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Isaïe 30

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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Malheur aux enfants rebelles, — oracle de Yahweh, qui font des projets, mais sans moi ; qui contractent des pactes, mais sans mon esprit, accumulant péché sur péché.

Ils descendent sur le chemin de l’Égypte, sans avoir consulté ma bouche, pour se réfugier sous la protection de Pharaon et pour s’abriter à l’ombre de l’Égypte !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ma bouche ; les ordres, les oracles sortis de ma bouche.

La protection de Pharaon sera pour vous une honte ; et le refuge à l’ombre de l’Égypte, une confusion.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’ombre ; c’est-à-dire la protection.

Déjà les princes de Juda sont à Tanis, et ses envoyés se sont avancés jusqu’à Hanés ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tanis ; ville d’Egypte, c’est la Mansoura d’aujourd’hui. Comparer à Nombres, 13, 23 ; Psaumes, 77, 43. ― Hanès ; ville d’Egypte. Saint Jérôme croit qu’elle était l’extrémité méridionale de l’Egypte, vers les frontières de l’Ethiopie. ― Sur Tanis, voir plus haut, Isaïe, 19, 11. ― Hanès, en égyptien Chenensu, Heracleopolis magna, dans l’Egypte moyenne, était alors, comme Tanis et plusieurs autres villes de la vallée du Nil, la capitale d’un petit royaume.

tous sont confus à cause d’un peuple qui ne leur sert de rien, qui ne leur donne ni aide ni secours, mais seulement confusion et ignominie. —

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils ; c’est-à-dire le peuple, qui, étant un collectif, représente le nombre pluriel.

Oracle des bêtes du négéb : À travers une contrée de détresse et d’angoisse, d’où sortent le lion et la lionne, la vipère et le dragon volant, ils portent leurs richesses sur le dos des ânes, et leurs trésors sur la bosse des chameaux, à un peuple qui ne sert à rien.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Malheur accablant. Voir Isaïe, 13, 1. ― D’où ; littéralement, selon l’hébreu et la Vulgate, d’eux (ex eis) ; le pronom se rapporter à terræ, qui s’entend quelquefois dans l’Ecriture, non du sol, mais des habitants. ― Des bêtes du Midi, en hébreu, bahamoth, peut-être le béhémoth ou hippopotame de Job, 40, 10, qui peut être très exactement considéré comme le symbole de l’Egypte, laquelle avait grande confiance en sa puissance, mais était lente à se mettre en mouvement et était arrivée trop tard pour secourir Samarie assiégée par les Assyriens. ― La vipère. Assaraddon, dans le récit de sa campagne contre l’Arabie, dit que ce pays était plein de vipères et de scorpions. ― Le basilic volant. Cette qualification de volant provient sans doute de ce que les serpents peuvent monter sur les arbres comme les oiseaux qui volent.

Le secours de l’Égypte sera vanité et néant, c’est pourquoi je la nomme : « La superbe qui reste assise. »

Va maintenant, grave cela sur une tablette en leur présence, et écris-le dans un livre, afin que ce soit, pour les jours à venir, un témoignage à perpétuité.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Entre, etc. C’est le Seigneur qui parle au prophète.

Car c’est un peuple de rébellion, ce sont des enfants infidèles, des enfants qui refusent d’écouter la loi de Yahweh.

Ils disent aux voyants : « Ne voyez point ; » et aux prophètes : « Ne nous prophétisez pas la vérité ; dites-nous des choses agréables, prophétisez des illusions !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ceux qui voient, ceux qui regardent ; c’est-à-dire les voyants, ceux qui ont des visions prophétiques, les prophètes.

Écartez-vous de la voie, détournez-vous du chemin ; ôtez de devant nos yeux le Saint d’Israël ! » —

C’est pourquoi ainsi parle le Saint d’Israël : Puisque vous méprisez cette parole et que vous vous confiez dans la violence et l’artifice , et que vous en faites votre appui,

à cause de cela, cette iniquité sera pour vous comme une lézarde qui menace ruine et fait saillie sur un mur élevé, dont soudain, en un instant, l’écroulement se produit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui est recherchée (requisita) ; par l’ennemi, à qui, en effet, elle offre un moyen d’entrer dans la ville (voir Job, 30, 14).

Il se brise comme se brise un vase d’argile, que l’on fracasse sans pitié, sans que l’on trouve dans ses débris un morceau, pour prendre du feu au brasier, ou puiser de l’eau à la citerne.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme on brise d’un brisement ; genre de répétition qu’on a déjà vu souvent, et qui a pour but de donner de l’énergie à l’idée exprimée par le verbe.

Car ainsi a parlé le Seigneur Yahweh, le Saint d’Israël : Par la conversion et une paisible attente vous seriez sauvés ; dans le repos et la confiance serait votre force. Mais vous ne l’avez pas voulu

et vous avez dit : « Non ! Mais nous fuirons sur des chevaux ! » — eh bien, vous fuirez — « Nous volerons sur des coursiers ! » eh bien, ceux qui vous poursuivront seront plus rapides !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vers des chevaux ; la cavalerie des Egyptiens. Comparer à Isaïe, 31, 1.

Mille à la menace d’un seul, et à la menace de cinq, vous fuirez, jusqu’à ce que vous ne soyez plus qu’un reste, semblable à un mât sur le sommet de la montagne, à un signal sur la colline.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par la terreur d’un seul ; littéralement à la face d’un seul ; c’est-à-dire un seul homme de l’ennemi en épouvantera mille d’entre vous.

C’est pourquoi Yahweh attend pour vous faire grâce, c’est pourquoi il se lèvera pour vous faire miséricorde ; car Yahweh est un Dieu juste. Heureux tous ceux qui espèrent en lui !

