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Job 13

J’AI vu de mes yeux toutes ces choses ; je les ai entendues de mes oreilles, et je les ai toutes comprises.

Ce que vous savez, ne m’est point inconnu, et je ne vous suis pas inférieur.

Mais je veux parier au Tout-Puissant, et je désire m’entretenir avec Dieu,

en faisant voir auparavant que vous êtes des fabricateurs de mensonges, et des défenseurs d’une doctrine corrompue.

Et plût à Dieu que vous demeurassiez dans le silence, afin que vous pussiez passer pour sages !

Ecoutez donc ce que j’ai à dire contre vous ; prêtez l’oreille au jugement que mes lèvres prononceront.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au jugement de mes lèvres ; c’est-à-dire aux preuves qui sortiront de ma bouche.

Dieu a-t-il besoin de votre mensonge, ou que vous usiez de déguisements pour le défendre ?

Est-ce que vous prétendez favoriser Dieu ? et faites-vous des efforts pour le justifier ?

Cela peut-il plaire à Dieu, lui à qui rien n’est caché ? ou se laissera-t-il surprendre, comme un homme, à vos tromperies ?

C’est lui-même qui vous condamnera, puisque ce n’est que par dissimulation que vous défendez ses intérêts.

Commentaire (versets 8 à 10) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 8 à 10 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Faire acception de la personne ou de la face de quelqu’un, c’est, selon le langage de l’Ecriture, avoir égard à sa puissance, à sa dignité, en un mot, à sa position plutôt qu’à son vrai mérite personnel ; ce que font ordinairement les juges peu consciencieux.

Aussitôt qu’il fera paraître sa colère, il vous épouvantera, et il vous accablera par la terreur de son nom.

Votre mémoire sera semblable à la cendre, et vos têtes superbes ne seront plus que comme de la boue.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vos fêtes superbes ; littéralement vos cous (cervicas vestræ).

Demeurez un peu dans le silence, afin que je dise tout ce que mon esprit me suggérera.

Pourquoi déchiré-je ma chair avec mes dents ? et pourquoi ma vie est-elle toujours comme si je la portais entre mes mains ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Porté-je, etc., c’est-à-dire, exposé-je ma vie au danger, à la mort ?

Quand Dieu me tuerait, je ne laisserais pas d’espérer en lui ; et je m’accuserai néanmoins de toutes mes fautes en sa présence.

Et il sera lui-même mon Sauveur : car aucun hypocrite n’osera paraître devant ses yeux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Après et lui-même sera mon sauveur, il y a ellipse de parce que je ne suis pas hypocrite.

Rendez-vous donc attentifs à mes paroles, prêtez l’oreille aux vérités cachées que je vais vous dire.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des énigmes ; des vérités cachées, que vous semblez ne pas vouloir comprendre.

Si ma cause était jugée, je sais que je serais reconnu innocent.

Qui est celui qui veut entrer avec moi en jugement ? Qu’il vienne : car pourquoi me laisserai-je consumer sans avoir parlé pour ma défense ?

Je vous demande, Seigneur ! seulement deux choses, et après cela je ne me cacherai point de devant votre face.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Seulement, ne me faites pas deux choses. Ainsi lisent l’hébreu et la Vulgate ; mais les Septante ne portent pas la négation, ce qui s’accorde beaucoup mieux avec la suite du discours.

Retirez votre main de dessus moi, ne m’épouvantez point par la terreur de votre puissance.

Appelez-moi, et je vous répondrai ; ou permettez que je vous parle, et daignez me répondre.

Combien ai-je commis d’iniquités et de péchés ? Faites-moi voir mes crimes et mes offenses.

Pourquoi me cachez-vous votre visage ? et pourquoi me croyez-vous votre ennemi ?

Vous faites éclater votre puissance contre une feuille que le vent emporte, et vous poursuivez une paille sèche.

Car vous donnez contre moi des arrêts très-sévères ; et vous voulez me consumer pour les péchés de ma jeunesse.

Vous avez mis mes pieds dans les ceps ; vous avez observé tous mes sentiers, et vous avez considéré avec soin toutes les traces de mes pas :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les chaînes ; littéralement le nerf, mot qui signifie proprement des liens faits avec des nerfs, mais qui s’applique aussi aux cordes, aux chaînes, aux menottes, et même aux colliers qu’on mettait aux criminels.

moi qui dans un moment ne serai que pourriture, et qui deviendrai comme un vêtement mangé des vers.