Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
Actes des Apôtres 5
ALORS un homme, nommé Ananie, et Saphire, sa femme, vendirent ensemble un fonds de terre ;
et cet homme ayant retenu, de concert avec sa femme, une partie du prix qu’il en avait reçu, apporta le reste, et le mit aux pieds des apôtres.
Mais Pierre lui dit : Ananie, comment Satan a-t-il tenté votre cœur, jusqu’à vous faire mentir au Saint-Esprit, et détourner une partie du prix de ce fonds de terre ?
Ne demeurait-il pas toujours à vous, si vous aviez voulu le garder ; et après même l’avoir vendu, le prix n’en était-il pas encore à vous ? Comment donc avez-vous conçu ce dessein dans votre cœur ? Ce n’est pas aux hommes que vous avez menti, mais à Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
N'était-il pas encore en ta puissance, par le prix que tu en avais retiré, et qu'il dépendait de toi de garder ?
Ananie ayant entendu ces paroles, tomba, et rendit l’esprit ; et tous ceux qui en entendirent parler, furent saisis d’une grande crainte.
Aussitôt quelques jeunes gens vinrent prendre son corps, et l’ayant emporté ils l’enterrèrent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ils l'ensevelirent. En Palestine, on enterrait les morts immédiatement après le décès.
Environ trois heures après, sa femme, qui ne savait point ce qui était arrivé, entra ;
et Pierre lui dit : Femme, dites-moi, n’avez-vous vendu votre fonds de terre que cela ? Elle lui répondit : Non, nous ne l’avons vendu que cela.
Alors Pierre lui dit : Comment vous êtes-vous ainsi accordés ensemble pour tenter l’Esprit du Seigneur ? Voilà ceux qui viennent d’enterrer votre mari, qui sont à cette porte, et ils vont aussi vous porter en terre.
Au même moment elle tomba à ses pieds, et rendit l’esprit. Ces jeunes hommes étant entrés, la trouvèrent morte, et l’emportant ils l’enterrèrent auprès de son mari.
Cet événement répandit une grande frayeur dans toute l’Eglise, et parmi tous ceux qui en entendirent parler.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L'Eglise : c'est la première fois que ce mot paraît dans les Actes des Apôtres avec la signification de société de tous les Fidèles.
Cependant les apôtres faisaient beaucoup de miracles et de prodiges parmi le peuple ; et tous les fidèles étant unis dans un même esprit, s’assemblaient dans la galerie de Salomon :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par les mains des Apôtres. Les Hébreux se servaient des mots main, mains pour exprimer les idées de moyen, d'instrument, d'entremise. ― Dans le portique de Salomon. Voir Jean, 10, 23.
aucun des autres n’osait se joindre à eux ; mais le peuple leur donnait de grandes louanges :
et le nombre de ceux qui croyaient au Seigneur, tant hommes que femmes, se multipliait de plus en plus :
les apôtres, dis-je, faisaient beaucoup de miracles ; de sorte qu’on apportait les malades dans les rues, et qu’on les mettait sur des lits et sur des paillasses, afin que lorsque Pierre passerait, son ombre au moins couvrît quelqu’un d’eux, et qu’ils fussent délivrés de leurs maladies.
Un grand nombre de personnes accouraient aussi des villes voisines à Jérusalem, où ils amenaient les malades, et ceux qui étaient tourmentés par les esprits impurs ; et ils étaient tous guéris.
Alors le grand prêtre, et tous ceux qui étaient avec lui, c’est-à-dire, ceux de la secte des saducéens, étant remplis de colère, s’élevèrent ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De la secte des sadducéens. Voir Matthieu, note 3.7.
et ayant fait prendre les apôtres, ils les mirent dans la prison publique.
Mais un ange du Seigneur ouvrit durant la nuit les portes de la prison ; et les ayant fait sortir, il leur dit :
Allez dans le temple, et prêchez-y hardiment au peuple toutes les paroles de cette doctrine de vie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L'expression cette vie peut désigner, ou la vie éternelle que les Apôtres prêchaient habituellement dans leurs discours, ou la vie nouvelle, c'est-à-dire la nouvelle religion, le christianisme.
Ce qu’ayant entendu, ils entrèrent au temple dès le point du jour, et se mirent à prêcher. Cependant le grand prêtre, et ceux qui étaient avec lui, étant venus, ils assemblèrent le conseil, et tous les sénateurs du peuple d’Israël, et envoyèrent à la prison, afin qu’on amenât les apôtres.
Les officiers y étant venus, ouvrirent la prison, et ne les ayant point trouvés, ils s’en retournèrent faire leur rapport :
Nous avons, dirent-ils, trouvé la prison bien fermée, et les gardes devant les portes ; mais l’ayant ouverte, nous n’avons trouvé personne dedans.
Le capitaine des gardes du temple, et les princes des prêtres, ayant entendu ces paroles, se trouvèrent fort en peine touchant ces hommes, ne sachant ce que deviendrait cette affaire.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le magistrat du temple. Voir Luc, 22, 4.
Mais quelqu’un vint leur dire au même temps : Voilà ces hommes que vous aviez mis en prison, qui sont dans le temple, et qui enseignent le peuple.
Alors le capitaine des gardes du temple partit avec ses officiers, et les amena sans violence : car ils craignaient d’être lapidés par le peuple.
Quand ils les eurent amenés, ils les présentèrent au conseil ; et le grand prêtre leur parla en ces termes :
Ne vous avions-nous pas expressément défendu d’enseigner en ce nom-là ? Cependant vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine, et vous voulez nous charger du sang de cet homme.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Nous vous avons défendu absolument ; littéralement En défendant nous vous avons défendu ; hébraïsme, dont le but est de donner de la force et de l'énergie au discours.
