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Luc 10
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Après cela, le Seigneur en désigna encore soixante-douze autres, et les envoya devant lui, deux à deux, dans toutes les villes et tous les lieux où lui-même devait aller.
Il leur dit : « La moisson est grande, mais les ouvriers sont en petit nombre. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 9, 37.
Partez : voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 10, 16.
Ne portez ni bourse, ni sac, ni souliers, et ne saluez personne en chemin.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Marc, 6, 8 ; Matthieu, 10, 10 ; 4 Rois, 4, 29. ― Ne saluez personne dans votre chemin, manière de parler des Hébreux pour dire qu’il faut que rien ne les arrête en chemin.
Dans quelque maison que vous entriez, dites d’abord : Paix à cette maison !
Et s’il s’y trouve un enfant de paix, votre paix reposera sur lui ; sinon, elle reviendra à vous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un fils de la paix ; hébraïsme, pour quelqu’un digne de la paix.
Demeurez dans la même maison, mangeant et buvant de ce qu’il y aura chez eux ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas d’une maison dans une autre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 24, 14 ; Matthieu, 10, 10 ; 1 Timothée, 5, 18.
Dans quelque ville que vous entriez, si l’on vous reçoit, mangez ce qu’on vous présentera ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mangez ce qui vous sera présenté. Comparer à Matthieu, 15, 11.
guérissez les malades qui s’y trouveront, et dites-leur : Le royaume de Dieu est proche de vous.
Mais dans quelque ville que vous entriez, si l’on ne vous reçoit pas, allez sur les places publiques et dites :
La poussière même de votre ville, qui s’est attachée à nous, nous l’essuyons contre vous ; sachez cependant ceci, c’est que le royaume de Dieu est proche.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 13, 51.
Je vous le dis, il y aura, en ce jour-là, moins de rigueur pour Sodome que pour cette ville.
Malheur à toi, Corozaïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont été faits au milieu de vous, l’avaient été dans Tyr et dans Sidon, elles auraient depuis longtemps fait pénitence, assises sous le cilice et la cendre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 11, 21. ― Corozaïn, Bethsaïde. Voir Matthieu, note 11.21. ― Tyr et Sidon. Voir Marc, 3, 8.
C’est pourquoi, il y aura, au jugement, moins de rigueur pour Tyr et pour Sidon que pour vous.
Et toi, Capharnaüm, qui t’élèves au ciel, tu seras abaissée jusqu’aux enfers.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Capharnaüm. Voir Matthieu, 4, 13.
Celui qui vous écoute, m’écoute, et celui qui vous méprise, me méprise ; or celui qui me méprise, méprise Celui qui m’a envoyé. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 10, 40 ; Jean, 13, 20.
Les soixante-douze revinrent avec joie, disant : « Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en votre nom. »
Il leur répondit : « Je contemplais Satan tombant du ciel comme la foudre.
Voilà que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds les serpents et les scorpions, et toute la puissance de l’ennemi, et elle ne pourra vous nuire en rien.
Seulement ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. »
Au même moment, il tressaillit de joie sous l’action de l’Esprit-Saint, et il dit : « Je vous bénis, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents, et les avez révélées aux petits enfants. Oui, je vous bénis, ô Père, de ce qu’il vous a plu ainsi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 11, 25.
Toutes choses m’ont été données par mon Père ; et personne ne sait ce qu’est le Fils, si ce n’est le Père, et ce qu’est le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. »
Et se tournant vers ses disciples, il leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 13, 16.
Car, je vous le dis, beaucoup de prophètes et de rois ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »
Et voici qu’un docteur de la Loi, s’étant levé, lui dit pour l’éprouver : « Maître, que ferai-je pour posséder la vie éternelle ? »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 22, 35 ; Marc, 12, 28.
Jésus lui dit : « Qu’y a-t-il d’écrit dans la Loi ? Qu’y lis-tu ? »
Il répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout cœur, de toute ton âme, de toute tes forces et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 6, 5.
Jésus lui dit : « Tu as bien répondu, fais cela et tu vivras. »
Mais cet homme, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? »
Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho ; il tomba entre les mains des brigands, qui le dépouillèrent, et l’ayant chargé de coups, se retirèrent, le laissant à demi-mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. « Il descendait, car Jérusalem est beaucoup plus élevée que Jéricho. La distance entre ces deux villes était d’environ cent cinquante stades (en stades olympiques, de 27 à 28 kilomètres) ; la route traversait une contrée aride, un désert. La plaine de Jéricho, véritable oasis dans le désert, était d’une grande fertilité, renommée pour ses roses, son miel et les meilleurs produits de la Palestine. Le misérable village de Riha occupe aujourd’hui l’emplacement de l’ancienne Jéricho. ― Pendant son voyage, il tomba entre les mains des voleurs qui, l’ayant dépouillée, etc. Josèphe raconte que la Palestine était alors infestée de brigands, et saint Jérôme nous apprend qu’une partie de la route de Jérusalem à Jéricho était appelée le chemin du sang, à cause du sang qui y avait été répandu ; il y avait là une garnison romaine, pour la protection des voyageurs. Aujourd’hui encore les Arabes du désert pillent fréquemment ceux qui parcourent cette contrée. » (TRENCH.)
