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Luc 6
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Un jour de sabbat, dit le second-premier, comme Jésus traversait des champs de blé, ses disciples cueillaient des épis, et, les froissant dans leurs mains, les mangeaient.
Quelques Pharisiens leur dirent : « Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? »
Jésus leur répondit : « Vous n’avez donc pas lu ce que fit David, lorsqu’il eut faim, lui et ceux qui l’accompagnaient :
comment il entra dans la maison de Dieu, et prit les pains de proposition, en mangea et en donna à ceux qui étaient avec lui, bien qu’il ne soit permis d’en manger qu’aux prêtres seuls ? »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Rois, 21, 6 ; Exode, 29, 32 ; Lévitique, 24, 9 ; Matthieu, 12, 4.
Et il ajouta : « Le Fils de l’homme est maître même du sabbat. »
Un autre jour de sabbat, Jésus entra dans la synagogue et il enseignait. Et il y avait là un homme dont la main droite était desséchée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 12, 10 ; Marc, 3, 1.
Or, les Scribes et les Pharisiens l’observaient, pour voir s’il faisait des guérisons le jour du sabbat, afin d’avoir un prétexte pour l’accuser.
Mais lui, pénétrant leurs pensées, dit à l’homme qui avait la main desséchée : « Lève-toi, et tiens-toi au milieu » ; et lui, s’étant levé, se tint debout.
Alors Jésus leur dit : « Je vous le demande, est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver la vie ou de l’ôter ? »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De sauver une âme, etc. Voir Matthieu, 10, 39.
Puis, promenant son regard sur eux tous, il dit à cet homme : « Étends ta main. » Il l’étendit et sa main redevint saine.
Mais eux, remplis de démence, se consultaient sur ce qu’ils feraient à Jésus. B. — De l’élection des Apôtres à la multiplication des pains. [VI, 12 — IX, 9.]
En ces jours-là, il se retira sur la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sur la montagne. Peut-être la montagne des Béatitudes, Koroun-el-Hattin. Voir Matthieu, 5, 1.
Quand il fut jour, il appela ses disciples, et choisit douze d’entre eux, qu’il nomma apôtres :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 10, 1 ; Marc, 3, 14. ― Apôtres, c’est-à-dire envoyés. Une nuit de prières précède l’élection des Apôtres : de ce choix dépendait l’avenir de l’Eglise. Sur les noms qui suivent, voir Matthieu, 10, 3.
Simon, auquel il donna le nom de Pierre, et André son frère, Jacques et Jean, Philippe et Barthélemy,
Matthieu et Thomas, Jacques, fils d’Alphée, et Simon, appelé le Zélé,
Jude, frère de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint traître.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Judas, frère de Jacques, est communément appelé Jude, pour qu’on ne le confonde pas avec Judas l’Iscariote.
Étant descendu avec eux, il s’arrêta sur un plateau, où se trouvaient une foule de ses disciples et une grande multitude de peuple de toute la Judée, de Jérusalem et de toute la région maritime de Tyr et de Sidon.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tyr et Sidon. Voir Marc, 3, 8.
Ils étaient venus pour l’entendre et pour être guéris de leurs maladies. Ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs étaient guéris.
Et toute cette foule cherchait à le toucher, parce qu’il sortait de lui une vertu qui les guérissait tous.
Alors, levant les yeux vers ses disciples, il leur dit : « Heureux, vous qui êtes pauvres, car le royaume des cieux est à vous !
Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés ! Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie !
Heureux serez-vous, lorsque les hommes vous haïront, vous repousseront de leur société, vous chargeront d’opprobre, et rejetteront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme.
Réjouissez-vous en ce jour-là, et tressaillez de joie, car voici que votre récompense est grande dans le ciel : c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.
Commentaire (versets 20 à 23) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 20 à 23 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Voir Matthieu, notes 5.3 à 5.10. Le sermon sur la montagne est abrégé ici par saint Luc.
Mais malheur à vous, riches, car vous avez votre consolation !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 31, 8 ; Amos, 6, 1.
Malheur à vous, qui êtes rassasiés, car vous aurez faim ! Malheur à vous, qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et dans les larmes !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 65, 13.
