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Actes des Apôtres 17

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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Ayant ensuite traversé Amphipolis et Apollonie, Paul et Silas arrivèrent à Thessalonique, où était la synagogue des Juifs.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Amphipolis, ville de Macédoine sur le Strymon, qui l'entourait, colonie athénienne, métropole sous les Romains de la première subdivision de la Macédoine. ― Apollonie, autre ville de Macédoine, dans le district de Mydonie, dédiée à Apollon, d'où elle tirait son nom. Elle était située entre Amphipolis et Thessalonique, à trente milles romains de la première et à trente-six milles de la seconde. ― Thessalonique, métropole de la seconde partie de la Macédoine, port de mer sur le golfe Thermaïque, ville très peuplée et très florissante au temps de saint Paul. Elle tirait son nom de Thessalonica, sœur d'Alexandre-le-Grand et femme de Cassandre, qui l'avait bâtie.

Selon sa coutume, Paul y entra, et pendant trois sabbats, il discuta avec eux. Partant des Écritures,

il expliquait et établissait que le Messie avait dû souffrir et ressusciter des morts ; et « ce Messie, disait-il, c’est le Christ Jésus que je vous annonce. »

Quelques Juifs furent persuadés, et ils se joignirent à Paul et à Silas, ainsi qu’une grande multitude de gentils craignant Dieu, et un assez grand nombre de femmes du premier rang.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Silas. Voir Actes des Apôtres, 15, 22.

Mais les Juifs, piqués de jalousie, enrôlèrent quelques mauvais sujets de la lie du peuple, provoquèrent des attroupements, et répandirent l’agitation dans la ville. Puis, s’étant précipités vers la maison de Jason, ils cherchèrent Paul et Silas pour les amener devant le peuple.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jason était probablement le parent de saint Paul mentionné dans Romains, 16, 21.

Ne les ayant pas trouvés, ils traînèrent Jason et quelques frères devant les politarques, en criant : « Ces hommes qui ont bouleversé le monde sont aussi venus ici,

et Jason les a reçus. Ils sont tous en contravention avec les édits de César, disant qu’il y a un autre roi, Jésus. »

Ils mirent ainsi en émoi le peuple et les politarques qui les écoutaient.

Et ce ne fut qu’après avoir reçu une caution de Jason et des autres qu’ils les laissèrent aller.

Les frères, sans perdre de temps, firent partir de nuit Paul et Silas pour Bérée. Quand ils furent arrivés dans cette ville, ils se rendirent à la synagogue des Juifs.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bérée, ville de la troisième subdivision de la Macédoine, non loin de Pella, au pied du mont Bermius. Sosipatre, qui fut un des compagnons de saint Paul, était de Bérée, s'il est le même que Sopater d'Actes des Apôtres, 20, 4, comme cela est probable.

Ces derniers avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique ; ils reçurent la parole avec beaucoup d’empressement, examinant chaque jour les Écritures, pour voir si ce qu’on leur enseignait était exact.

Beaucoup d’entre eux, et, parmi les Grecs, des femmes de qualité et des hommes en grand nombre, embrassèrent la foi.

Mais quand les Juifs de Thessalonique surent que Paul annonçait aussi à Bérée la parole de Dieu, ils vinrent encore y agiter la population.

Alors les frères firent sur-le-champ partir Paul jusqu’à la mer ; mais Silas et Timothée restèrent à Bérée.

Ceux qui conduisaient Paul l’accompagnèrent jusqu’à Athènes ; puis, chargés de mander à Silas et à Timothée de venir le rejoindre au plus tôt, ils s’en retournèrent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Athènes, la célèbre ville de l'Attique, faisait partie du temps de saint Paul de la province romain d'Achaïe ; mais c'était une ville libre, jouissant à ce titre de beaucoup de privilèges et en particulier de celui de diriger elle-même ses affaires intérieures. Il y avait à Athènes quatre collines, dont trois, au nord, formaient une espèce de demi-cercle : l'Acropole, à l'est, rocher d'environ 45 mètres de hauteur ; à l'ouest, l'Aréopage ou colline de Mars (Arès), moins élevé que l'Acropole, et ensuite le Pnyx où se tenaient les assemblées du peuple. La quatrième colline, appelée le Muséum, était au sud. L'agora ou place publique (verset 17) qui servait de lieu de réunion et de marché était dans la vallée entre les quatre éminences. Saint Paul fut pris de l'agora pour être conduit sur la colline de l'Aréopage (verset 19) où le grand tribunal auquel la colline donnait son nom tenait ses séances. Saint Paul est conduit sur la colline de l'Aréopage (non devant le tribunal pour y être jugé) afin d'exposer sa doctrine devant la multitude. Ces faits se passaient en l'an 53.