Pierre et les apôtres répondirent : Il faut plutôt obéir à Dieu qu’aux hommes.
Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous avez fait mourir en le pendant sur le bois.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A un bois, au bois : c'était, d'après la Loi, le supplice des grands criminels, et celui qui le subissait était « maudit de Dieu » (voir Deutéronome, 21, 23). Pierre choisit à dessein une expression qui rappelle toutes ces idées.
C’est lui que Dieu a élevé par sa droite comme étant le Prince et le Sauveur, pour donner à Israël la grâce de la pénitence et de la rémission des péchés.
Nous sommes nous-mêmes les témoins de ce que nous vous disons ; et le Saint-Esprit, que Dieu a donné à tous ceux qui lui obéissent, l’est aussi avec nous.
Ayant entendu ces choses, ils étaient transportés de rage, et ils délibéraient de les faire mourir.
Mais un pharisien, nommé Gamaliel, docteur de la loi, qui était honoré de tout le peuple, se levant dans le conseil, commanda qu’on fît retirer les apôtres pour un peu de temps ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Gamaliel, pharisien, docteur de la loi, avait été le maître de saint Paul. On croit généralement qu'il est le même que le docteur de ce nom si célèbre dans le Talmud. Il était fils de Rabbi Siméon et petit-fils de Hillel, l'un des docteurs de la loi les plus renommés. Il fut président du Sanhédrin sous Tibère, Caligula et Claude. D'après la tradition, il se convertit au christianisme et mourut dix-huit ans avant la prise de Jérusalem par Titus.
et il dit à ceux qui étaient assemblés : Ô Israélites ! prenez garde à ce que vous allez faire à l’égard de ces personnes.
Car il y a quelque temps qu’il s’éleva un certain Théodas, qui prétendait être quelque chose de grand : il y eut environ quatre cents hommes qui s’attachèrent à lui ; mais il fut tué ; et tous ceux qui avaient cru en lui se dissipèrent, et furent réduits à rien.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Quelqu'un de grand, un personnage important, comme il est dit dans Actes des Apôtres, 8, 9. ― Théodas. Josèphe parle d'un Théodas qui se révolta aussi contre les Romains, mais ce ne peut être celui qui est mentionné par saint Luc, parce que celui dont l'historien juif nous a conservé le souvenir ne se souleva contre la domination étrangère que dix à douze ans au moins après le discours de Gamaliel, c'est-à-dire vers l'an 44 ou 45, sous l'empereur Claude. De plus, d'après les Actes des Apôtres, Théodas vivant Judas le Galiléen, dont l'insurrection éclata vers l'an 6 ou 7 de notre ère ; il faut donc placer sa révolte à la fin du règne d'Hérode-le-Grand. L'année même de la mort de ce roi fut agitée par beaucoup de troubles et il s'éleva de divers côtés des chefs fanatiques dont la plupart ne sont pas nommés par Josèphe. Parmi ces insurgés indiqués seulement d'une manière vague pouvait se trouver le Théodas des Actes des Apôtres. Ce nom était assez commun en Palestine.
Judas de Galilée s’éleva après lui dans le temps du dénombrement du peuple, et il attira à soi beaucoup de monde ; mais il périt aussi ; et tous ceux qui étaient entrés dans son parti, furent dissipés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Judas le Galiléen ou le Gaulonite, qui se révolta contre les Romains « aux jours du dénombrement » de Quirinus, l'an 6 de notre ère, était, d'après les renseignements que nous fournit Josèphe dans ses Antiquités hébraïques, un Gaulonite, originaire de Gamala. Il reçut le surnom de Galiléen, sans doute parce que son insurrection éclata en Galilée. Il avait pris pour mot d'ordre : « Nous n'avons pas d'autre Seigneur ni d'autre maître que Dieu. » Judas périt et ses sectateurs se dispersèrent. Josèphe le considère, avec le pharisien Sadoc, comme le fondateur d'une nouvelle secte, celles des Gaulonites, qui vint s'ajouter à celles des Pharisiens, des Sadducéens et des Esséniens. Les Gaulonites peuvent être considérés comme les précurseurs ou les ancêtres des Zélotes qui dominèrent à Jérusalem pendant le siège de cette ville par Titus.
Voici donc le conseil que je vous donne : Ne vous mêlez point de ce qui regarde ces gens-là, et laissez-les faire : car si ce conseil, ou cette œuvre, vient des hommes, elle se détruira.
Si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire, et vous seriez en danger de combattre contre Dieu même. Ils se rendirent à son avis.
Et ayant fait venir les apôtres, ils leur défendirent, après les avoir fait fouetter, de parler à l’avenir au nom de Jésus ; et ils les laissèrent aller.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Déchirer de coups. Voir, sur cette expression, Matthieu, 21, 35.
Alors les apôtres sortirent du conseil, tout remplis de joie de ce qu’ils avaient été jugés dignes de souffrir cet outrage pour le nom de Jésus.
Et ils ne cessaient point tous les jours d’enseigner et d’annoncer Jésus-Christ, et dans le temple et dans les maisons.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ananie, comme on le voit au verset 4, était absolument maître de son argent, et il n'aurait point péché en le gardant chez lui ; mais ce qui l'a rendu coupable d'un crime que Dieu lui-même a jugé digne de mort, c'est d'avoir retenu par avarice une partie de cet argent, en voulant néanmoins se donner en public le mérite de l'avoir tout offert, et ne craignant pas pour cela de mentir à Dieu et aux hommes.