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Actes des Apôtres 16

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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Paul se rendit ensuite à Derbé, puis à Lystres. Il y avait là un disciple nommé Timothée, fils d’une juive chrétienne et d’un père grec.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Derbe, Lystre. Voir Actes des Apôtres, 14, 6. ― Timothée. Voir l'introduction aux Epîtres pastorales.

Ses frères de Lystres et d’Iconium rendaient de lui un bon témoignage.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Iconium. Voir Actes des Apôtres, 13, 51.

Paul voulut l’emmener avec lui, et l’ayant pris, il le circoncit, à cause des Juifs qui étaient dans ces contrées ; car tous savaient que son père était grec.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Saint Paul a pu circoncire Timothée, parce que les Apôtres n'avaient pas défini que la circoncision était illicite ; ils s'étaient bornés, comme on le voit dans le chapitre précédent, à déclarer qu'elle n'était plus nécessaire.

En passant par les villes, ils enseignaient aux fidèles à observer les décisions des Apôtres et des Anciens de Jérusalem.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les anciens, les prêtres.

Et les Églises se fortifiaient dans la foi et croissaient de jour en jour.

Lorsqu’ils eurent parcouru la Phrygie et le pays de Galatie, l’Esprit-Saint les ayant empêchés d’annoncer la parole dans l’Asie,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La Phrygie. Voir Actes des Apôtres, 2, 10. ― La Galatie. Voir Actes des Apôtres, 18, 23. ― Dans l'Asie proconsulaire qui comprenait la plus grande partie de l'Asie Mineure orientale, c'est-à-dire, outre la Phrygie, la Mysie, la Lydie et la Carie.

ils arrivèrent aux confins de la Mysie, et ils se disposaient à entrer en Bithynie ; mais l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En Mysie, province de l'Asie Mineure, faisant partie de l'Asie proconsulaire, entourée à l'est et en partie au nord par la mer Egée, entre la Propontide ou mer de Marmara et la Lydie, avait pour villes principales Pergame, Troas et Assos. ― En Bythinie, autre province de l'Asie Mineure bornée au nord par le Pont Euxin à l'ouest par la Propontide et la Mysie, au sud par la Phrygie et la Galatie à l'est par la Paphlagonie.

Alors, ayant traversé rapidement la Mysie, ils descendirent à Troas.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Troas, ville et port de mer près de l'Hellespont, entre les promontoires de Lectum et de Sigée, au sud de l'ancienne Troie, regardée par quelques-uns comme appartenant à la Mysie inférieure. Fondée par le roi Antigone, elle avait porté d'abord le nom d'Antigonia Troas ; plus tard Lysimaque l'appela Alexandria Troas en l'honneur d'Alexandre le Grand. Elle était très florissante à l'époque romaine et Auguste en fit une colonie avec tous les privilèges attachés à ce titre. L'étendue de ses ruines atteste quelle fut son importance. Elle la devait à sa situation sur la route qui menait en Macédoine de diverses parties de l'Asie Mineure. Saint Paul arriva à Troas en l'an 52.

Pendant la nuit, Paul eut une vision : un Macédonien se présenta devant lui, et lui fit cette prière : « Passe en Macédoine et viens à notre secours ! »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Macédoine, pays situé au nord de la Grèce proprement dite et borné à l'est par la Thrace, au nord par la Moesie, à l'ouest par l'Illyrie et au sud par l'Epire et la Thessalie. Ses limites ont d'ailleurs varié à diverses époques. La Macédoine fut conquise par les Romains au temps de Persée, 167 avant Jésus-Christ, et divisée peu après en quatre districts qui avaient pour chefs-lieux Amphipolis, Thessalonique, Pella et Pelagonia. En 142 avant Jésus-Christ, elle devint une province proconsulaire, unique jusqu'au règne de Tibère. Sous Claude, toute la Grèce fut partagée en deux provinces sous le nom d'Achaïe et de Macédoine. Les villes macédoniennes mentionnées dans les Actes sont Néapolis, Philippes, Apollonie, Bérée, Thessalonique, Amphipolis, Apollonie. La mission de saint Paul en Macédoine eut lieu en l'an 52.

Après cette vision de Paul, nous cherchâmes aussitôt à nous rendre en Macédoine, certains que Dieu nous appelait à y annoncer la bonne nouvelle.

Ayant donc pris la mer à Troas, nous fîmes voile droit vers Samothrace, et le lendemain nous débarquâmes à Néapolis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Samothrace, île de la mer Egée, au nord de Lemnos, au sud de la côte de la Thrace, appelée d'abord Dardanie et plus tard Samothrace, parce qu'elle fut occupée successivement par les Thraces et pas les Samiens. Elle était célèbre par les mystères de Cérès et de Proserpine qu'on y célébrait. ― Néapolis, ville et port de mer sur la mer Egée, avait appartenu d'abord à la Thrace, mais fut incorporée à la Macédoine par Vespasien.

De là nous allâmes à Philippes, qui est la première ville de cette partie de la Macédoine et une colonie. Nous demeurâmes quelques jours dans cette ville.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Philippes, ville de Macédoine, dans la première région de cette province, d'après la division romaine, sur la mer Egée entre le Strymon et le Nestus, sur la frontière de Thrace, à trente-trois milles romains au nord d'Amphipolis, à dix milles de Néapolis où saint Paul avait débarqué. Auguste en avait fait une colonie. Elle tirait son nom de Philippe Ier, roi de Macédoine.

