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Actes des Apôtres 15
OR quelques-uns qui étaient venus de Judée, enseignaient cette doctrine aux frères : Si vous n’êtes circoncis selon la pratique de la loi de Moïse, vous ne pouvez être sauvés.
Paul et Barnabé s’étant donc élevés fortement contre eux, il fut résolu que Paul et Barnabé, et quelques-uns d’entre les autres, iraient à Jérusalem, vers les apôtres et les prêtres, pour leur proposer cette question.
Les fidèles de cette Église les ayant donc fait conduire, ils traversèrent la Phénicie et la Samarie, racontant la conversion des gentils ; ce qui donnait beaucoup de joie à tous les frères.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Accompagnés par l'Eglise ; c'est-à-dire que l'Eglise les fit accompagner par quelques fidèles. ― La Phénicie. Voir Actes des Apôtres, 11, 19.
Et étant arrivés à Jérusalem, ils furent reçus par l’Église, par les apôtres et par les prêtres ; et ils leur rapportèrent combien Dieu avait fait de grandes choses avec eux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les anciens, titre de dignité, les prêtres.
Mais quelques-uns de la secte des pharisiens, qui avaient embrassé la foi, s’élevèrent, et soutinrent qu’il fallait circoncire les gentils, et leur ordonner de garder la loi de Moïse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qu'ils fussent circoncis ; c'est-à-dire que les gentils fussent circoncis quand ils se convertissaient.
Les apôtres donc, et les prêtres, s’assemblèrent pour examiner et résoudre cette affaire.
Et après en avoir beaucoup conféré ensemble, Pierre se leva, et leur dit : Mes frères, vous savez qu’il y a longtemps que Dieu m’a choisi d’entre nous, afin que les gentils entendissent par ma bouche la parole de l’Évangile, et qu’ils crussent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 10, 20.
Et Dieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage, leur donnant le Saint-Esprit aussi bien qu’à nous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 10, 45.
Et il n’a point fait de différence entre eux et nous, ayant purifié leurs cœurs par la foi.
Pourquoi donc tentez-vous maintenant Dieu, en imposant aux disciples un joug que ni nos pères, ni nous, n’avons pu porter ?
Mais nous croyons que c’est par la grâce du Seigneur Jésus-Christ, que nous serons sauvés, aussi bien qu’eux.
Alors toute la multitude se tut ; et ils écoutaient Barnabé et Paul, qui leur racontaient combien de miracles et de prodiges Dieu avait faits par eux parmi les gentils.
Après qu’ils se furent tus, Jacques prit la parole, et dit : Mes frères, écoutez-moi :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jacques le Mineur, premier évêque de Jérusalem, cousin de Notre Seigneur.
Simon vous a représenté de quelle sorte Dieu a commencé de regarder favorablement les gentils, pour choisir parmi eux un peuple consacré à son nom ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un peuple pour son nom ; c'est-à-dire pour lui ; un peuple qui lui appartenait d'une manière toute particulière. Nous avons déjà fait remarquer que dans l'Ecriture le nom se prend souvent pour la personne même. Cela a lieu surtout quand il s'agit de Dieu.
et les paroles des prophètes s’y accordent, selon qu’il est écrit :
Après cela je reviendrai édifier de nouveau la maison de David, qui est tombée ; je réparerai ses ruines, et la relèverai :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Amos, 9, 11.
afin que le reste des hommes, et tous les gentils qui seront appelés de mon nom, cherchent le Seigneur : c’est ce que dit le Seigneur, qui fait ces choses.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sur lesquelles mon nom a été invoqué ; ou bien qui sont appelées de mon nom, qui portent mon nom. La phrase, en hébreu, est susceptible de ces deux sens.
Dieu connaît son œuvre de toute éternité.
C’est pourquoi je juge qu’il ne faut point inquiéter ceux d’entre les gentils qui se convertissent à Dieu ;
mais qu’on doit seulement leur écrire, qu’ils s’abstiennent des souillures des idoles, de la fornication, des chairs étouffées, et du sang.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les souillures des idoles signifient ici les viandes immolées aux idoles, divinités impures et abominables.
Car quant aux Juifs, il y a depuis longtemps en chaque ville des hommes qui leur annoncent les enseignements de Moïse dans les synagogues, où on le lit chaque jour de sabbat.
