sachant que penser, ils se disaient les uns aux autres : « Qu’est-ce que cela pourrait bien être ? »
D’autres disaient en se moquant : « Ils sont pleins de vin nouveau. »
Alors Pierre, se présentant avec les Onze, éleva la voix et leur dit : « Juifs, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, sachez bien ceci, et prêtez l’oreille à mes paroles :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Hommes de Judée : Juifs de naissance.
Ces hommes ne sont pas ivres, comme vous le supposez, car c’est la troisième heure du jour.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La troisième heure du jour ; c'est-à-dire neuf heures du matin. Aux jours de fêtes, les Juifs ne mangeaient qu'après les prières du matin finies, vers midi.
Ce que vous voyez, c’est ce qui a été annoncé par le prophète Joël :
« Dans les derniers jours, dit le Seigneur, je répandrai de mon Esprit sur toute chair, et vos fils ainsi que vos filles prophétiseront, et vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards des songes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 44, 3 ; Joël, 2, 28. ― Sur toute chair. Voir Matthieu, 24, 22.
Oui, dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit sur mes serviteurs et sur mes servantes, et ils prophétiseront.
Et je ferai paraître des prodiges en haut dans le ciel, et des miracles en bas sur la terre : du sang, du feu, et des tourbillons de fumée ;
le soleil se changera en ténèbres, et la lune en sang, avant que vienne le jour du Seigneur, le jour grand et glorieux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le soleil s'obscurcira, la lune deviendra couleur de sang : images de grandes calamités. ― Grand et manifeste… Grand et terrible : c'est le sens de l'hébreu. En grec : éclatant, glorieux.
Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. —
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Joël, 2, 32 ; Romains, 10, 13.
Enfants d’Israël, écoutez ces paroles : Jésus de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage pour vous par les prodiges, les miracles et les signes qu’il a opérés par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes ;
cet homme ayant été livré selon le dessein immuable et la prescience de Dieu, vous l’avez attaché à la croix et mis à mort par la main des impies.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dieu a livré son Fils, et son Fils s'est livré lui-même à cause de son amour pour nous. Ainsi le sacrifice de Jésus-Christ livré pour nous a été saint, et la décision de Dieu même. Mais ceux qui le trahirent et le crucifièrent commirent un grand crime, suivant en cela leur propre malice et l'instigation du démon, et non la volonté et l'ordre de Dieu, qui n'était nullement l'auteur de leur perversité, bien qu'il le permît, parce qu'il pouvait, comme il le fit réellement, en tirer un si grand bien, c'est-à-dire notre salut. ― Livré par Judas. ― Des méchants, des impies et des païens (Pilate et les Romains) : Pierre ménage les Juifs, qu'il veut gagner à Jésus-Christ.
Dieu l’a ressuscité, en le délivrant des douleurs de la mort, parce qu’il n’était pas possible qu’il fût retenu par elle.
Car David dit de lui : « J’avais continuellement le Seigneur devant moi, parce qu’il est à ma droite, afin que je ne sois point ébranlé.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 15, 8.
C’est pourquoi mon cœur est dans la joie, et ma langue dans l’allégresse, et ma chair aussi reposera dans l’espérance ;
car vous ne laisserez pas mon âme dans le séjour des morts, et vous ne permettrez pas que votre Saint voie la corruption.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans l'enfer ; c'est-à-dire dans les limbes, et nullement dans le tombeau, comme quelques-uns le prétendent. ― Voie la corruption ; hébraïsme, pour éprouve la corruption.
Vous m’avez fait connaître les sentiers de la vie, et vous me remplirez de joie en me montrant votre visage. »
Mes frères, qu’il me soit permis de vous dire en toute franchise, au sujet du patriarche David, qu’il est mort, qu’il a été enseveli, et que son sépulcre est encore aujourd’hui parmi nous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Rois, 2, 10. ― Au milieu de nous, dans Jérusalem.
Comme il était prophète, et qu’il savait que Dieu lui avait promis avec serment de faire asseoir sur son trône un fils de son sang,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 131, 91.
c’est la résurrection du Christ qu’il a vue d’avance, en disant que son âme ne serait pas laissée dans le séjour des morts, et que sa chair ne verrait pas la corruption.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 15, 10 ; Actes des Apôtres, 13, 35.
C’est ce Jésus que Dieu a ressuscité ; nous en sommes tous témoins.
Et maintenant qu’il a été élevé au ciel par la droite de Dieu, et qu’il a reçu du Père la promesse du Saint-Esprit, il a répandu cet Esprit que vous voyez et entendez.
Car David n’est pas monté au ciel ; mais il a dit lui-même : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 109, 1.
jusqu’à ce que je fasse de vos ennemis l’escabeau de vos pieds. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L'escabeau de vos pieds. Voir Matthieu, 22, 44.
Que toute la maison d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié. »
Le cœur transpercé par ce discours, ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : « Frères, que ferons-nous ? »
Pierre leur répondit : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour obtenir le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Soit baptisé au nom de Jésus-Christ ; c'est-à-dire du baptême de Jésus-Christ et non de celui de saint Jean-Baptiste ; du baptême qui, tirant sa vertu de Jésus-Christ, remet les péchés par lui-même. Ainsi ce texte ne prouve nullement que dans la primitive Eglise on baptisât seulement en invoquant le nom de Jésus-Christ, sans faire mention des autres personnes de la Trinité.
Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. »
Et par beaucoup d’autres paroles il les pressait et les exhortait en disant : « Sauvez-vous du milieu de cette génération perverse. »
Ceux qui reçurent la parole de Pierre furent baptisés ; et ce jour-là le nombre des disciples s’augmenta de trois mille personnes environ.
Ils étaient assidus aux prédications des Apôtres, aux réunions communes, à la fraction du pain et aux prières.
Et la crainte était dans toutes les âmes, et beaucoup de prodiges et de miracles se faisaient par les Apôtres.
Tous ceux qui croyaient vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tout en commun : cette communauté de bien n'exista que dans l'Eglise naissante de Jérusalem, et encore n'était-t-elle pas aussi absolue que ces mots semblent l'indiquer (voir Actes des Apôtres, 4, 32).
Ils vendaient leurs terres et leurs biens, et ils en partageaient le prix entre tous, selon les besoins de chacun.
Chaque jour, tous ensemble, ils fréquentaient le temple, et, rompant leur pain dans leurs maisons, ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité,
louant Dieu et ayant la faveur de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour au nombre de ceux qui étaient dans la voie du salut. A. — Premiers développements de l’Église de Jérusalem. [III, 1 — V, 11.]
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pentecôte est un mot grec qui signifie cinquantième, parce que la fête que nous appelons ainsi se célèbre le cinquantième jour après Pâques. C'était la seconde grande fête juive et elle avait pour objet de remercier Dieu à la fin de la moisson du bienfait de la récolte.