Car, ô peuple qui habite en Sion, à Jérusalem, tu ne pleureras désormais plus. À ton premier cri, il te fera grâce ; dès qu’il t’aura entendu, il t’exaucera.

Le Seigneur vous donnera le pain de l’angoisse et l’eau de la détresse ; et ceux qui t’instruisent ne se cacheront plus et tes yeux verront ceux qui t’instruisent ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Celui qui t’instruit (doctorem tuum), ton maître (præceptorem tuum). L’Eglise, dans l’office de l’Avent, fait l’application de ces paroles à Jésus-Christ, qui est, en effet, notre docteur et notre maître par excellence.

et tes oreilles entendront derrière toi la voix qui dira : « Voici le chemin, suivez-le ! » quand vous vous détournerez à droite ou à gauche.

Vous traiterez comme impurs l’argent qui recouvre vos idoles, et l’or qui revêt vos statues ; vous les rejetterez comme une chose souillée : « Hors d’ici ! » leur direz-vous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les lames, etc. ; c’est-à-dire les lames d’argent dont sont couvertes, etc. ― Images taillées au ciseau. L’Ecriture emploie ordinairement cette expression pour désigner les idoles. ― De tes images d’argent, de ta statue d’or ; littéralement de ton argent, de ton or. En vertu d’un hébraïsme très commun, le pronom possessif ne se joint pas immédiatement au nom qu’il représente, mais au complément de ce nom.

Le Seigneur enverra ses ondées sur la semence que tu auras semée en terre, et le pain que donnera la terre sera délicieux et abondant ; tes troupeaux en ce jour-là paîtront dans de vastes pâturages ;

et les bœufs et les ânes, qui travaillent la terre, mangeront un fourrage savoureux vanné avec la pelle et le van.

Et sur toute haute montagne, et sur toute colline élevée, il y aura des ruisseaux, des courants d’eau, au jour du grand carnage quand les tours tomberont.

La lumière de la lune sera comme la lumière du soleil, et la lumière du soleil sera sept fois plus grande, comme la lumière de sept jours, au jour où Yahweh bandera la blessure de son peuple, et guérira les plaies dont il l’avait frappé.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La lumière, etc. Saint Jérôme voit ici la gloire du monde futur, c’est-à-dire de ces nouveaux cieux dont parlent saint Pierre (voir 2 Pierre, 3, 13) et saint Jean (voir Apocalypse, 21, 1-5). Voir Isaïe, 66, 22. Comparer à Isaïe, 65, 17-25 ; 11, 6-9.

Voici que le nom de Yahweh vient de loin, sa colère brûle, et l’ardeur en est accablante ; ses lèvres respirent la fureur, et sa langue est comme un feu dévorant.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le nom du Seigneur ; sa majesté, le Seigneur lui-même. Comparer à Isaïe, 5, 11 ; 7, 17 ; 8, vv. 1, 8, etc. ― De loin ; après un long intervalle de temps.

Son souffle est comme un torrent débordé, qui monte jusqu’au cou, pour cribler les nations avec le crible de la destruction, et mettre un frein d’égarement aux mâchoires des peuples.

Alors vous entonnerez des cantiques comme dans la nuit où l’on célèbre la fête, et vous aurez le cœur joyeux, comme celui qui monte au son de la flûte, pour aller à la montagne de Yahweh, vers le rocher d’Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme dans la nuit ; littéralement comme la nuit ; genre de figure qui n’est pas étrangère au style biblique. Les fêtes des Hébreux commençaient la veille au soir. Aux trois plus solennelles, qui étaient celles de la Pâque, de la Pentecôte et des Tabernacles, on se rendait à Jérusalem de toute la Judée, et même des provinces étrangères (voir Deutéronome, 16, 16 ; Psaumes, 121, 4). Il est très probable qu’on chantait des cantiques de joie pendant toute la solennité.

Yahweh fera éclater la majesté de sa voix, et il fera voir son bras qui s’abaisse, dans l’ardeur de sa colère, et la flamme d’un feu dévorant, dans la tempête, l’averse et les pierres de grêle.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sa voix ; c’est-à-dire le tonnerre. Au verset suivant, comme dans une infinité d’autres passages de l’Ecriture, la voix du Seigneur a ce sens. Comparer à Psaumes, 28, verset 3 et suivants.

Et Assur tremblera à la voix de Yahweh ; il frappera de sa verge,

et, à chaque fois que passera la verge fatale, que Yahweh abaissera sur lui, on fera retentir les tambourins et les harpes, et il combattra contre lui à coups redoublés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sur lui ; sur Assur. ― Au milieu des tambours, etc. des Israélites, qui loueront le Seigneur. ― Il les vaincra ; les Assyriens.

Car Topheth est dès longtemps préparé ; lui aussi est prêt pour le roi ; le Seigneur l’a fait large et profond ; il y a sur son bûcher du feu et du bois en abondance ; le souffle de Yahweh, comme un torrent de soufre, l’embrase.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Topheth ; lieu situé dans une vallée voisine de Jérusalem, où les Israélites brûlaient leurs enfants en l’honneur de Moloch, idole des Ammonites. Comparer à Josué, 15, 8 ; 3 Rois, 11, 7 ; 2 Paralipomènes, 28, 3 ; Jérémie, 7, 31, etc. ― Dans l’hébreu ; Topheth, c’est-à-dire le bûcher est préparé pour le roi d’Assyrie, Sennachérib. C’est la prédiction de l’extermination de l’armée assyrienne racontée plus loin, voir Isaïe, 37, 36.