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Ecclésiastique 43
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L’orgueil des hauteurs, c’est le firmament dans son pur éclat ; et l’aspect du ciel est une vision de gloire.
Le soleil, quand il se montre, glorifie le Seigneur, à son lever ; c’est une merveilleuse créature, l’œuvre du Très-Haut.
À son midi, il dessèche la terre ; qui peut tenir devant ses ardeurs ?
Pour ses travaux, l’artisan active le feu de la fournaise : trois fois plus le soleil échauffe les montagnes. Il embrase les vapeurs de l’air, et, quand il fait resplendir ses rayons, il éblouit les yeux.
Grand est le Seigneur qui l’a fait, et, sur son ordre, il précipite sa course.
Commentaire (versets 2 à 5) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 2 à 5 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Description du soleil. « Que de beautés renfermées et comme voilées dans ce petit nombre de paroles ! dit Rollin. Peut-on concevoir avec quelle pompe et quelle profusion le soleil commence sa course, de quelles couleurs il embellit la nature, et de quelle magnificence il est lui-même revêtu en s’élevant sur l’horizon ? Il allie avec la majesté et les grâces d’un époux (voir Psaumes, 18, 6) la course rapide d’un géant, qui songe moins à plaire qu’à porter partout la nouvelle du prince qui l’envoie et qui est moins occupé de sa parure que de son devoir… Sa lumière est encore aussi vive et aussi abondante qu’au premier jour, sans que ce déluge continuel de feu, qui se répand de toutes parts, ait affaibli la source incompréhensible d’une profusion si pleine et si précipitée. Le prophète a bien raison de s’écrier : Grand est le Seigneur qui l’a fait ! Quelle est la majesté du créateur et qui doit-il être lui-même, puisque ses ouvrages sont si magnifiques ! »
La lune aussi est toujours fidèle, à l’heure qui lui est assignée ; elle indique les temps de l’année, et annonce l’avenir.
De la lune vient le signal des fêtes ; sa lumière diminue quand elle est arrivée à son plein.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De la lune, etc. ; c’est la lune qui fixe les jours de fête. ― A son plein (in consummatione) ; selon d’autres, jusqu’à son déclin entier, sa disparition complète. A la vérité le consummatio de la Vulgate et le suntéléïa du texte grec signifient l’un et l’autre ; mais la construction de la phrase favorise le premier sens.
C’est d’elle que le mois prend son nom ; elle croît merveilleusement dans ses diverses phases. C’est la tente d’un camp dans les hauteurs des cieux ; elle brille au firmament du ciel.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le mois est appelé, etc. ; ce qui, selon les uns, est une allusion d’étymologie, parce qu’en effet dans le grec mên, c’est-à-dire mois, vient de mênê, lune, et, selon les autres, signifie simplement et sans égard à l’étymologie, que la lune donne le nom au mois ; la première lune au premier mois, la seconde au second, etc.
La beauté du ciel, c’est l’éclat des étoiles, parure éclatante dans les hauteurs du Seigneur.
Selon l’ordre du Saint, elles se tiennent à la place assignée, et ne se fatiguent pas dans leurs veilles.
Vois l’arc-en-ciel et bénis Celui qui l’a fait ; il est bien beau dans sa splendeur !
Il embrasse le ciel dans son cercle radieux ; ce sont les mains du Très-Haut qui le tendent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 9, 13.
Par son ordre, la neige se précipite, et les éclairs se pressent, exécuteurs de ses jugements.
C’est pourquoi ses trésors s’ouvrent, et les nuées volent comme des oiseaux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les éclairs de son jugement ; pour l’exécution de ses jugements.
Par sa puissance, il donne la force aux nuées, et la grêle tombe comme des éclats de pierre.
La voix de son tonnerre fait trembler la terre, et, quand il se montre, les montagnes chancellent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Se sont brisées ; sont sorties avec impétuosité des nuées.
À sa volonté, le vent du midi souffle, l’aquilon se déchaîne et le tourbillon fait rage. Il répand la neige comme des oiseaux qui s’abattent ; elle descend comme la sauterelle qui fait halte.
L’œil admire la beauté de sa blancheur, et le cœur est émerveillé de sa chute.
Il verse le givre sur la terre comme du sel, et la gelée le durcit en pointes d’épines.
Le vent froid du nord se met à souffler, et l’eau se durcit en glace ; cette glace s’étend immobile sur tout amas d’eau, et revêt l’eau comme d’une cuirasse.
Le Seigneur dévore les montagnes et embrase le désert, il brûle la verdure comme le feu.
De tous ces maux le remède est un nuage qui arrive rapidement ; une rosée qui survient console de la chaleur brûlante.
Selon son dessein, il a dompté l’abîme, et il y a planté des îles.
Ceux qui naviguent sur la mer en racontent les périls, et, en entendant leurs récits, nous sommes étonnés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’eau congelée ; littéralement lui (eum) ; ce pronom représente le nom cristal (crystallus) du verset 22, nom que l’auteur a donné à l’eau congelée.
Là sont des créatures étranges et merveilleuses, des animaux de toutes sortes et la race des monstres marins.
Par le Seigneur, toute chose marche heureusement à sa fin, et tout subsiste par sa parole.
Nous pourrions dire beaucoup, et nous ne l’atteindrions pas ; Le résumé de notre discours : Il est le tout.
Voulant le louer, où en trouverions-nous la force ? Il est le Tout-Puissant, supérieur à toutes ses œuvres.
Le Seigneur est terrible et souverainement grand, et merveilleuse est sa puissance.
En louant le Seigneur, exaltez-le tant que vous pourrez, car il sera toujours plus haut encore. Pour l’exalter, rassemblez toutes vos forces ; ne vous lassez pas, car vous ne pourrez l’atteindre.
Qui l’a vu et pourrait en discourir ? Qui est capable de le louer tel qu’il est ?
Beaucoup de merveilles cachées sont plus grandes encore, car nous ne voyons qu’un petit nombre de ses œuvres.
Le Seigneur a tout fait, et il donne la sagesse aux hommes pieux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce verset paraît être la continuation du précédent. ― Le firmament élevé ; littéralement, et par hébraïsme, le firmament de l’élévation, de la hauteur. ― Sa beauté (pulchritudo ejus) ; le pronom représente le mot Seigneur, comme dan l’expression sa gloire (gloriam ejus) du verset précédent. ― L’aspect, etc. ; littéralement L’aspect du ciel est dans la vision de sa gloire, est mis par hypallage pour la vision de la gloire est dans l’aspect du ciel.