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Job 24

LES temps n’ont point été cachés par le Tout-Puissant ; mais ceux qui le connaissent, ne connaissent point ses jours.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ceux qui le connaissent ; ses fidèles serviteurs eux-mêmes ignorent ses jours ; c’est-à-dire les jours où il doit rendre à chacun selon ses œuvres.

Il y en a qui passent au delà des limites de leurs terres, qui ravissent les troupeaux, et les mènent dans leurs pâturages.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Transporter les bornes était chez les anciens un très grand crime. Ils regardaient les limites comme des choses sacrées et inviolables. ― Les ont fait paître dans leur propres pâturages, comme s’ils avaient été maîtres des troupeaux.

Ils saisissent l’âne des pupilles, et ils emmènent pour gage le bœuf de la veuve.

Ils renversent la voie des pauvres, et ils oppriment tous ceux qui sont humbles et doux sur la terre.

D’autres sont comme des ânes sauvages dans le désert, ils vont au butin comme à leur ouvrage ; ils cherchent leur proie dès le matin, pour donner de quoi vivre à leurs enfants.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pour leur ouvrage, qui est de piller et de voler.

Ils moissonnent le champ qui n’est point à eux, et ils vendangent la vigne de celui qu’ils ont opprimé par violence.

Ils renvoient les hommes tout nus, et ils ôtent les habits à ceux qui n’ont pas de quoi se couvrir pendant le froid,

qui sont percés par les pluies des montagnes, et qui se trouvant sans vêtements se mettent à couvert sous les rochers.

Ils ravissent le bien des pupilles par force, et ils dépouillent le pauvre peuple.

Ils arrachent jusqu’à quelque peu d’épis à ceux qui sont nus, qui vont sans habits et meurent de faim.

Ils se reposent sur le midi au milieu des tas de fruits de ceux qui après avoir foulé le vin dans leurs pressoirs sont dans la soif.

Ils font soupirer les hommes dans les villes : les âmes blessées poussent leurs cris au ciel, et Dieu ne laissera point ces désordres impunis.

Ils ont été rebelles à la lumière ; ils n’ont point connu les voies de Dieu, et ils ne sont point revenus par ses sentiers.

Le meurtrier se lève dès le matin, il tue le faible et le pauvre, et il dérobe la nuit comme un larron.

L’œil de l’adultère épie l’obscurité de la nuit ; il dit : Personne ne me verra. Et il se couvre le visage

Il perce les maisons dans les ténèbres, à l’heure qu’ils s’étaient donnée pendant le jour, et ils n’ont point connu la lumière.

Si l’aurore paraît tout d’un coup, ils croient que c’est l’ombre de la mort, et ils marchent dans les ténèbres comme dans le jour.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Si tout d’un coup, etc. Si l’aurore les surprend au milieu de leurs vols, ils en sont effrayés, comme on est effrayé naturellement, quand on se trouve subitement enveloppé d’une obscurité profonde.

Il est plus léger que la surface de l’eau ; mais qu’il soit maudit sur la terre, et qu’il ne marche point par le chemin de la vigne.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il est plus léger, etc. Il est mis pour chacun d’eux. Cette sorte de changement de nombre a lieu très souvent en hébreu. Ainsi, dès que l’aurore paraît, il s’enfuit plus rapidement que l’eau qui s’écoule ; ou bien, selon d’autres, si rapidement qu’il semble qu’il pourrait marcher sur la surface de l’eau. ― Par le chemin des vignes. Les vignes sont ordinairement plantées dans les lieux d’un bel aspect.

Qu’il passe des eaux froides de la neige à une chaleur excessive, et que son péché le conduise jusqu’aux enfers.

Que la miséricorde le mette en oubli, que les vers soient sa douceur et ses délices ; qu’on ne se souvienne point de lui, mais qu’il soit arraché comme un arbre qui ne porte point de fruit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Que la miséricorde l’oublie. Le texte original porte : que le sein qui l’a porté l’oublie.

Car il a nourri celle qui était stérile et qui n’enfantait point, et il n’a point fait de bien à la veuve.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il a nourri, etc. L’hébreu peut signifier : Il a brisé ; sens qui a été donné dans la version chaldaïque. Les Septante ont rendu par : Il n’a pas fait de bien à la stérile.

Il a fait tomber les plus forts par sa puissance ; et lorsqu’il sera le plus ferme, il ne s’assurera point de sa vie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il ne croira pas, etc. Il ne se tiendra pas assuré de sa vie, il craindra continuellement pour ses jours.

Dieu lui a donné du temps pour faire pénitence, et il en abuse pour devenir encore plus superbe ; mais les yeux de Dieu sont sur ses voies.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Apocalypse, 2, 21.

Ces personnes s’élèvent pour un moment ; et après cela ils ne subsistent plus ; ils seront humiliés comme toutes choses ; ils seront emportés et retranchés comme le haut des épis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils se sont. Job reprend le nombre pluriel qu’il avait abandonné depuis le verset 18.

Si cela n’est ainsi, qui pourra me convaincre de mensonge dans ce que je dis, et accuser mes paroles devant Dieu ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mettre, etc., c’est-à-dire les accuser, pour les faire condamner.