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Actes des Apôtres 2
QUAND les jours de la Pentecôte furent accomplis, les disciples étant tous ensemble dans un même lieu,
on entendit tout d’un coup un grand bruit, comme d’un vent impétueux, qui venait du ciel, et qui remplit toute la maison où ils étaient assis.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Toute la maison. On croit communément que les Apôtres étaient dans le cénacle.
En même temps ils virent paraître comme des langues de feu, qui se partagèrent et s’arrêtèrent sur chacun d’eux.
Aussitôt ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils commencèrent à parler diverses langues, selon que le Saint-Esprit leur mettait les paroles en la bouche.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 3, 11 ; Marc, 1, 8 ; Luc, 3, 16 ; Jean, 7, 39 ; Actes des Apôtres, 1, 8 ; 11, 16 ; 19, 6.
Or il y avait alors dans Jérusalem des Juifs religieux et craignant Dieu, de toutes les nations qui sont sous le ciel.
Après donc que ce bruit se fut répandu, il s’en assembla un grand nombre, qui furent épouvantés de ce que chacun d’eux les entendait parler en sa langue.
Ils en étaient tous hors d’eux-mêmes ; et dans cet étonnement ils s’entre-disaient : Ces gens-là qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ?
Comment donc les entendons-nous parler chacun la langue de notre pays ?
Parthes, Mèdes, Élamites, ceux d’entre nous qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont et l’Asie,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les quinze peuples énumérés ici et versets 10-11 doivent s'entendre des Juifs habitant au milieu d'eux. Les premiers nommés sont à l'est de la Judée ; de là saint Luc passe au nord, puis au sud et enfin à l'ouest. ― Parthes. La Parthie était une province d'Asie, bornée à l'est par l'Ariane, au nord par l'Hyrcanie, à l'ouest par la Médie et au sud par les déserts de la Carmanie. ― Mèdes. La Médie, située aussi en Asie et confinant à l'est à la Parthie, était de plus limitrophe, de ce côté, de l'Hyrcanie et de la Susiane ; au nord elle était limitée par la mer Caspienne, à l'ouest par la Syrie et la grande Arménie et au sud par la Perse. Elle avait pour capitale Ecbatane. ― La Mésopotamie est la région de l'Asie située entre les deux fleuves de l'Euphrate et du Tigre, d'où son nom qui signifie en grec : au milieu des fleuves. Les Juifs y étaient très nombreux. ― La Cappadoce, dans l'Asie Mineure, était bornée, dans l'empire romain, à l'est par la petite Arménie, au nord par le Pont, à l'ouest par la Galatie et la Lycaonie, au sud par la Cilicie et la Commagène. ― Le Pont, aussi en Asie Mineure, avait pour frontières à l'est la petite Arménie ; au nord, le Pont-Euxin ; à l'ouest, la Paphlagonie et la Galatie ; au sud, la Cappadoce et la petite Arménie. ― L'Asie. Ce nom, dans la division administrative de l'empire romain, désignait l'Asie proconsulaire, c'est-à-dire la Mysie, la Lydie, la Carie et la Phrygie et comprenait la plus grande partie de l'Asie Mineure orientale. La Phrygie est nommée séparément dans le verset 10 à cause de son importance.
la Phrygie et la Pamphylie, l’Égypte et cette partie de la Libye qui est proche de Cyrène, et ceux qui sont venus de Rome,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La Phrygie avait pour limites à l'est et au nord la Galatie ; au sud-est, la Lycaonie ; au nord-ouest, la Pisidie ; à l'ouest, la Lydie et la Mysie ; au nord-ouest et au nord, la Bythinie. Les villes phrygiennes mentionnées dans les Actes des Apôtres sont Laodicée, Hiérapolis et Colosses. ― La Pamphylie était au sud de la Pisidie, à l'ouest de la Cilicie, au nord de la mer Méditerranée et à l'est de la Lycie et de la Phrygie mineure. ― Les contrées de la Libye voisine de Cyrène. La Libye, vaste région de l'Afrique septentrionale, à l'ouest de l'Egypte, renfermait la Cyrénaïque, qui tirait son nom de la ville de Cyrène et où les Juifs étaient très nombreux. Cyrène était à onze milles romains de la Méditerranée. Les Juifs y avaient été établis par Ptolémée Ier, roi d'Egypte.
