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Isaïe 1
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Vision d’Isaïe, fils d’Amos, qu’il a vue touchant Juda et Jérusalem, aux jours d’Osias, de Joatham, d’Achaz et d’Ézéchias, rois de Juda.
Cieux, écoutez, et toi, terre, prête l’oreille, car Yahweh parle : J’ai nourri des enfants et je les ai élevés, et eux se sont révoltés contre moi.
Le bœuf connaît son possesseur et l’âne la crèche de son maître ; mais Israël n’a point de connaissance, mon peuple n’a point d’intelligence.
Ah ! nation pécheresse, peuple chargé d’iniquité, race de méchants, fils criminels ! Ils ont abandonné Yahweh, ils ont outragé le Saint d’Israël, ils se sont retirés en arrière.
Où vous frapper encore, si vous continuez vos révoltes ? Toute la tête est malade, et tout le cœur est languissant.
De la plante des pieds au sommet de la tête, il n’y a en lui rien de sain : ce n’est que blessures, meurtrissures, plaies vives, qui n’ont pas été pansées, ni bandées, ni adoucies avec de l’huile.
Votre pays est un désert ; vos villes sont consumées par le feu ; votre sol, des étrangers le dévorent sous vos yeux ; la dévastation est comme le ravage fait par des étrangers.
Et la fille de Sion est restée comme une cabane dans une vigne, comme une hutte dans un champ de concombres, comme une tour de garde.
Si Yahweh des armées ne nous eût pas laissé un faible reste, nous serions comme Sodome, nous ressemblerions à Gomorrhe.
Écoutez la parole de Yahweh, juges de Sodome ; prêtez l’oreille à la loi de notre Dieu, peuple de Gomorrhe.
Que m’importe la multitude de vos sacrifices ? dit Yahweh. Je suis rassasié des holocaustes de béliers, et de la graisse des veaux ; je ne prends point plaisir au sang des taureaux, des brebis et des boucs.
Quand vous venez vous présenter devant ma face, qui vous a demandé de fouler mes parvis ?
Ne continuez pas de m’apporter de vaines oblations ; l’encens m’est en abomination ; quant aux nouvelles lunes, aux sabbats et aux convocations, je ne puis voir ensemble le crime et l’assemblée solennelle.
Mon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes ; elles me sont à charge, je suis las de les supporter.
Quand vous étendez vos mains, je voile mes yeux devant vous ; quand vous multipliez les prières, je n’écoute pas : Vos mains sont pleines de sang.
Lavez-vous, purifiez-vous ; ôtez la malice de vos actions de devant mes yeux ; cessez de mal faire,
apprenez à bien faire ; recherchez la justice, redressez l’oppresseur, faites droit à l’orphelin, défendez la veuve.
Venez et discutons ensemble : Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige ; s’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine.
Si vous obéissez de bon cœur, vous mangerez les biens de votre pays ;
mais si vous résistez, et si vous êtes rebelles, vous serez mangés par l’épée ; car la bouche de Yahweh a parlé.
Comment est-elle devenue une prostituée, la cité fidèle, elle, pleine d’équité, dans laquelle la justice habitait, et maintenant… des meurtriers !
Ton argent s’est changé en scories, ton vin a été coupé d’eau.
Tes princes sont des rebelles, et des compagnons de voleurs ; tous aiment les présents, et courent après les récompenses ; ils ne font pas droit à l’orphelin, et la cause de la veuve ne vient pas devant eux.
C’est pourquoi — oracle du Seigneur, Yahweh des armées, le Fort d’Israël : Ah ! je tirerai satisfaction de mes adversaires, et je me vengerai de mes ennemis.
J’étendrai ma main sur toi, et je fondrai tes scories comme avec de la potasse, et j’ôterai toutes tes parcelles de plomb.
Je te rendrai des juges comme ceux d’autrefois, et des conseillers comme aux premiers temps. Après cela on t’appellera la ville de justice, la cité fidèle.
Sion sera rachetée par la droiture, et ses convertis, par la justice.
Mais les rebelles et les pécheurs seront brisés ensemble, et ceux qui abandonnent Yahweh périront.
Car ils auront honte des térébinthes que vous avez aimés, et vous rougirez des jardins dont vous faites vos délices.
Car vous serez comme un térébinthe au feuillage flétri, et comme un jardin sans eau.
Et l’homme fort sera l’étoupe, et ses œuvres, l’étincelle ; ils brûleront tous deux ensemble, et personne n’éteindra.
Commentaire (versets 2 à 31) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 2 à 31 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Les versets 2 à 31 sont comme la préface de tout le livre. L’époque où cette préface a été composée est incertaine. Les versets 7 et 8 indiquent une époque pendant laquelle le royaume de Juda était ravagé par une armée étrangère. Il eut à subir trois invasions, du temps d’Isaïe, la première à la fin du règne de Joathan, et la seconde sous Achaz, l’une et l’autre de la part des Israélites et des Syriens, voir 4 Rois, 15, 37 ; 16, 5 ; Isaïe, 6, 1, la troisième sous Ezéchias, de la part des Assyriens, voir 4 Rois, 18, 13 ; Isaïe, chapitre 36. La plupart des commentateurs pensent avec vraisemblance que le chapitre 1 date de la première invasion. ― Le peuple n’a été sensible ni aux bienfaits que Dieu lui a accordés pendant les règnes d’Ozias et de Joathan (versets 2 et 3), ni aux calamités qui viennent de fondre sur lui (versets 4 à 9) ; il ne reste donc au Seigneur qu’à livrer son peuple au châtiment qu’il mérite et à le purifier par le feu de la tribulation, pour se faire ensuite du petit reste qui survivra un peuple selon son cœur (versets 10 à 31). Les versets 24 à 31 se rapportent spécialement au Messie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vision ; c’est-à-dire révélation ; chose vue, non par les yeux du corps, mais ceux de l’esprit. C’est pourquoi, dans le principe, les prophètes s’appelaient chez les Hébreux, voyants (voir 1 Rois, 9, 9). ― Au temps d’Ozias, etc. L’histoire de ces rois est rapportée dans 4 Rois, chapitres 15 et 16, et 18 à 20. ― 1° Prologue des prophéties d’Isaïe, chapitre 1. ― En tête du premier chapitre, voir Isaïe, 1, 1, nous lisons le titre, le sujet, et la date de tout le recueil. Voir 2 Paralipomènes, 32, 32. Le recueil est appelé vision, c’est-à-dire révélation, dans le sens collectif, pour indiquer que les oracles qu’il contient sont une collection de visions intellectuelles ou révélations surnaturelles. L’objet en est Juda et Jérusalem, car quoique le prophète parle d’Israël et de toutes les autres nations connues de son temps, c’est toujours relativement aux Juifs. ― D’après la chronologie la plus généralement reçue, Ozias mourut en 758, et c’est pendant la dernière année de ce roi qu’Isaïe, voir Isaïe, 6, 1, commença à prophétiser ; Joathan régna de 758 à 742 ; Achaz de 742 à 727 ; Ezéchias, de 727 à 698.