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Actes des Apôtres 16
OR Paul arriva à Derbe, et ensuite à Lystre, où il rencontra un disciple, nommé Timothée, fils d’une femme juive fidèle et d’un père gentil.
Les frères qui étaient à Lystre et à Icone, rendaient un témoignage avantageux à ce disciple.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Iconium. Voir Actes des Apôtres, 13, 51.
Paul voulut donc qu’il vînt avec lui ; et l’ayant pris auprès de lui, il le circoncit à cause des Juifs qui étaient en ces lieux-là : car tous savaient que son père était gentil.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Saint Paul a pu circoncire Timothée, parce que les Apôtres n'avaient pas défini que la circoncision était illicite ; ils s'étaient bornés, comme on le voit dans le chapitre précédent, à déclarer qu'elle n'était plus nécessaire.
Or, allant de ville en ville, ils donnaient pour règle aux fidèles, de garder les ordonnances qui avaient été établies par les apôtres et par les prêtres de Jérusalem.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les anciens, les prêtres.
Ainsi les Églises se fortifiaient dans la foi, et croissaient en nombre de jour en jour.
Lorsqu’ils eurent traversé la Phrygie et la Galatie, le Saint-Esprit leur défendit d’annoncer la parole de Dieu dans l’Asie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La Phrygie. Voir Actes des Apôtres, 2, 10. ― La Galatie. Voir Actes des Apôtres, 18, 23. ― Dans l'Asie proconsulaire qui comprenait la plus grande partie de l'Asie Mineure orientale, c'est-à-dire, outre la Phrygie, la Mysie, la Lydie et la Carie.
Et étant venus en Mysie, ils se disposaient à passer en Bithynie ; mais l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En Mysie, province de l'Asie Mineure, faisant partie de l'Asie proconsulaire, entourée à l'est et en partie au nord par la mer Egée, entre la Propontide ou mer de Marmara et la Lydie, avait pour villes principales Pergame, Troas et Assos. ― En Bythinie, autre province de l'Asie Mineure bornée au nord par le Pont Euxin à l'ouest par la Propontide et la Mysie, au sud par la Phrygie et la Galatie à l'est par la Paphlagonie.
Ils passèrent ensuite la Mysie, et descendirent à Troade ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Troas, ville et port de mer près de l'Hellespont, entre les promontoires de Lectum et de Sigée, au sud de l'ancienne Troie, regardée par quelques-uns comme appartenant à la Mysie inférieure. Fondée par le roi Antigone, elle avait porté d'abord le nom d'Antigonia Troas ; plus tard Lysimaque l'appela Alexandria Troas en l'honneur d'Alexandre le Grand. Elle était très florissante à l'époque romaine et Auguste en fit une colonie avec tous les privilèges attachés à ce titre. L'étendue de ses ruines atteste quelle fut son importance. Elle la devait à sa situation sur la route qui menait en Macédoine de diverses parties de l'Asie Mineure. Saint Paul arriva à Troas en l'an 52.
où Paul eut la nuit cette vision : Un homme de Macédoine se présenta devant lui, et lui fit cette prière : Passez en Macédoine, et venez nous secourir.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Macédoine, pays situé au nord de la Grèce proprement dite et borné à l'est par la Thrace, au nord par la Moesie, à l'ouest par l'Illyrie et au sud par l'Epire et la Thessalie. Ses limites ont d'ailleurs varié à diverses époques. La Macédoine fut conquise par les Romains au temps de Persée, 167 avant Jésus-Christ, et divisée peu après en quatre districts qui avaient pour chefs-lieux Amphipolis, Thessalonique, Pella et Pelagonia. En 142 avant Jésus-Christ, elle devint une province proconsulaire, unique jusqu'au règne de Tibère. Sous Claude, toute la Grèce fut partagée en deux provinces sous le nom d'Achaïe et de Macédoine. Les villes macédoniennes mentionnées dans les Actes sont Néapolis, Philippes, Apollonie, Bérée, Thessalonique, Amphipolis, Apollonie. La mission de saint Paul en Macédoine eut lieu en l'an 52.
Aussitôt qu’il eut eu cette vision, nous nous disposâmes à passer en Macédoine, ne doutant point que Dieu ne nous y appelât pour y prêcher l’Évangile.
Nous étant donc embarqués à Troade, nous vînmes droit à Samothrace, et le lendemain à Naples ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Samothrace, île de la mer Egée, au nord de Lemnos, au sud de la côte de la Thrace, appelée d'abord Dardanie et plus tard Samothrace, parce qu'elle fut occupée successivement par les Thraces et pas les Samiens. Elle était célèbre par les mystères de Cérès et de Proserpine qu'on y célébrait. ― Néapolis, ville et port de mer sur la mer Egée, avait appartenu d'abord à la Thrace, mais fut incorporée à la Macédoine par Vespasien.
de là à Philippes, colonie romaine, qui est la première ville qu’on rencontre de ce côté-là dans la Macédoine ; et nous y demeurâmes quelques jours.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Philippes, ville de Macédoine, dans la première région de cette province, d'après la division romaine, sur la mer Egée entre le Strymon et le Nestus, sur la frontière de Thrace, à trente-trois milles romains au nord d'Amphipolis, à dix milles de Néapolis où saint Paul avait débarqué. Auguste en avait fait une colonie. Elle tirait son nom de Philippe Ier, roi de Macédoine.
Le jour du sabbat, nous sortîmes hors de la ville, et nous allâmes près de la rivière, où paraissait être le lieu ordinaire de la prière. Nous nous assîmes, et nous parlâmes aux femmes qui étaient là assemblées.
