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Isaïe 63
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Qui est celui-là qui vient d’Édom, de Bosra en habits écarlates ? Il est magnifique dans son vêtement, il se redresse dans la grandeur de sa force. — C’est moi, qui parle avec justice, et qui suis puissant pour sauver.
— Pourquoi y a-t-il du rouge à ton vêtement, et tes habits sont-ils comme ceux du pressureur ? —
— Au pressoir j’ai foulé seul, et, parmi les peuples, personne n’a été avec moi. Et je les ai foulés dans ma colère, piétinés dans ma fureur ; le jus en a jailli sur mes habits, et j’ai souillé tout mon vêtement.
Car un jour de vengeance était dans mon cœur, et l’année de ma rédemption était venue.
J’ai regardé, et personne pour m’aider ; j’étais étonné, et personne pour me soutenir. Alors mon bras m’a sauvé, et ma fureur m’a soutenu.
J’ai écrasé les peuples dans ma colère, et je les ai enivrés de ma fureur, et j’ai fait couler leur sang à terre. »
Je célébrerai les miséricordes de Yahweh, les louanges de Yahweh, selon tout ce que Yahweh a fait pour nous, ainsi que sa grande bonté envers la maison d’Israël, qu’il lui a témoignée dans sa compassion, et son immense miséricorde.
Il a dit : « Oui, ils sont mon peuple, des fils qui ne seront pas infidèles ! » et il a été pour eux un sauveur.
Dans toutes leurs angoisses, il a été en angoisse, et l’ange de sa face les a sauvés ; dans son amour et son indulgence, il les a rachetés lui-même ; il les a soutenus et portés, pendant tous les jours d’autrefois.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il n’a pas été tourmenté (non est tribulatus) ; par la crainte de ne pouvoir les délivrer. ― L’ange de sa face ; c’est-à-dire un ange du premier ordre, un ange qui est toujours devant le trône de Dieu ; ou bien le Seigneur lui-même, ou l’ange qui est sa face, le Fils de Dieu, le Christ (voir Exode, 33, versets 14 et suivants).
Mais eux furent rebelles et attristèrent son Esprit saint ; alors il se changea pour eux en ennemi ; lui-même leur fit la guerre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son saint ; Moïse, qui peut être ici la figure de Jésus-Christ.
Alors son peuple se souvint des anciens jours, de Moïse ! Où est celui qui fit monter de la mer le berger de son troupeau ? Où est celui qui mit au milieu d’eux son Esprit saint,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 14, 29. ― Où est, etc. ; ici commence une phrase dont le sens est suspendu jusqu’au verset 14, qui constitue l’apodose, ou la réponse à une question précédente. ― Les pasteurs de son troupeau ; Moïse et Aaron. ― Au milieu de lui ; au milieu du peuple.
qui fit marcher à la droite de Moïse son bras glorieux, qui fendit les eaux devant eux, pour se faire un nom éternel ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui a conduit à droite Moïse (qui eduxit ad dexteram Moysen). C’est le sens du texte original, aussi bien que celui de la Vulgate. Nous mettons au défi les hébraïsants de prouver le contraire. On sait que chez les Hébreux comme chez les Grecs, la droite indiquait le bonheur, la prospérité.
qui les fit marcher à travers les abîmes, sans trébucher, comme un cheval dans la steppe,
comme le bétail qui descend dans la vallée ? L’Esprit de Yahweh les a conduits au repos : c’est ainsi que vous avez guidé votre peuple, pour vous faire un nom glorieux.
Regardez du ciel et voyez, de votre demeure sainte et magnifique : Où sont votre zèle et votre puissance, le frémissement de vos entrailles et votre pitié ? Pour moi, ils se sont arrêtés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 26, 15 ; Baruch, 2, 16.
Car vous êtes notre père ; car Abraham nous ignore, et Israël ne nous connaît pas. Vous, Yahweh, vous êtes notre père ; notre Rédempteur : c’est votre nom dès les âges anciens.
Pourquoi, ô Yahweh, nous feriez-vous errer loin de vos voies, endurciriez-vous notre cœur contre votre crainte ? Revenez, pour l’amour de vos serviteurs, et des tribus de votre héritage !
Votre peuple saint a possédé le pays bien peu de temps ; nos ennemis ont foulé aux pieds votre sanctuaire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Votre sanctification. Voir Isaïe, 60, 13.
Nous sommes depuis longtemps comme un peuple que vous ne gouvernez pas, sur lequel votre nom n’est pas invoqué. Ah ! si vous déchiriez les cieux, si vous descendiez, — les montagnes seraient ébranlées devant vous ! —
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Votre nom, etc. Voir Ecclésiastique, 36, 14.
Commentaire (versets 1 à 6) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 1 à 6 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
6e Discours : Jugement contre l’Idumée et les ennemis de l’Eglise, chapitre 63, versets 1 à 6. Ce discours est le plus court des 27 dont se compose la seconde partie d’Isaïe. Il est dirigé contre l’Idumée. Par son ton dramatique, il ressemble au Psaume 18 (?), et par son caractère emblématique, à Isaïe, chapitres 21 à 22, verset 4. ― Le Prophète voit en esprit le Seigneur venant en grande pompe de l’Idumée ; ses vêtements sont teints du sang de ses ennemis ; il les a brisés dans sa colère, comme celui qui foule le raisin dans le pressoir, afin de venger son peuple de ses persécuteurs acharnés et de lui assurer à jamais le repos. ― « Dans le sens spirituel et figuré, dit Calmet, on explique la première partie du chapitre 63, … de Jésus-Christ dans son Ascension. Les anges, surpris de sa gloire, se demandent avec étonnement : Qui est ce héros qui vient tout chargé de sang et tout brillant de majesté ? » ― Comme les Iduméens représentent toujours dans l’Ancien Testament les ennemis de l’Eglise, ce discours annonce plutôt le triomphe de Jésus-Christ sur tous les persécuteurs de son épouse.