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Isaïe 57

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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Cependant, le juste disparaît, et personne ne le prend à cœur ; les hommes pieux sont enlevés, et nul ne prend garde que le juste a été retiré du malheur,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le juste ; est mis ici pour les justes en général, selon plusieurs : mais c’est plutôt de Jésus-Christ qu’il faut l’entendre. ― L’intelligence ; ce mot dans le style de la Bible, signifie très souvent prudence, sagesse, vertu, comme l’expression de la face, à la face (facie) se prend fréquemment dans le sens à cause de.

et qu’il entre dans la paix ! Ils reposent sur leurs couches, ceux qui ont suivi le droit chemin !

Mais vous, approchez ici, fils de la magicienne, race de l’adultère et de la prostituée !

De qui vous moquez-vous ? Contre qui ouvrez-vous la bouche, et tirez-vous la langue ? N’êtes-vous pas des enfants de prévarication, une race de mensonge ?

Vous vous échauffez près des térébinthes, sous tout arbre vert ! vous égorgez les enfants dans les vallées, sous les grottes des rochers ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans les torrents. C’était surtout dans la vallée de Ben-Hinnom, au sud de Jérusalem, qu’avaient lieu ces sacrifices abominables dans lesquels les parents offraient leurs enfants en sacrifice au dieu Moloch.

Ta part est dans les pierres polies du torrent ; voilà, voilà ton lot ! Tu as été jusqu’à leur verser des libations, à leur présenter des offrandes ! Puis-je être satisfait de cela ?

Sur une montagne haute et élevée tu as établi ta couche ! Et c’est là que tu montes pour faire des sacrifices.

Derrière la porte et les poteaux, tu as mis ton mémorial ; car, loin de moi, tu découvres ta couche, tu y montes, tu élargis ton lit, et tu leur fixes ton salaire ; tu aimes leurs embrassements, tu souilles tes regards !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ton souvenir ; c’est-à-dire, tes divinités domestiques, selon saint Jérôme et plusieurs interprètes. ― Tu as découvert ta couche ; ou, suivant d’autres, tu t’es découverte. ― Des adultères ; littéralement un adultère (adulterum) ; mais le pronom pluriel eux (eis), qui suit, prouve que le singulier adultère, est considéré comme un nom collectif. ― A main ouverte (manu aperta) ; sans aucune retenue, sans la moindre réserve.

Tu te présentes devant le roi avec de l’huile ; tu multiplies tes parfums ; tu envoies au loin des messagers ; tu t’abaisses jusqu’au schéol.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tu t’es parée, etc. ; tu t’es parfumée en l’honneur de Moloch, idole dont le nom en hébreu signifie roi.

À force de démarches, tu te fatigues ; tu ne dis pas : « C’est en vain ! » tu trouves encore de la vigueur dans ta main ; c’est pourquoi tu ne te sens pas malade.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La vie de ta main ; c’est-à-dire de quoi vivre par le travail de tes mains.

Et qui donc crains-tu ? De qui as-tu peur, que tu me sois infidèle, que tu ne te souviennes plus de moi, que tu ne t’en soucies pas ? Ne me suis-je pas tu, et depuis longtemps, tandis que tu ne me craignais pas ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Que tu m’as oublié ; littéralement et tu, etc. Ici, comme en bien d’autres passages, la particule et ne sert qu’à marquer l’apodose.

Moi, je publierai ta justice, et tes œuvres qui ne te servent de rien.

Quand tu crieras, qu’ils te délivrent, tes tas de dieux ! Le vent les emportera tous, un souffle les enlèvera ! Mais celui qui se confie en moi héritera le pays, et possédera ma sainte montagne.

Et l’on dira : Frayez, frayez la voie ; aplanissez-la ! Enlevez tout obstacle du chemin de mon peuple !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 62, 10.

Car ainsi parle le Très-Haut, qui habite une demeure éternelle et s’appelle le Saint : J’habite dans un lieu haut et saint, et en même temps avec l’homme contrit et humble d’esprit, pour rendre la vie à l’esprit des humbles, pour rendre la vie aux cœurs contrits.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dit ; le complément de ce verbe ne se trouve qu’au verset 17 ; tout ce qui le suit est une longue parenthèse. ― Un lieu très élevé ; le ciel. ― Lieu saint ; le sanctuaire ou le tabernacle, ou le temple. ― Un cœur contrit, un esprit humble ; singulier pour le pluriel.

Car je ne veux pas contester à jamais, ni garder un courroux éternel ; car devant moi tomberaient en défaillance l’esprit et les âmes que j’ai faites.

À cause de sa convoitise coupable, je me suis irrité, et, demeurant caché, je l’ai frappé dans mon courroux ; et lui, rebelle, suivait la voie de son propre cœur !…

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A cause, etc. ; ici commence le complément du verbe dit du verset 15. ― Son, le, te, il ; ces pronoms, ainsi que ses, les, lui, etc., du verset 18, se rapportent à peuple d’Israël ou à mon peuple, sous-entendu.

J’ai vu ses voies, et je le guérirai. Je serai son guide et je lui rendrai mes consolations, à lui et à ses affligés.

Celui qui crée sur les lèvres la louange, dit : « Paix, paix, à qui est loin et à qui est près, dit Yahweh, et je le guérirai ! »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un fruit de lèvres ; une parole. ― Paix ; ce mot, comme on l’a déjà vu, signifiait chez les Hébreux prospérité parfaite. ― Pour celui, etc. ; c’est-à-dire pour les Gentils et pour les Juifs, selon ce que dit saint Paul (voir Ephésiens, 2, 17) de la paix annoncée par Jésus-Christ. ― Les ; littéralement, le (eum) ; hébraïsme, pour chacun d’eux.

Mais les méchants sont comme la mer agitée, qui ne peut se calmer, et ses flots roulent de la vase et de la boue.

Il n’y a point de paix, dit mon Dieu, pour les méchants.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 48, 22.