Juifs aussi et prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons parler, chacun en notre langue, des merveilles de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Prosélytes ; gentils convertis au judaïsme. ― Juifs et prosélytes. Ces mots s'appliquent aux deux classes d'étrangers venus de Rome, les uns étant juifs d'origine, les autres païens de naissance. ― Crétois, habitants de l'île de Crète, dans l'archipel, aujourd'hui Candie. ― Arabes, habitants de la péninsule de l'Arabie. Parmi les auditeurs des Apôtres, les Parthes, les Mèdes et les Elamites devaient parler des dialectes de la langue persane ; l'araméen était la langue de la Mésopotamie, analogue à celle de la Judée ; l'arabe était l'idiome de l'Arabie ; les habitants de la Cappadoce, du Pont, de la province d'Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Egypte, de la Cyrénaïque et de la Crète parlaient grec ; ceux de Rome latin et grec.
Étant donc tous étonnés et dans la dernière admiration, ils s’entre-disaient : Que veut dire ceci ?
Mais d’autres s’en moquaient, et disaient : C’est qu’ils sont ivres et pleins de vin doux.
Alors Pierre se présentant avec les onze apôtres, éleva sa voix, et leur dit : Ô Juifs, et vous tous qui demeurez dans Jérusalem ! considérez ce que je vais vous dire, et soyez attentifs à mes paroles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Hommes de Judée : Juifs de naissance.
Ces personnes ne sont pas ivres, comme vous le pensez, puisqu’il n’est encore que la troisième heure du jour.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La troisième heure du jour ; c'est-à-dire neuf heures du matin. Aux jours de fêtes, les Juifs ne mangeaient qu'après les prières du matin finies, vers midi.
Mais c’est ce qui a été dit par le prophète Joël :
Dans les derniers temps, dit le Seigneur, je répandrai de mon Esprit sur toute chair : vos fils et vos filles prophétiseront ; vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 44, 3 ; Joël, 2, 28. ― Sur toute chair. Voir Matthieu, 24, 22.
En ces jours-là je répandrai de mon Esprit sur mes serviteurs et sur mes servantes, et ils prophétiseront.
Je ferai paraître en haut des prodiges dans le ciel, et en bas des signes extraordinaires sur la terre : du sang, du feu, et une vapeur de fumée.
Le soleil sera changé en ténèbres, et la lune en sang, avant que le grand jour du Seigneur arrive, et paraisse avec éclat ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le soleil s'obscurcira, la lune deviendra couleur de sang : images de grandes calamités. ― Grand et manifeste… Grand et terrible : c'est le sens de l'hébreu. En grec : éclatant, glorieux.
et pour lors, quiconque invoquera le nom du Seigneur, sera sauvé.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Joël, 2, 32 ; Romains, 10, 13.
Ô Israélites ! écoutez les paroles que je vais vous dire : Vous savez que Jésus de Nazareth a été un homme que Dieu a rendu célèbre parmi vous, par les merveilles, les prodiges et les miracles qu’il a faits par lui au milieu de vous.
Cependant vous l’avez crucifié, et vous l’avez fait mourir par les mains des méchants, vous ayant été livré par un ordre exprès de la volonté de Dieu et par un décret de sa prescience.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dieu a livré son Fils, et son Fils s'est livré lui-même à cause de son amour pour nous. Ainsi le sacrifice de Jésus-Christ livré pour nous a été saint, et la décision de Dieu même. Mais ceux qui le trahirent et le crucifièrent commirent un grand crime, suivant en cela leur propre malice et l'instigation du démon, et non la volonté et l'ordre de Dieu, qui n'était nullement l'auteur de leur perversité, bien qu'il le permît, parce qu'il pouvait, comme il le fit réellement, en tirer un si grand bien, c'est-à-dire notre salut. ― Livré par Judas. ― Des méchants, des impies et des païens (Pilate et les Romains) : Pierre ménage les Juifs, qu'il veut gagner à Jésus-Christ.
Mais Dieu l’a ressuscité, en arrêtant les douleurs de l’enfer, étant impossible qu’il y fût retenu.