Alors il fut résolu par les apôtres et les prêtres, avec toute l’Église, de choisir quelques-uns d’entre eux pour les envoyer à Antioche, avec Paul et Barnabe. Ils choisirent donc Jude, surnommé Barsabas, et Silas, qui étaient des principaux entre les frères ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Aux anciens, aux prêtres. ― Jude… Barsabas n'est nommé que dans ce chapitre. ― Silas, qui apparaît ici pour la première fois, devint un des compagnons de saint Paul, qu'il suivit dans sa mission en Macédoine (voir Actes des Apôtres, 15, 40 ; 17, 4). Il demeura à Bérée quand saint Paul quitta cette ville, mais il rejoignit ensuite l'Apôtre à Corinthe où il continua probablement quelque temps à prêcher l'Evangile. Silas n'est qu'une contraction de Silvanus et c'est sous ce dernier nom que saint Paul le mentionne dans ses Epîtres. Le Silvanus par lequel saint Pierre envoya sa première Epître aux Eglises de l'Asie Mineure est probablement le même.
et ils écrivirent par eux cette lettre : Les Apôtres, les prêtres, et les frères : à nos frères d’entre les gentils, qui sont à Antioche, en Syrie et en Cilicie : Salut !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Par eux, littéralement : Par leurs mains, voir Actes des Apôtres, 5, 12. ― En Syrie. Voir Matthieu, 4, 24. ― En Cilicie. Voir Actes des Apôtres, 5, 9.
Comme nous avons su que quelques-uns qui venaient d’avec nous, vous ont troublés par leurs discours, et ont renversé vos âmes, sans toutefois que nous leur en eussions donné aucun ordre :
après nous être assemblés dans un même esprit, nous avons jugé à propos de vous envoyer des personnes choisies, avec nos chers frères Barnabé et Paul,
qui sont des hommes qui ont exposé leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus-Christ.
Nous vous envoyons donc Jude et Silas, qui vous feront entendre les mêmes choses de vive voix.
Car il a semblé bon au Saint-Esprit et à nous, de ne vous point imposer d’autre charge, que celles-ci qui sont nécessaires ;
savoir : de vous abstenir de ce qui aura été sacrifié aux idoles, du sang, des chairs étouffées, et de la fornication ; abstenez-vous de ces choses, et vous ferez bien. Adieu !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il était d'autant plus nécessaire de défendre expressément aux gentils la fornication, qu'elle passait généralement chez eux pour une chose permise. Quant au sang et à la chair des animaux étouffés, cette défense avait été faite aux hommes aussitôt après le déluge. Saint Jacques est d'avis qu'on la maintienne, soit pour inspirer de plus en plus aux gentils convertis l'horreur du meurtre et du sang ; soit afin que les Juifs eussent moins d'aversion pour les gentils qui embrassaient le christianisme, en les voyant d'accord avec eux sur un point qu'ils regardaient comme un des plus importants. Toutefois cette défense n'était que temporaire.
Ayant donc été envoyés de la sorte, ils vinrent à Antioche, ou ils assemblèrent les fidèles, et leur rendirent cette lettre,
qu’ils lurent avec beaucoup de consolation et de joie.
Jude et Silas étant eux-mêmes prophètes, consolèrent et fortifièrent aussi les frères par plusieurs discours.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tous ceux qui avaient le don d'interpréter les Ecritures et de parler des choses de Dieu étaient appelé prophètes, aussi bien que ceux qui étaient inspirés pour prédire l'avenir.
Et après qu’ils eurent demeuré là quelque temps, les frères les renvoyèrent en paix à ceux qui les avaient envoyés.
Silas néanmoins jugea à propos de demeurer à Antioche, et Jude retourna seul à Jérusalem.
Paul et Barnabé demeurèrent aussi à Antioche, où ils enseignaient et annonçaient avec plusieurs autres la parole du Seigneur.
Quelques jours après, Paul dit à Barnabé : Retournons visiter nos frères par toutes les villes où nous avons prêché la parole du Seigneur, pour voir en quel état ils sont.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Visiter. Dieu inspira ensuite à Paul un autre dessein (voir Actes des Apôtres, 16, 6-9).
Or Barnabé voulait prendre avec lui Jean, surnommé Marc.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jean… Marc. Voir Actes des Apôtres, 12, 12.
Mais Paul le priait de considérer qu’il n’était pas à propos de prendre avec eux celui qui les avait quittés en Pamphylie, et qui ne les avait point accompagnés dans leur ministère.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En Pamphylie. Voir Actes des Apôtres, 13,13.
Il se forma donc entre eux une contestation, qui fut cause qu’ils se séparèrent l’un de l’autre. Barnabé prit Marc avec lui, et s’embarqua pour aller en Cypre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pour Chypre. Voir Actes des Apôtres, 11, 19.
Et Paul ayant choisi Silas, partit avec lui, après avoir été abandonné à la grâce de Dieu par les frères.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
C'est le commencement du second voyage apostolique de saint Paul, en l'an 51.
Il traversa la Syrie et la Cilicie, confirmant les Églises, et leur ordonnant de garder les règlements des apôtres et des prêtres.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La Syrie. Voir Matthieu, 4, 24. ― La Cilicie. Voir Actes des Apôtres, 5, 9.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Galates, 5, 2. ― Les faits racontés dans ce chapitre se passèrent en l'an 51.