Or, il arriva qu’un prêtre descendait par le même chemin ; il vit cet homme et passa outre.
De même un lévite, étant venu dans ce lieu, s’approcha, le vit et passa outre.
Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, et, le voyant, fut touché de compassion.
Il s’approcha, banda ses plaies, après y avoir versé de l’huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre monture, le mena dans une hôtellerie, et prit soin de lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De l’huile et du vin. Les anciens se servaient de l’huile et du vin pour panser les blessures, du vin pour les laver et les purifier, de l’huile pour en calmer l’irritation. ― En une hôtellerie, non en une hôtellerie proprement dite, mais dans le khan ou caravansérail. Voir Luc, 2, 7. La tradition place ce caravansérail à Khan-el-Akhmar.
Le lendemain, tirant deux deniers, il les donna à l’hôte et lui dit : Aie soin de cet homme, et tout ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Deux deniers. Voir Matthieu, 18, 28. ― L’hôte, celui qui est chargé de la garde du caravansérail.
Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de l’homme qui tomba entre les mains des brigands ? »
Le docteur répondit : « Celui qui a pratiqué la miséricorde envers lui. » Et Jésus lui dit : « Toi aussi, va et fais de même. »
Pendant qu’ils étaient en chemin, Jésus entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans un village. « Dans la partie méridionale de la Galilée, non loin de Naïm. » (Mgr DARBOY.) A Béthanie, selon d’autres commentateurs. ― Une femme nommée Marthe le reçut dans sa maison. « Marthe avait pour sœur Marie-Madeleine et pour frère Lazare ; ils appartenaient à une famille considérable. Il semble que Marthe fut l’aînée, car elle est toujours citée la première ; c’est aussi à cause de cette qualité sans doute qu’on la voit faire à Jésus-Christ les honneurs de la maison et déployer plus que personne les sollicitudes de l’hospitalité. Sa sœur Marie était d’une nature moins agissante. On pense que Lazare, Marthe et Marie-Madeleine quittèrent la Galilée avec leur maître et ami divin, et fixèrent leur séjour en Judée, non loin de Jérusalem. Il est certain, dans tous les cas, qu’ils habitaient le bourg de Béthanie, à quinze stades ou trois quarts de lieue de la ville sainte, durant les six mois qui précédèrent la mort du Sauveur » (Mgr DARBOY) Voir Matthieu, note 27.56.
Elle avait une sœur, nommée Marie, qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Marie Madeleine. Voir Matthieu, 27, 56.
tandis que Marthe s’empressait aux divers soins du service. S’étant donc arrêtée : « Seigneur, dit-elle, ne vous mettez-vous pas en peine que ma sœur m’ait laissée servir seule ? Dites-lui donc de m’aider. »
Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, vous vous inquiétez et vous agitez pour beaucoup de choses.
Une seule est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Marie a choisi la meilleure part. « Non pas que le Seigneur voulût blâmer Marthe, car elle eut aussi sa récompense, c’est-à-dire le don de la foi et de la charité, mais il voulait recommander la noble occupation de Marie, qui a tant d’influence sur les destinées de l’âme humaine. L’antiquité ecclésiastique a toujours vu dans ces deux femmes le double symbole de la vie active et répandue en bonnes œuvres et de la vie contemplative et consumée en ardentes prières. » (Mgr DARBOY.)
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« La liste des soixante-douze disciples ne nous a pas été transmise. Un petit nombre seulement sont connus avec certitude. On sait qu’ils furent choisis parmi ceux qui suivaient habituellement le Sauveur, et que le divin Maître les associa aux Apôtres pour les aider à instruire le peuple et le préparer à sa venue. Il est certain qu’ils étaient inférieurs aux douze, puisque Mathias, l’un d’entre eux, fut promu à l’apostolat à la place de Judas. Saint Ignace les assimile aux diacres et saint Jérôme aux prêtres. Leur ministère fut transitoire et purement personnel : ils ne transmirent à personne les pouvoirs qu’ils avaient reçus. ― Au lieu de soixante-douze disciples, la plupart des manuscrits grecs portent soixante-dix ; mais on peut croire que c’est un nombre rond employé pour soixante-douze, comme lorsqu’il s’agit des interprètes de l’Ancien Testament, ou des personnes dont se composait la famille de Jacob à son entrée en Egypte. ― On a fait cette remarque, que ce nombre répond à celui des peuples dont Moïse fait le dénombrement dans la Genèse, de même que le nombre douze répond à celui des tribus d’Israël ; car, d’après les Juifs, l’humanité se composait de soixante-dix (ou soixante-douze) peuples : quinze de Japhet, trente de Cham et vingt-sept de Sem. Cet accroissement du nombre des ouvriers apostoliques, de douze à soixante-douze, semblait annoncer l’extension prochaine de la prédication à l’univers entier. » (L. BACUEZ.)