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Job 39
SAVEZ-VOUS le temps auquel les chèvres sauvages enfantent dans les rochers ? ou avez-vous observé l’enfantement des biches ?
Avez-vous compté les mois qu’elles portent leur fruit ? et savez-vous le temps auquel elles s’en déchargent ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les mois de leur conception ; c’est-à-dire les mois qui se sont écoulés depuis le moment où elles ont conçu leur fruit.
Elles se courbent pour faire sortir leur faon, et elles le mettent au jour en jetant des cris et des hurlements.
Leurs petits ensuite se séparent d’elles pour aller chercher leur nourriture ; et étant sortis ils ne reviennent plus à elles.
Qui a laissé aller libre l’âne sauvage ? et qui lui a rompu ses liens ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’onagre. Cet animal est très célèbre en Orient à cause de la rapidité de sa course, et c’est de cette qualité qu’il paraît tirer son nom oriental. On assure qu’aucun cavalier ne peut l’atteindre. Les poètes orientaux comparent à un troupeau d’onagres un escadron de cavaliers qui passent avec la rapidité de l’éclair. C’est un animal très sauvage, d’un roux cendré, à longues oreilles, qui vit en troupes dans les déserts.
Je lui ai donné une maison dans la solitude, et des lieux de retraite dans une terre stérile.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Une terre de sel ; c’est un terrain rempli de nitre, inculte, stérile.
Il méprise toutes les assemblées des villes, il n’entend point la voix d’un maître dur et impérieux.
Il regarde de tous côtés les montagnes où il trouvera ses pâturages, et il cherche partout des herbages verts.
Le rhinocéros voudra-t-il bien vous servir ? et demeurera-t-il à votre étable ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un rhinocéros. Dans l’original reem. Le nom de cet animal est diversement traduit. Les Septante l’ont rendu par licorne ; Aquila et la Vulgate par rhinocéros ; d’autres par oryx, espèce d’antilope ; Schultens, Gesenius, par buffle. Les questions qui se rapportent au reem, versets 9 à 12, et l’opposition qui est établie entre cet animal et le bœuf domestique prouvent qu’il s’agit du bœuf sauvage ou du buffle.
Lierez-vous le rhinocéros aux traits de votre charrue, afin qu’il laboure, et rompra-t-il après vous avec la herse les mottes des vallons ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A tes traits ; aux traits de ta charrue. ― Après toi ; en labourant, les animaux vont devant le labourant, et en hersant. ― Vallons ; c’est-à-dire sillons, comme ont traduit les Septante.
Aurez-vous confiance en sa grande force ? et lui laisserez-vous le soin de votre labour ?
Croirez-vous qu’il vous rendra ce que vous aurez semé, et qu’il remplira votre aire de blé ?
La plume de l’autruche est semblable à celle de la cigogne et de l’épervier.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Littéralement dans l’original : L’aile de l’autruche bat avec allégresse ; est-ce l’aile pieuse (de la cigogne qu’on appelle pieuse à cause de sa tendresse pour ses petits) ? Non ; est-ce l’aile prenant l’essor (ou l’aile de l’épervier) ? Non, car elle ne vole pas.
Lorsqu’elle abandonne ses œufs sur la terre, sera-ce vous qui les échaufferez dans la poussière ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les naturalistes et les voyageurs rapportent sur ce point des choses contradictoires. Si l’autruche ne néglige pas entièrement ses œufs, il paraît du moins certain qu’elle en prend peu de soin, surtout dans les jours qui suivent la ponte, et qu’elle les abandonne toujours quand elle est poursuivie par les chasseurs.
Elle oublie qu’on les foulera peut-être aux pieds, ou que les bêtes sauvages les écraseront.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’autruche fait son nid dans un trou qu’elle creuse dans le sable. Les œufs mal enterrés ou dispersés sont souvent la proie des chacals et des hyènes.
Elle est dure et insensible à ses petits, comme s’ils n’étaient point à elle ; elle a rendu son travail inutile sans y être forcée par aucune crainte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’autruche travaille en vain, en pondant des œufs, en les plaçant dans un nid, en les couvant même pour un temps, puisqu’après cela elle les abandonne sans y être forcée par aucun motif de crainte. Si quelquefois les autres oiseaux quittent leur nid, c’est ou parce que leurs œufs ont été refroidis, ou qu’on a dérangé leur nid, ou qu’on les en a chassés et qu’on les a effarouchés. Mais l’autruche abandonne ses œufs, sans y être obligée par aucune de ces raisons.
Car Dieu en ceci l’a privée de sagesse, et ne lui a point donné l’intelligence.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
On sait que l’autruche est un animal oublieux et stupide. C’est ainsi que la dépeignent les naturalistes. ― Plus sot qu’une autruche, dit un proverbe arabe.
