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Job 7

LA vie de l’homme sur la terre est une guerre continuelle, et ses jours sont comme les jours d’un mercenaire.

Comme un esclave soupire après l’ombre pour se reposer, et comme un mercenaire attend la fin de son ouvrage ;

ainsi je ne vois dans ma vie que des mois vides et sans fruit, et je n’y compte que des nuits pleines de travail et de douleur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des mois vides de repos et de consolation.

Si je m’endors, je dis aussitôt, Quand me lèverai-je ? et étant levé j’attends le soir avec impatience, et je suis rempli de douleurs jusqu’à la nuit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jusqu’aux ténèbres ; c’est-à-dire jusqu’à la nuit.

Ma chair est couverte de pourriture et d’une sale poussière ; ma peau est toute sèche et toute retirée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

D’une sale poussière ; littéralement et par hébraïsme, de saletés de poussière.

Mes jours ont été retranchés plus vite que le fil de la toile n’est coupe par le tisserand, et ils se sont écoulés sans me laisser aucune espérance.

Souvenez-vous, Seigneur ! que ma vie n’est qu’un souffle, et que mes yeux ne reverront plus les biens de ce monde.

Celui qui m’a vu jusqu’à cette heure ne me verra plus : vous avez arrêté sur moi votre œil sévère, et je ne pourrai subsister devant vous.

Comme une nuée se dissipe et passe sans qu’il en reste de trace ; ainsi celui qui descend sous la terre ne remontera plus.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les enfers. Voir, pour la vraie signification de ce mot, Genèse, 37, 35.

Son âme ne reviendra plus dans sa maison, et le lieu où il était ne le reconnaîtra plus.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Son lieu ; c’est-à-dire le lieu où il était auparavant, son habitation, sa demeure.

C’est pourquoi je ne retiendrai pas ma langue plus longtemps ; je parlerai dans l’affliction de mon esprit, j’exprimerai dans l’amertume de mon cœur mes réflexions.

Suis-je une mer, ou une baleine, pour avoir été enferme par vous comme dans une prison ?

Si je dis en moi-même, Mon lit me consolera peut-être, et m’entretenant avec mes pensées je me reposerai sur ma couche ;

vous me tourmenterez par des songes, et vous me troublerez par d’horribles visions.

C’est pourquoi je choisirais plutôt de mourir d’une mort violente, et il vaudrait mieux que mes os fussent réduits en poudre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mon âme a choisi ; c’est-à-dire je préférerais (Comparer à Job, 6, 7). ― Une destruction violente ; littéralement l’action de se pendre ; hébreu l’étranglement. Le sens du verset est donc : Tout mon être préférerait une mort violente et cruelle aux maux que je souffre.

J’ai perdu toute espérance de pouvoir vivre davantage : épargnez-moi, Seigneur ! car mes jours ne sont qu’un néant.

Qu’est-ce que l’homme pour mériter que vous le regardiez comme quelque chose de grand ? et comment daignez-vous appliquer votre cœur sur lui ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pour que vous fassiez un si grand cas de lui ; en l’examinant, l’éprouvant et l’affligeant. ― Mettez-vous, etc., c’est-à-dire songez-vous à lui, vous occupez-vous de lui ?

Vous le visitez le matin, et aussitôt vous le mettez à l’épreuve.

Jusqu’à quand ne m’épargnerez-vous point, et ne me donnerez-vous point quelque relâche, afin que je puisse un peu respirer ?

J’ai péché : que ferai-je pour vous apaiser, ô Sauveur des hommes ? Pourquoi m’avez-vous mis en butte à tous vos traits, et dans un état où je suis à charge à moi-même ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En parlant ainsi Job ne murmurait nullement contre Dieu, mais il déplorait seulement les suites funestes du péché originel.

Pourquoi n’ôtez-vous point mon péché, et ne me pardonnez-vous point mon iniquité ? Je vais m’endormir dans la poussière du tombeau, et quand vous me chercherez le matin, je ne serai plus.