Pendant que Paul les attendait à Athènes, il sentait en son âme une vive indignation au spectacle de cette ville pleine d’idoles.

Il discutait donc dans la synagogue avec les Juifs et les hommes craignant Dieu, et tous les jours dans l’Agora avec ceux qu’il rencontrait.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Prosélytes. Voir Actes des Apôtres, 2, 11.

Or quelques philosophes épicuriens et stoïciens ayant conféré avec lui, les uns disaient : « Que nous veut ce semeur de paroles ? » D’autres, l’entendant prêcher Jésus et la résurrection, disaient : « Il paraît qu’il vient nous annoncer des divinités étrangères. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des dieux ; littéralement : des démons. Mais, sous le nom de démons, les Grecs entendaient des dieux à leur manière. ― Quelques philosophes épicuriens et stoïciens. Les Epicuriens (disciples d'Epicure, né à Samos (341-270 avant Jésus-Christ), mais d'origine athénienne et ayant passé la plus grande partie de sa vie à Athènes), faisaient consister le bien moral dans le plaisir et croyaient que les dieux ne s'occupaient pas des hommes. Leur doctrine était donc en opposition complète avec l'Evangile. Les Stoïciens, ainsi appelés du portique (stoa en grec) où leur fondateur Zénon (IVe siècle avant Jésus-Christ) enseignait à Athènes, faisaient consister la sagesse dans la résignation et le mépris de la douleur. Leur enseignement favorisait l'orgueil et était ainsi en contradiction avec le christianisme.

Et l’ayant pris avec eux, ils le menèrent sur l’Aréopage, disant : « Pourrions-nous savoir quelle est cette nouvelle doctrine que tu enseignes ?

Car tu nous fais entendre des choses étranges ; nous voudrions donc savoir ce qu’il en est. »

Or tous les Athéniens et les étrangers établis dans la ville ne passaient leur temps qu’à dire ou à écouter des nouvelles.

Paul, debout au milieu de l’Aréopage, parla ainsi : « Athéniens, je constate qu’à tous égards vous êtes éminemment religieux.

Car lorsqu’en passant je regardais les objets de votre culte, j’ai trouvé même un autel avec cette inscription : AU DIEU INCONNU. Celui que vous adorez sans le connaître, je viens vous l’annoncer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pausanias, dans sa description d'Athènes, dit que l'autel au Dieu inconnu était près de Phalère où peut-être saint Paul avait débarqué.

Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qu’il renferme, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite point dans des temples faits de main d’homme ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 1, 1 ; Actes des Apôtres, 7, 48. ― La divinité n'est point renfermée dans les temples, comme en ayant besoin pour sa demeure, ou pour d'autres usages, ainsi que les païens le croyaient. Mais, comme elle est présente en tout lieu, elle se trouve là, comme ailleurs.

il n’est point servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quelque chose, lui qui donne à tous la vie, le souffle et toutes choses.

D’un seul homme il a fait sortir tout le genre humain, pour peupler la surface de toute la terre, ayant déterminé pour chaque nation la durée de son existence et les bornes de son domaine,

afin que les hommes le cherchent et le trouvent comme à tâtons : quoiqu’il ne soit pas loin de chacun de nous,

car c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être ; et, comme l’ont dit aussi quelques-uns de vos poètes… de sa race nous sommes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Quelques-uns de vos poètes, Aratus, poète cilicien, compatriote de saint Paul, et Cléante, disciple de Zénon. Ces deux poètes vivaient au troisième siècle avant Jésus-Christ.

Étant donc de la race de Dieu, nous ne devons pas croire que la divinité soit semblable à de l’or, à de l’argent, ou à de la pierre, sculptés par l’art et le génie de l’homme.

Dieu ne tenant pas compte de ces temps d’ignorance, annonce maintenant aux hommes qu’ils aient tous, en tous lieux, à se repentir ;

car il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l’homme qu’il a désigné, et qu’il a accrédité auprès de tous, en le ressuscitant des morts. »

Lorsqu’ils entendirent parler de résurrection des morts, les uns se moquèrent, les autres dirent : « Nous t’entendrons là-dessus une autre fois. »

C’est ainsi que Paul se retira du milieu d’eux.

Quelques personnes néanmoins s’attachèrent à lui et crurent ; de ce nombre furent Denys l’Aréopagite, une femme nommée Damaris, et d’autres avec eux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Denys l'aréopagite, c'est-à-dire juge au tribunal de l'Aréopage, selon la tradition de l'Eglise, devint le premier évêque de Paris et fut martyrisé à Montmartre. ― Damaris. La mention qui est faite ici d'elle prouve qu'elle était de haut rang. On a supposé sans preuve que c'était la femme de Denys l'Aréopagite.