A la première occasion elle court élevant ses ailes ; elle se moque du cheval et de celui qui est dessus.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Elle se rit ; etc. Pline dit (liv. X, chap. I) que, lorsque l’autruche est poursuivie par les chasseurs, elle étend ses ailes dont elle s’aide, comme de voiles, pour courir, et qu’elle court ainsi avec une vitesse qui approche du vol le plus rapide. Diodore de Sicile ajoute (liv. II) qu’en courant elle lance des pierres avec ses pieds par derrière si violemment que souvent elle tue les chasseurs. ― Les naturalistes confirment ces détails. « La course des autruches est très rapide, dit l’un d’eux. Les lévriers les plus agiles ne peuvent les atteindre. L’Arabe lui-même, monté sur son cheval, est obligé de recourir à la ruse pour les prendre, en leur jetant adroitement un bâton dans les jambes. Dans leur fuite, elles lancent derrière elles des cailloux comme des traits contre ceux qui les poursuivent. »
Est-ce vous qui donnerez au cheval sa force, ou qui lui ferez pousser ses hennissements ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Environneras-tu, etc. ; c’est-à-dire peux-tu donner au cheval le hennissement qu’il fait retentir autour de son cou ? ― Rollin dit de la description du cheval : « Chaque mot demanderait d’être développé, pour en faire sentir la beauté… Les armées sont longtemps à se mettre en ordre de bataille… Tous les mouvements sont marqués par des signaux particuliers. Cette lenteur importune le cheval. Comme il est prêt au premier son de trompette, il porte avec impatience qu’il faille avertir tant de fois l’armée. Il murmure en secret contre tous ces délais, et ne pouvant demeurer en place, ni aussi désobéir, il bat continuellement du pied et se plaint en sa manière qu’on perde inutilement le temps à se regarder sans rien faire. Dans son impatience, il compte pour rien tous les signaux qui ne sont pas décisifs et qui ne font marquer que quelque détail dont il n’est pas occupé. Mais quand c’est tout de bon, et que le dernier coup de trompette annonce la bataille, alors toute la contenance du cheval change. On dirait qu’il distingue, comme par l’odorat, que le combat va se donner, et qu’il a entendu distinctement l’ordre du général, et il répond aux cris confus de l’armée par un frissonnement qui marque son allégresse et son courage. Qu’on compare les admirables descriptions qu’Homère et Virgile ont faites du cheval, on verra combien celle-ci est supérieure. »
Le ferez-vous bondir comme les sauterelles, tandis que le souffle si fier de ses narines répand la terreur ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La gloire de ses naseaux, etc. Le souffle si fier de ses narines répand la terreur. Un cheval, animé et échauffé, montre une certaine audace par le souffle de ses narines, qui inspire de la crainte à ceux qui le voient.
Il frappe du pied la terre, il s’élance avec audace, il court au-devant des hommes armés.
Il ne peut être touché de la peur ; le tranchant des épées ne l’arrête point.
Les flèches sifflent autour de lui, le fer des lances et des dards le frappe de ses éclairs.
Il écume, il frémit, et semble vouloir manger la terre ; il est intrépide au bruit des trompettes.
Lorsque l’on sonne la charge, il dit, Allons ! il sent de loin l’approche des troupes ; il entend la voix des capitaines qui encouragent les soldats, et les cris confus d’une armée.
Est-ce par votre sagesse que l’épervier se couvre de plumes étendant ses ailes vers le midi ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Etendant ses ailes vers le midi. Ce mot fait allusion à l’habitude qu’a d’émigrer l’oiseau dont il est question, le net. Le sens de ce mot n’est pas certain, mais il désigne incontestablement un oiseau de passage.
L’aigle à votre commandement s’élèvera-t-elle en haut, et fera-t-elle son nid dans les lieux les plus élevés ?
Elle demeure dans des pierres, dans des montagnes escarpées, et dans des rochers inaccessibles.
Elle cherche de là sa proie, et ses yeux perçants découvrent de loin.
Ses petits sucent le sang, et en quelque lieu que paraisse un corps mort, elle fond dessus.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Partout où est un cadavre. L’aigle ordinaire ne se nourrit pas de cadavres, mais il en existe une espèce qui les dévore volontiers. De plus, tous les aigles mangent les corps morts, avant qu’ils aient commencé à se corrompre.
Le Seigneur parla de nouveau à Job, et lui dit :
Celui qui dispute contre Dieu, se réduit-il si facilement au silence ? Certainement quiconque reprend Dieu, doit lui répondre.
Job répondit au Seigneur :
Puisque, j’ai parlé avec trop de légèreté, comment pourrai-je répondre ? Je n’ai qu’à mettre ma main sur ma bouche.
J’ai dit une chose que je souhaiterais n’avoir point dite ; et une autre encore ; et je n’y ajouterai rien davantage.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans l’original, le premier animal est nommé littéralement grimpeur de rochers, c’est-à-dire chèvre sauvage, bouquetin, sorte de chamois semblable à celui de la Suisse et des Alpes Tyroliennes, qui habite les endroits les plus escarpés.