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Actes des Apôtres 5

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Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Mais un homme nommé Ananie, avec Saphire, sa femme, vendit une propriété,

et ayant, de concert avec elle, retenu quelque chose du prix, il en apporta le reste et le mit aux pieds des Apôtres.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ananie, comme on le voit au verset 4, était absolument maître de son argent, et il n'aurait point péché en le gardant chez lui ; mais ce qui l'a rendu coupable d'un crime que Dieu lui-même a jugé digne de mort, c'est d'avoir retenu par avarice une partie de cet argent, en voulant néanmoins se donner en public le mérite de l'avoir tout offert, et ne craignant pas pour cela de mentir à Dieu et aux hommes.

Pierre lui dit : « Ananie, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur au point que tu mentes au Saint-Esprit et que tu retiennes quelque chose du prix de ce champ ?

Ne pouvais-tu pas sans le vendre, en rester possesseur ? et après l’avoir vendu, n’étais-tu pas maître de l’argent ? Comment as-tu pu concevoir un pareil dessein ? Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

N'était-il pas encore en ta puissance, par le prix que tu en avais retiré, et qu'il dépendait de toi de garder ?

En entendant ces paroles, Ananie tomba et expira, et tous ceux qui l’apprirent furent saisis d’une grande crainte.

Les jeunes gens s’étant levés enveloppèrent le corps et l’emportèrent pour l’inhumer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils l'ensevelirent. En Palestine, on enterrait les morts immédiatement après le décès.

Environ trois heures après, la femme d’Ananie entra, sans savoir ce qui était arrivé.

Pierre lui demanda : « Dites-moi, est-ce tel prix que vous avez vendu votre champ ? » — « Oui, répondit-elle, c’est ce prix-là. »

Alors Pierre lui dit : « Comment vous êtes-vous accordés pour tenter l’Esprit du Seigneur ? Voici que le pied des jeunes gens qui ont enterré votre mari heurte le seuil ; ils vont aussi vous porter en terre. »

Au même instant, elle tomba aux pieds de l’Apôtre, et expira. Les jeunes gens étant entrés la trouvèrent morte ; ils l’emportèrent et l’inhumèrent auprès de son mari.

Une grande crainte se répandit dans toute l’Église et parmi tous ceux qui apprirent cet événement.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L'Eglise : c'est la première fois que ce mot paraît dans les Actes des Apôtres avec la signification de société de tous les Fidèles.

Beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient parmi le peuple par les mains des Apôtres. Et ils se tenaient tous ensemble sous le portique de Salomon ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par les mains des Apôtres. Les Hébreux se servaient des mots main, mains pour exprimer les idées de moyen, d'instrument, d'entremise. ― Dans le portique de Salomon. Voir Jean, 10, 23.

aucune autre personne n’osait se joindre à eux, mais le peuple les louait hautement.

Chaque jour voyait s’accroître la multitude d’hommes et de femmes qui croyaient au Seigneur,

en sorte qu’on apportait les malades dans les rues, et qu’on les plaçait sur des lits ou des nattes, afin que, lorsque Pierre passerait, son ombre au moins couvrît quelqu’un d’entre eux.

On venait ainsi en foule des villes voisines à Jérusalem, amenant des malades et des hommes tourmentés par des esprits impurs, et tous étaient guéris.

Alors le grand prêtre et tous ses adhérents, savoir le parti des Sadducéens, se levèrent, remplis de jalousie ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De la secte des sadducéens. Voir Matthieu, note 3.7.

et ayant fait arrêter les Apôtres, ils les jetèrent dans une prison publique.

Mais un ange du Seigneur, ayant ouvert pendant la nuit les portes de la prison, les fit sortir en disant :

« Allez, tenez-vous dans le temple, et annoncez au peuple toutes ces paroles de vie. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L'expression cette vie peut désigner, ou la vie éternelle que les Apôtres prêchaient habituellement dans leurs discours, ou la vie nouvelle, c'est-à-dire la nouvelle religion, le christianisme.

Ce qu’ayant entendu, ils entrèrent dès le matin dans le temple, et se mirent à enseigner. Cependant le grand prêtre et ses adhérents s’étant réunis, assemblèrent le conseil et tous les Anciens des enfants d’Israël, et ils envoyèrent à la prison chercher les Apôtres.

Les satellites allèrent, et ne les ayant pas trouvés dans la prison, ils revinrent et firent leur rapport,

en disant : « Nous avons trouvé la prison soigneusement fermée, et les gardes debout devant les portes ; mais après avoir ouvert, nous n’avons trouvé personne à l’intérieur. »

Quand le grand prêtre, le commandant du temple et les princes des prêtres eurent entendu ces paroles, ils furent dans une grande perplexité au sujet des prisonniers, ne sachant ce que ce pouvait être.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le magistrat du temple. Voir Luc, 22, 4.

En ce moment quelqu’un vint leur dire : « Ceux que vous aviez mis en prison, les voilà dans le temple et ils enseignent le peuple. »

Le commandant se rendit aussitôt avec ses agents, et les amena sans leur faire violence, car ils craignaient d’être lapidés par le peuple.

