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Ecclésiastique 34
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L’insensé se livre à des espérances vaines et trompeuses, et les songes donnent des ailes aux sots.
C’est vouloir saisir une ombre et atteindre le vent, que de s’arrêter à des songes.
Une chose d’après une autre, voilà ce qu’on voit en songe ; c’est comme l’image d’un visage en face d’un visage.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ceci d’après ceci ; qu’on lit également dans le grec et la version Sixtine, est l’expression la plus juste et la plus exacte pour dire que les objets vus en songe que la simple image, l’ombre pure de la chose qu’ils représentent, et que, par conséquent, elles n’ont pas plus de réalité en soi, et ne constituent pas plus un objet réel à part, que le visage d’un homme dans un miroir. Voilà pourquoi dans sa précision, le texte porte : Ceci d’après ceci, et non : Ceci d’après cela, comme s’il s’agissait de deux choses réellement distinctes.
De l’impureté, que peut-il sortir de pur ? Du mensonge, que peut-il sortir de vrai ?
La divination, les augures et les songes sont choses vaines, pareilles aux imaginations du cœur d’une femme enceinte.
À moins qu’ils ne soient envoyés par le Très-Haut, dans une visite, ne leur abandonne pas ton cœur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A moins que par le Très-Haut, etc. Dieu se révélait quelquefois dans des songes. Voir Genèse, 37, verset 5 et suivants ; 41, verset 1 et suivants ; Daniel, 2, 1 ; 4, 2 ; Matthieu, 1, 20.
Car les songes en ont égaré beaucoup, et ceux qui appuyaient sur eux leurs espérances sont tombés.
Mais la loi s’accomplit sans mensonge, comme se réalise toute sage parole sortie d’une bouche fidèle.
L’homme instruit sait beaucoup de choses, et l’homme de grande expérience parle sagement.
Celui qui n’a pas été éprouvé sait peu de choses, et celui qui a voyagé possède une grande prudence.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D’affaires, ou de lieux, selon le grec et la version Sixtine, qui ont rendu par : Qui a été errant, vagabond ; c’est-à-dire qui a voyagé. Comparer au verset 12. ― Malice (malîtia) ; ou, selon d’autres, habileté, sagacité, prudence ; sens dont sont susceptibles les deux textes que nous venons d’alléguer.
J’ai vu beaucoup de choses dans mes voyages, et ma science est plus grande que mes paroles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Méchanceté. Même observation que pour le mot malice du verset 10.
Souvent j’ai été en danger de mort, et j’ai été sauvé grâce à cette expérience.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En voyageant. On conçoit aisément l’importance que les anciens attachaient aux voyages, quand on considère que ce n’est qu’en voyageant qu’on pouvait acquérir de grandes connaissances. Car, sans parler d’Ulysse, qui, par ses voyages, a mérité la réputation d’un des plus sages princes et des plus expérimentés du monde, Pythagore et Platon ont acquis de cette manière la science qui les a rendus si célèbres. Voir ce qu’a dit à ce sujet saint Jérôme, dans sa lettre à saint Paulin de Nole. ― Manières de parler (verborum consuetudines) ; des langages, des idiomes ; mais, comme en hébreu parole signifie aussi chose, d’autres traduisent par coutumes différentes.
L’esprit de ceux qui craignent le Seigneur vivra, car leur espérance est en celui qui les sauve.
Celui qui craint le Seigneur n’a peur de rien ; il ne tremble pas, car Dieu est son espérance.
Heureuse l’âme de celui qui craint le Seigneur ! Sur qui s’appuie-t-elle, et qui est son soutien ?
Les yeux du Seigneur sont sur ceux qui l’aiment ; il est un protecteur puissant, un appui plein de force, un abri contre le vent d’Orient, un abri contre les feux du midi, une garde contre l’achoppement, un secours contre la chute ;
il élève l’âme, il illumine les yeux, il donne santé, vie et bénédiction.
Immoler un bien mal acquis, c’est faire une offrande dérisoire ; et les dérisions des pécheurs ne sauraient être agréables à Dieu.
Le Très-Haut n’agrée pas les offrandes des impies, et ce n’est pas pour les nombreuses victimes qu’il pardonne les péchés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 33, 16.
Il immole un fils sous les yeux de son père, celui qui offre un sacrifice pris sur le bien des pauvres.
Le pain des malheureux est la vie des pauvres ; celui qui les en prive est un meurtrier.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Proverbes, 21, 27.
Il donne la mort à son prochain, celui qui lui ôte sa subsistance ; il verse le sang, celui qui prive le mercenaire de son salaire.
L’un bâtit et l’autre détruit : qu’en retirent-ils, sinon de la peine ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Proverbes, 15, 8.
L’un prie et l’autre maudit : duquel le Maître écoutera-t-il la voix ?
Celui qui se lave après le contact d’un mort et qui le touche encore, que gagne-t-il à s’être lavé ?
Ainsi en est-il de l’homme qui jeûne pour ses péchés, s’il va les commettre encore : qui entendra sa prière, et que lui servira son humiliation.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Elèvent des imprudents en l’air, les font voler, comme portent le grec et la version Sixtine ; c’est-à-dire qu’ils les séduisent en leur donnant de vaines espérances.