Le jour du sabbat, nous nous rendîmes hors de la porte, sur le bord d’une rivière, où nous pensions qu’était le lieu de la prière. Nous étant assis, nous parlâmes aux femmes qui s’y étaient assemblées.

Or dans l’auditoire était une femme nommée Lydie : c’était une marchande de pourpre, de la ville de Thyatire, craignant Dieu, et le Seigneur lui ouvrit le cœur pour qu’elle fût attentive à ce que disait Paul.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Lydie, était probablement une personne riche et ne résidait que temporairement à Philippes. ― Thyatire, sa patrie, célèbre par ses étoffes de pourpre, était une ville de Lydie, en Asie Mineure, colonisée par les Macédoniens, entre Sardes et Pergame, sur la rivière du Lycus.

Quand elle eut reçu le baptême, elle et sa famille, elle nous adressa cette prière : « Si vous avez jugé que j’ai foi au Seigneur, entrez dans ma maison et demeurez-y. » Et elle nous contraignit par ses instances.

Un jour que nous allions à la prière, nous rencontrâmes une jeune esclave qui avait un esprit Python et procurait un grand profit à ses maîtres par ses divinations.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un esprit de python ; un esprit de magie.

Elle se mit à nous suivre, Paul et nous, en criant : « Ces hommes sont les serviteurs du Dieu très haut ; ils vous annoncent la voie du salut. »

Elle fit ainsi pendant plusieurs jours. Comme Paul en éprouvait de la peine, il se retourna et dit à l’esprit : « Je te commande, au nom de Jésus-Christ, de sortir de cette fille. » Et il sortit à l’heure même.

Les maîtres de la jeune fille, voyant s’évanouir l’espoir de leur gain, se saisirent de Paul et de Silas et les traînèrent à l’agora devant les magistrats.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Silas. Voir Actes des Apôtres, 15, 22.

Et les ayant amenés aux stratèges, ils dirent : « Ces hommes troublent notre ville. Ce sont des Juifs ;

ils prêchent des usages qu’il ne nous est pas permis, à nous, Romains, de recevoir ni de suivre. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Nous sommes Romains, parce que Philippes était une colonie romaine.

En même temps la foule se souleva contre eux, et les stratèges ayant fait arracher leurs vêtements, ordonnèrent qu’on les battît de verges.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Corinthiens, 11, 25 ; Philippiens, 1, 13 ; 1 Thessaloniciens, 2, 2. ― Déchirés de verges. Voir Matthieu, 21, 35.

Après qu’on les eut chargés de coups, ils les firent mettre en prison, en recommandant au geôlier de les garder sûrement.

Le geôlier ayant reçu cet ordre, les mit dans un des cachots intérieurs, et engagea leurs pieds dans des ceps.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ces ceps sont deux ais de bois qui se réunissent, et qui sont percés à diverses distances, dans les trous desquels on mettait les pieds des prisonniers à plus ou moins de distance ; les prisonniers demeuraient ainsi couchés sur le dos, ayant les pieds serrés et les jambes étendues, d'une manière fort gênante.

Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas chantaient les louanges de Dieu, et les prisonniers les entendaient.

Tout à coup il se fit un tremblement de terre si violent que les fondements de la prison en furent ébranlés ; au même instant, toutes les portes s’ouvrirent et les liens de tous les prisonniers tombèrent.

Le geôlier s’étant éveillé et voyant les portes de la prison ouvertes, tira son épée, et il allait se tuer, pensant que les prisonniers avaient pris la fuite.

Mais Paul cria d’une voix forte : « Ne te fais point de mal, nous sommes tous ici. »

Alors Le geôlier, ayant demandé de la lumière, entra précipitamment et se jeta tout tremblant aux pieds de Paul et de Silas ; puis

il les fit sortir et dit : « Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ? »

Ils répondirent : « Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé, toi et ta famille. »

Et ils lui annoncèrent la parole de Dieu, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans la maison.

Les prenant avec lui à cette heure de la nuit, il lava leurs plaies, et aussitôt après il fut baptisé, lui et tous les siens.

Ensuite il les fit monter dans sa maison et leur servit à manger, se réjouissant avec toute sa famille d’avoir cru en Dieu.

Quand il fit jour, les stratèges envoyèrent les licteurs qui dirent : « Mets ces hommes en liberté. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les licteurs, officiers publics qui portaient des faisceaux de verges devant les magistrats romains et exécutaient leurs ordres.

Le geôlier annonça la chose à Paul : « Les stratèges ont envoyé l’ordre de vous relâcher ; sortez donc maintenant et allez en paix. »

Mais Paul dit aux licteurs : « Après nous avoir publiquement battus de verges, sans jugement, nous qui sommes Romains, on nous a jetés en prison, et maintenant on nous fait sortir en secret ! Il n’en sera pas ainsi. Qu’ils viennent eux-mêmes

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sans jugement, nous, citoyens romains. La loi romaine protégeait avec beaucoup de soin les citoyens romains. « Beaucoup, dit Cicéron, peuvent être absous après qu'on a entendu leur cause ; personne ne peut être condamné sans avoir été entendu. C'est un crime d'enchaîner et de frapper un citoyen romain. »

nous mettre en liberté. « Les licteurs rapportèrent ces paroles aux stratèges, qui furent effrayés en apprenant que ces hommes étaient Romains.

Ils vinrent donc les exhorter, et ils les mirent en liberté, en les priant de quitter la ville.

Au sortir de la prison, Paul et Silas entrèrent chez Lydie, et après avoir vu et exhorté les frères, ils partirent.