Les ayant amenés, il les firent comparaître devant le Sanhédrin, et le grand prêtre les interrogea,

en disant : « Nous vous avons expressément défendu d’enseigner ce nom-là, et voilà que vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine, et vous voulez faire retomber sur nous le sang de cet homme ! »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Nous vous avons défendu absolument ; littéralement En défendant nous vous avons défendu ; hébraïsme, dont le but est de donner de la force et de l'énergie au discours.

Pierre et les Apôtres répondirent : « On doit obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.

Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous avez fait mourir en le pendant au bois.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A un bois, au bois : c'était, d'après la Loi, le supplice des grands criminels, et celui qui le subissait était « maudit de Dieu » (voir Deutéronome, 21, 23). Pierre choisit à dessein une expression qui rappelle toutes ces idées.

Dieu l’a élevé par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël le repentir et le pardon des péchés.

Et nous sommes ses témoins pour ces choses, avec le Saint-Esprit que Dieu a donné à ceux qui lui sont dociles. »

Exaspérés de ce qu’ils venaient d’entendre, les membres du conseil étaient d’avis de les faire mourir.

Mais un Pharisien, nommé Gamaliel, docteur de la loi, vénéré de tout le peuple, se leva dans le sanhédrin, et, ayant ordonné de faire sortir un instant les Apôtres,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gamaliel, pharisien, docteur de la loi, avait été le maître de saint Paul. On croit généralement qu'il est le même que le docteur de ce nom si célèbre dans le Talmud. Il était fils de Rabbi Siméon et petit-fils de Hillel, l'un des docteurs de la loi les plus renommés. Il fut président du Sanhédrin sous Tibère, Caligula et Claude. D'après la tradition, il se convertit au christianisme et mourut dix-huit ans avant la prise de Jérusalem par Titus.

il dit : « Enfants d’Israël, prenez garde à ce que vous allez faire à l’égard de ces hommes.

Car il n’y a pas longtemps parut Théodas, qui se donnait pour un personnage ; environ quatre cents hommes s’attachèrent à lui : il fut tué, et tous ceux qui l’avaient suivi furent dispersés et réduits à néant.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Quelqu'un de grand, un personnage important, comme il est dit dans Actes des Apôtres, 8, 9. ― Théodas. Josèphe parle d'un Théodas qui se révolta aussi contre les Romains, mais ce ne peut être celui qui est mentionné par saint Luc, parce que celui dont l'historien juif nous a conservé le souvenir ne se souleva contre la domination étrangère que dix à douze ans au moins après le discours de Gamaliel, c'est-à-dire vers l'an 44 ou 45, sous l'empereur Claude. De plus, d'après les Actes des Apôtres, Théodas vivant Judas le Galiléen, dont l'insurrection éclata vers l'an 6 ou 7 de notre ère ; il faut donc placer sa révolte à la fin du règne d'Hérode-le-Grand. L'année même de la mort de ce roi fut agitée par beaucoup de troubles et il s'éleva de divers côtés des chefs fanatiques dont la plupart ne sont pas nommés par Josèphe. Parmi ces insurgés indiqués seulement d'une manière vague pouvait se trouver le Théodas des Actes des Apôtres. Ce nom était assez commun en Palestine.

Après lui s’éleva Judas le Galiléen, à l’époque du recensement, et il attira du monde à son parti : il périt aussi, et tous ses partisans ont été dispersés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Judas le Galiléen ou le Gaulonite, qui se révolta contre les Romains « aux jours du dénombrement » de Quirinus, l'an 6 de notre ère, était, d'après les renseignements que nous fournit Josèphe dans ses Antiquités hébraïques, un Gaulonite, originaire de Gamala. Il reçut le surnom de Galiléen, sans doute parce que son insurrection éclata en Galilée. Il avait pris pour mot d'ordre : « Nous n'avons pas d'autre Seigneur ni d'autre maître que Dieu. » Judas périt et ses sectateurs se dispersèrent. Josèphe le considère, avec le pharisien Sadoc, comme le fondateur d'une nouvelle secte, celles des Gaulonites, qui vint s'ajouter à celles des Pharisiens, des Sadducéens et des Esséniens. Les Gaulonites peuvent être considérés comme les précurseurs ou les ancêtres des Zélotes qui dominèrent à Jérusalem pendant le siège de cette ville par Titus.

Voici maintenant le conseil que je vous donne : Ne vous occupez plus de ces gens-là, et laissez-les aller. Si cette idée ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira d’elle-même ;

mais si elle vient de Dieu, vous ne sauriez la détruire. Ne courez pas le risque d’avoir lutté contre Dieu même. »

Ils se rendirent à son avis, et ayant rappelé les Apôtres, ils les firent battre de verges ; puis ils leur défendirent de parler au nom de Jésus, et les relâchèrent.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Déchirer de coups. Voir, sur cette expression, Matthieu, 21, 35.

Les Apôtres sortirent du sanhédrin, joyeux d’avoir été jugés dignes de souffrir des opprobres pour le nom de Jésus.

Et chaque jour, dans le temple et dans les maisons, ils ne cessaient d’annoncer Jésus comme le Christ.