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Actes des Apôtres 6
EN ce temps-là le nombre des disciples se multipliant, il s’éleva un murmure des Juifs grecs contre les Juifs hébreux, de ce que leurs veuves étaient méprisées dans la dispensation de ce qui se donnait chaque jour.
C’est pourquoi les douze apôtres ayant assemblé tous les disciples, leur dirent : Il n’est pas juste que nous quittions la prédication de la parole de Dieu, pour avoir soin des tables.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Au service des tables, à ce qui est nécessaire pour la vie corporelle, acquisition, préparation et distribution des aliments.
Choisissez donc, mes frères, sept hommes d’entre vous d’une probité reconnue, pleins de l’Esprit-Saint et de sagesse, à qui nous commettions ce ministère.
Et pour nous, nous nous appliquerons entièrement à la prière, et à la dispensation de la parole.
Ce discours plut à toute l’assemblée ; et ils élurent Étienne, homme plein de foi et du Saint-Esprit ; Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas, et Nicolas, prosélyte d’Antioche.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Prosélyte. Comparer à Actes des Apôtres, 2, 11. ― Etienne. Son nom, en grec, Stéphanos, signifie couronne. On croit que c'était un des soixante-douze disciples. Son histoire est racontée dans le chapitre 7 des Actes des Apôtres. ― Philippe était marié et avait quatre filles qui furent douées du don de prophétie (voir Actes des Apôtres, 21, 8-9). Il fut un des disciples les plus zélés pour la propagation du christianisme (voir Actes des Apôtres, 8, 5-17 ; 26-40). On croit qu'il mourut à Césarée. ― Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, prosélyte d'Antioche, ne nous sont authentiquement connus que de nom par ce passage. Une tradition rapporte que Prochore fut sacré par saint Pierre comme évêque de Nicomédie. ― Le pseudo-Hippolyte dit que Nicanor était un des soixante-douze disciples et qu'il mourut vers le même temps que saint Etienne. ― Timon, d'après un écrit attribué à Dorothée de Tyr, était aussi un des soixante-douze disciples ; il devint évêque de Bostra et consomma son martyre par le supplice du feu. ― Parménas subit, à ce qu'on croit, le martyre à Philippes sous le règne de Trajan. ― Enfin Nicolas était d'origine païenne, puisqu'il est qualifié de prosélyte. D'après plusieurs, il fut infidèle à sa vocation et devint le chef de la secte des Nicolaïtes, dont parle saint Jean dans l'Apocalypse, 2, vv. 6, 15. Les Nicolaïtes le regardaient en effet comme leur père ; mais il n'est pas certain que leur opinion fût fondée. ― Les noms des sept diacres sont tous grecs, ce qui semble indiquer que les six premiers étaient des Juifs hellénistes, le septième étant d'origine grecque.
Ils les présentèrent devant les apôtres, qui leur imposèrent les mains, en priant.
Cependant la parole du Seigneur se répandait de plus en plus, et le nombre des disciples augmentait fort dans Jérusalem. Il y en avait aussi beaucoup d’entre les prêtres qui obéissaient à la foi.
Or Étienne étant plein de grâce et de force, faisait de grands prodiges et de grands miracles parmi le peuple.
Et quelques-uns de la synagogue qui est appelée la synagogue des affranchis, des Cyrénéens, des Alexandrins, et de ceux de Cilicie et d’Asie, s’élevèrent contre Étienne, et disputaient avec lui ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sur les synagogues, voir Matthieu, 4, 23. D'après les Rabbins, il y avait à Jérusalem quatre cent vingts synagogues. Saint Luc énumère ici plusieurs d'entre elles. ― On appelait Affranchis ceux qui d'esclaves étaient devenus libres. La synagogue des Affranchis avait été probablement construite par les Juifs que Pompée avait autrefois faits prisonniers de guerre et qui avaient recouvré ensuite leur liberté. Ils s'étaient fixés pour la plupart à Rome, mais ils avaient fait élever à leurs frais une synagogue à Jérusalem, afin de pouvoir s'y réunir quand ils allaient en pèlerinage dans la ville sainte. ― Celle des Cyrénéens, des Juifs de Cyrène en Afrique. Voir Actes des Apôtres, 2, 10. ― Des Alexandrins, d'Alexandrie, ville d'Egypte où les Juifs étaient très nombreux. ― De Cilicie, province de l'Asie Mineure, bornée au nord par la Cappadoce, la Lycaonie et l'Isaurie, à l'ouest par la Pamphilie, au sud par la Méditerranée, à l'est par la Syrie. Saint Paul, étant Cilicien d'origine, devait fréquenter la synagogue de Cilicie. ― D'Asie, de la province proconsulaire de ce nom. Voir Actes des Apôtres, 2, 9.
mais ils ne pouvaient résister à la sagesse et à l’Esprit qui parlait en lui.
Alors ils subornèrent des gens, pour leur faire dire, qu’ils lui avaient entendu proférer des paroles de blasphème contre Moïse et contre Dieu.
Ils émurent donc le peuple, les sénateurs et les scribes ; et se jetant sur Étienne, ils l’entraînèrent et l’emmenèrent au conseil.
Et ils produisirent contre lui de faux témoins, qui disaient : Cet homme ne cesse point de proférer des paroles de blasphème contre le lieu saint et contre la loi :
car nous lui avons entendu dire, que ce Jésus de Nazareth détruira ce lieu, et changera les ordonnances que Moïse nous a laissées.
Et tous ceux qui étaient assis dans le conseil, ayant les yeux sur lui, son visage leur parut comme le visage d’un ange.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans le Conseil, dans le Sanhédrin.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le mot Grecs désigne ici les Juifs qui étant nés parmi les Grecs, venus des provinces et établis à Jérusalem, ne parlaient que la langue grecque. Les Hébreux étaient des Juifs nés en Palestine et parlant la langue nationale. ― Les veuves avaient d'autant plus besoin d'être assistées que, suivant la loi, elles ne pouvaient hériter.