Il y en avait une, nommée Lydie, de la ville de Thyatire, marchande de pourpre, qui servait Dieu. Elle nous écouta ; et le Seigneur lui ouvrit le cœur, pour entendre avec soumission ce que Paul disait.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lydie, était probablement une personne riche et ne résidait que temporairement à Philippes. ― Thyatire, sa patrie, célèbre par ses étoffes de pourpre, était une ville de Lydie, en Asie Mineure, colonisée par les Macédoniens, entre Sardes et Pergame, sur la rivière du Lycus.
Après qu’elle eut été baptisée, et sa famille avec elle, elle nous fit cette prière : Si vous me croyez fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison, et y demeurez. Et elle nous y força.
Or il arriva que comme nous allions au lieu ordinaire de la prière, nous rencontrâmes une servante qui, ayant un esprit de Python, apportait un grand gain à ses maîtres en devinant.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un esprit de python ; un esprit de magie.
Elle se mit à nous suivre, Paul et nous, en criant : Ces hommes sont des serviteurs du Dieu très-haut, qui vous annoncent la voie du salut.
Elle fit la même chose pendant plusieurs jours. Mais Paul ayant peine à le souffrir, se retourna vers elle, et dit à l’esprit : Je te commande, au nom de Jésus-Christ, de sortir de cette fille. Et il sortit à l’heure même.
Mais les maîtres de cette servante, voyant qu’ils avaient perdu l’espérance de leur gain, se saisirent de Paul et de Silas ; et les ayant emmenés dans la place, devant ceux qui commandaient dans la ville,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Silas. Voir Actes des Apôtres, 15, 22.
ils les présentèrent aux magistrats, en leur disant : Ces hommes troublent toute notre ville : car ce sont des Juifs,
qui veulent introduire une manière de vie qu’il ne nous est point permis, à nous qui sommes Romains, de recevoir, ni de suivre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Nous sommes Romains, parce que Philippes était une colonie romaine.
Le peuple accourut en foule contre eux ; et les magistrats ayant fait déchirer leurs vêtements, commandèrent qu’ils fussent battus de verges.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Corinthiens, 11, 25 ; Philippiens, 1, 13 ; 1 Thessaloniciens, 2, 2. ― Déchirés de verges. Voir Matthieu, 21, 35.
Et après qu’on leur eut donné plusieurs coups, ils les mirent en prison, et ils ordonnèrent au geôlier de les garder sûrement.
Le geôlier ayant reçu cet ordre, les mit dans un cachot, et leur serra les pieds dans des ceps.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ces ceps sont deux ais de bois qui se réunissent, et qui sont percés à diverses distances, dans les trous desquels on mettait les pieds des prisonniers à plus ou moins de distance ; les prisonniers demeuraient ainsi couchés sur le dos, ayant les pieds serrés et les jambes étendues, d'une manière fort gênante.
Sur le minuit, Paul et Silas s’étant mis en prière, chantaient des hymnes à la louange de Dieu ; et les prisonniers les entendaient.
Et tout d’un coup il se fit un si grand tremblement de terre, que les fondements de la prison en furent ébranlés ; en même temps toutes les portes s’ouvrirent, et les liens de tous les prisonniers furent rompus.
Le geôlier s’étant éveillé, et voyant toutes les portes de la prison ouvertes, tira son épée, et voulut se tuer, s’imaginant que les prisonniers s’étaient sauvés.
Mais Paul lui cria à haute voix : Ne vous faites point de mal : car nous voici encore tous.
Alors le geôlier ayant demandé de la lumière, entra dedans ; et tout tremblant se jeta aux pieds de Paul et de Silas ;
et les ayant tirés de ce lieu-là, il leur dit : Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ?
Ils lui répondirent : Croyez au Seigneur Jésus, et vous serez sauvé, vous et votre famille.
Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, et à tous ceux qui étaient dans sa maison.
Et les ayant pris à cette même heure de la nuit, il lava leurs plaies ; et aussitôt il fut baptisé, avec toute sa famille.
Puis les ayant menés en son logement, il leur servit à manger ; et il se réjouit avec toute sa maison de ce qu’il avait cru en Dieu.
Le jour étant venu, les magistrats lui envoyèrent dire par des huissiers, qu’il laissât aller ces prisonniers.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les licteurs, officiers publics qui portaient des faisceaux de verges devant les magistrats romains et exécutaient leurs ordres.
Aussitôt le geôlier vint dire à Paul : Les magistrats ont mandé qu’on vous mît en liberté : sortez donc maintenant, et vous en allez en paix.
Mais Paul dit à ces huissiers : Quoi ! après nous avoir publiquement battus de verges, sans connaissance de cause, nous qui sommes citoyens romains, ils nous ont mis en prison, et maintenant ils nous en font sortir en secret ! Il n’en sera pas ainsi : il faut qu’ils viennent eux-mêmes nous en tirer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sans jugement, nous, citoyens romains. La loi romaine protégeait avec beaucoup de soin les citoyens romains. « Beaucoup, dit Cicéron, peuvent être absous après qu'on a entendu leur cause ; personne ne peut être condamné sans avoir été entendu. C'est un crime d'enchaîner et de frapper un citoyen romain. »
Les huissiers rapportèrent ceci aux magistrats, qui eurent peur, ayant appris qu’ils étaient citoyens romains.
Ils vinrent donc leur faire des excuses ; et les ayant mis hors de la prison, ils les supplièrent de se retirer de leur ville.
Et eux, au sortir de la prison, allèrent chez Lydie ; et ayant vu les frères, ils les consolèrent ; puis ils partirent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Derbe, Lystre. Voir Actes des Apôtres, 14, 6. ― Timothée. Voir l'introduction aux Epîtres pastorales.