Malheur à vous, quand tous les hommes diront du bien de vous, car c’est ce que leurs pères faisaient à l’égard des faux prophètes !
Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis ; faites du bien à ceux qui vous haïssent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 5, 44.
Bénissez ceux qui vous maudissent, et priez pour ceux qui vous maltraitent.
Si quelqu’un te frappe sur une joue, présente-lui encore l’autre ; et si quelqu’un t’enlève ton manteau, ne l’empêche pas de prendre aussi ta tunique.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 5, 39 ; 1 Corinthiens, 6, 7. ― Votre manteau… votre tunique. Voir Matthieu, 5, 40.
Donne à quiconque te demande, et si l’on te ravit ton bien, ne le réclame point.
Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pareillement pour eux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Tobie, 4, 16 ; Matthieu, 7, 12.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 5, 46.
Et si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quel gré vous en saura-t-on ? Les pécheurs aussi en font autant.
Et si vous prêtez à ceux de qui vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Des pécheurs aussi prêtent à des pécheurs, afin qu’on leur rende l’équivalent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 15, 8 ; Matthieu, 5, 42.
Pour vous, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour ; et votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, qui est bon aux ingrats et aux méchants.
Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez point, et vous ne serez point jugés ; ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés ; remettez et il vous sera remis.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 7, 1.
Donnez, et il vous sera donné : on versera dans votre sein une bonne mesure, pressée, secouée et débordante, car on se servira, pour vous rendre, de la même mesure avec laquelle vous aurez mesuré. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 7, 2 ; Marc, 4, 24. ― Dans votre sein, pan de vêtement, cavité que produisait la partie supérieure et antérieure du vêtement qui était peu serré par la ceinture.
Il leur fit encore cette comparaison : « Un aveugle peut-il conduire un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans la fosse ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Notre-Seigneur avait en vue les Scribes et les Pharisiens (voir Matthieu, 15, 14). ― Tous deux, le maître et le disciple. Pour qu’il en fût autrement, c’est-à-dire pour que le disciple ne tombât pas avec le maître, il devrait être plus grand et plus sage que lui (voir verset 40) ; mais cela n’arrive pas d’ordinaire : tout disciple, quand il a reçu la plénitude de l’instruction, n’arrive qu’à être comme son maître. Ce verset est pris dans un autre sens (voir Matthieu, 10, 24).
Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais tout disciple, son instruction achevée, sera comme son maître.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 10, 24 ; Jean, 13, 16.
Pourquoi regardes-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et ne remarques-tu pas la poutre qui est dans ton œil ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 7, 3.
Ou comment peux-tu dire à ton frère : Mon frère, laisse-moi ôter cette paille de ton œil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil, et tu verras ensuite à ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère.
En effet, il n’y a pas de bon arbre qui porte de mauvais fruits, ni de mauvais arbre qui porte de bons fruits ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 7, 18 ; 12, 33.
chaque arbre se reconnaît à son fruit. On ne cueille pas de figues sur les épines ; on ne coupe pas de raisin sur les ronces.
L’homme bon tire le bien du bon trésor de son cœur ; et, de son mauvais trésor, l’homme méchant tire le mal ; car la bouche parle de l’abondance du cœur.
Pourquoi m’appelez-vous Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 7, 21 ; Romains, 2, 13 ; Jacques, 1, 22.
Tout homme qui vient à moi, qui écoute mes paroles, et les met en pratique, je vous montrerai à qui il est semblable.
Il est semblable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé bien avant, et en a posé les fondements sur le roc. Une inondation étant survenue, le torrent s’est jeté contre cette maison, et il n’a pu l’ébranler, parce qu’elle était fondée sur le roc.
Mais celui qui écoute et ne met pas en pratique, est semblable à un homme qui a bâti sa maison sur la terre, sans fondements ; le torrent est venu se heurter contre elle, et elle est tombée aussitôt, et grande a été la ruine de cette maison. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 12, 1 ; Marc, 2, 23. ― Second-premier ; le premier sabbat après le second jour de la Pâque. ― Arrachaient les épis. Voir Matthieu, note 12.1.