Car David dit en son nom : J’avais toujours le Seigneur présent devant moi ; parce qu’il est à ma droite, afin que je ne sois point ébranlé :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 15, 8.
c’est pour cela que mon cœur s’est réjoui, que ma langue a chanté des cantiques de joie, et que ma chair même reposera en espérance ;
parce que vous ne laisserez point mon âme dans l’enfer, et vous ne permettrez point que votre Saint éprouve la corruption.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans l'enfer ; c'est-à-dire dans les limbes, et nullement dans le tombeau, comme quelques-uns le prétendent. ― Voie la corruption ; hébraïsme, pour éprouve la corruption.
Vous m’avez fait connaître le chemin de la vie, et vous me remplirez de la joie que donne la vue de votre visage.
Mes frères, qu’il me soit permis de vous dire hardiment du patriarche David, qu’il est mort, qu’il a été enseveli, et que son sépulcre est parmi nous jusqu’a ce jour.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Rois, 2, 10. ― Au milieu de nous, dans Jérusalem.
Comme il était donc prophète, et qu’il savait que Dieu lui avait promis avec serment, qu’il ferait naître de son sang un fils, qui serait assis sur son trône ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 131, 91.
dans cette connaissance qu’il avait de l’avenir, il a parlé de la résurrection du Christ, en disant, qu’il n’a point été laissé dans l’enfer, et que sa chair n’a point éprouvé la corruption.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 15, 10 ; Actes des Apôtres, 13, 35.
C’est ce Jésus que Dieu a ressuscité, et nous en sommes tous témoins.
Après donc qu’il a été élevé par la puissance de Dieu, et qu’il a reçu l’accomplissement de la promesse que le Père lui avait faite d’envoyer le Saint-Esprit, il a répandu cet Esprit-Saint que vous voyez et entendez maintenant.
Car David n’est point monté dans le ciel ; or il dit lui-même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 109, 1.
jusqu’à ce que j’aie réduit vos ennemis à vous servir de marchepied.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L'escabeau de vos pieds. Voir Matthieu, 22, 44.
Que toute la maison d’Israël sache donc très-certainement, que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié.
Ayant entendu ces choses, ils furent touchés de componction en leur cœur, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Frères, que faut-il que nous fassions ?
Pierre leur répondit : Faites pénitence, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour obtenir la rémission de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Soit baptisé au nom de Jésus-Christ ; c'est-à-dire du baptême de Jésus-Christ et non de celui de saint Jean-Baptiste ; du baptême qui, tirant sa vertu de Jésus-Christ, remet les péchés par lui-même. Ainsi ce texte ne prouve nullement que dans la primitive Eglise on baptisât seulement en invoquant le nom de Jésus-Christ, sans faire mention des autres personnes de la Trinité.
car la promesse vous regarde, vous et vos enfants, et tous ceux qui sont éloignés, autant que le Seigneur, notre Dieu, en appellera.
Il les instruisit encore par plusieurs autres discours, et il les exhortait, en disant : Sauvez-vous du milieu de cette race corrompue.
Ceux donc qui reçurent sa parole, furent baptisés ; et il y eut en ce jour environ trois mille personnes qui se joignirent aux disciples de Jésus-Christ.
Ils persévéraient dans la doctrine des apôtres, dans la communion de la fraction du pain, et dans les prières.
Or tous les esprits étaient frappés de crainte ; et il se faisait beaucoup de prodiges et de merveilles par les apôtres, dans Jérusalem ; et tous étaient remplis d’une grande crainte.
Ceux qui croyaient, étaient tous unis ensemble ; et tout ce qu’ils possédaient, était commun entre eux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tout en commun : cette communauté de bien n'exista que dans l'Eglise naissante de Jérusalem, et encore n'était-t-elle pas aussi absolue que ces mots semblent l'indiquer (voir Actes des Apôtres, 4, 32).
Ils vendaient leurs terres et leurs biens, et les distribuaient à tous, selon le besoin que chacun en avait.
Ils persévéraient aussi tous les jours dans le temple, unis de cœur et d’esprit entre eux ; et rompant le pain dans les maisons, ils prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur ;
louant Dieu, et étant aimés de tout le peuple. Et le Seigneur augmentait tous les jours le nombre de ceux qui devaient être sauvés dans l’unité d’un même corps.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pentecôte est un mot grec qui signifie cinquantième, parce que la fête que nous appelons ainsi se célèbre le cinquantième jour après Pâques. C'était la seconde grande fête juive et elle avait pour objet de remercier Dieu à la fin de la moisson du bienfait de la récolte.