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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

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En ces jours-là fut publié un édit de César Auguste, pour le recensement de toute la terre.

Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius commandait la Syrie.

Commentaire (versets 1 à 2) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 1 à 2 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Le recensement de Cyrinus ou Quirinus. « On a trouvé à Ancyre, en Galatie, sur les murs d’un temple consacré à Auguste, un résumé de l’histoire de son règne, écrit par lui pour être placé dans son mausolée. Or, dans ce résumé il mentionne un recensement qu’il a fait des citoyens romains, recensement qui semble supposer un dénombrement général de l’empire. Il indique la date de cette opération, et cette date coïncide avec celle du Sauveur. Nous avons de plus le témoignage de plusieurs auteurs. Suétone († 140), dans son Histoire des douze Césars, rapporte qu’Auguste a fait trois fois le recensement de l’empire et qu’il en a laissé un cadastre : breviarium. Tacite († 130) dit à peu près la même chose. Saint Justin, né à Sichem, à 12 lieues de Jérusalem, écrivait vers 138, dans son apologie à l’empereur Antonin : Jésus-Christ est né à Bethléem. Vous pouvez vous en assurer, en consultant le recensement de Quirinus, votre premier gouverneur en Judée. Tertullien écrivait de même, 150 ans après la mort d’Auguste : Les pièces originales du dénombrement d’Auguste sont conservées dans les archives de Rome. Leur déposition fournit un témoignage authentique relativement à la naissance du Sauveur. D’après cet auteur, ce serait sous le gouvernement de Saturninus que le dénombrement aurait eu lieu ; mais cela n’empêche pas qu’il ait pu être exécuté par les soins de Quirinus, associé ou subordonné pour cet effet au gouverneur. » (L. BACUEZ.)

Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville.

Joseph monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David, appelée Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Michée, 5, 2 ; Matthieu, 2, 6 ; 1 Rois, 20, 6. ― L’édit d’Auguste amenant la mère de Jésus à Bethléem, patrie indiquée par les prophètes, sert aux fins du Sauveur (saint Chrysostome).

pour être recensé avec Marie son épouse, qui était enceinte.

Or, pendant qu’ils étaient en ce lieu, le temps où elle devait enfanter s’accomplit.

Et elle mit au monde son fils premier-né, l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Son fils premier-né. Cela ne veut pas dire que plus tard la sainte Vierge ait eu d’autres enfants. Les Hébreux appelaient premiers-nés les enfants uniques aussi bien que ceux qui avaient des frères ou des sœurs. Voir le verset 23. ― Dans l’hôtellerie. Ce mot ne doit pas être entendu dans le sens moderne. « L’hôtellerie, l’auberge n’existait pas en Orient. Par la loi de l’hospitalité, l’étranger était reçu dans chaque maison où il se présentait. A défaut de cette hospitalité, ou s’il ne voulait pas y recourir, il pouvait se retirer dans une hôtellerie commune, appelée aujourd’hui khan, où hommes et bêtes trouvent un abri. Quand l’hôtellerie commune était occupée, force était à l’étranger de chercher ailleurs un abri. En général, la chose est facile en Palestine, où le terrain montagneux et calcaire offre partout des grottes [naturelles ou] taillées de main d’homme, soit pour servir d’habitation, soit comme chambres sépulcrales. La plupart de ces excavations remontent à des époques très reculées. » (J.-H. MICHON.)

Il y avait aux environs des bergers qui passaient la nuit aux champs, veillant à la garde de leur troupeau.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir la note 27 à la fin du volume.

Tout à coup un ange du Seigneur parut auprès d’eux et le rayonnement de la gloire du Seigneur les environna, et ils furent saisis d’une grande crainte.

Mais l’ange leur dit : « Ne craignez point, car je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple une grande joie.

Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Christ Seigneur.

Et voici ce qui vous servira de signe : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche. »

Au même instant, se joignit à l’ange une troupe de la milice céleste, louant Dieu et disant :

« Gloire, dans les hauteurs, à Dieu ! Et, sur la terre, paix aux hommes, Objet de la bienveillance divine ! »

Lorsque les anges, remontant au ciel, les eurent quittés, les bergers se dirent les uns aux autres : « Passons jusqu’à Bethléem, et voyons cet événement qui est arrivé, et que le Seigneur nous a fait savoir. »

Ils s’y rendirent en toute hâte, et trouvèrent Marie, Joseph, et le nouveau-né couché dans la crèche.

Après l’avoir vu, ils publièrent la révélation qui leur avait été faite au sujet de cet Enfant.

Et tous ceux qui les entendirent furent dans l’admiration de ce que leur disaient les bergers.

Or Marie conservait avec soin toutes ces choses, les méditant dans son cœur.

Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu de tout ce qu’ils avaient vu et entendu, selon ce qui leur avait été annoncé.

Les huit jours étant accomplis, pour la circoncision de l’Enfant, il fut appelé Jésus, nom que l’ange lui avait donné avant qu’il eût été conçu dans le sein maternel.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 17, 12 ; Lévitique, 12, 3 ; Matthieu, 1, 21 ; Luc, 1, 31. ― Pour circoncire l’enfant. La circoncision fut sans doute faite par saint Joseph, dans la grotte de Bethléem. Dans le chœur de la basilique de la Nativité à Bethléem, dans le bras de la croix au sud du maître-autel qui est placé à peu près au-dessus de la grotte où est né Notre-Seigneur se trouve l’autel de la circoncision, à l’endroit où la tradition, mentionnée déjà par saint Epiphane, localise cette cérémonie.

Puis, lorsque les jours de leur purification furent accomplis, selon la loi de Moïse, Marie et Joseph portèrent l’Enfant à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Lévitique, 12, 6.

suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur : « Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur » ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 13, 2 ; Nombres, 8, 16. ― Ouvrant un sein ; ouvrant un sein maternel ; c’est-à-dire : un fils dont la mère n’a pas eu d’autre enfant auparavant ; un premier-né, soit que sa mère engendre encore après lui, soit qu’il reste fils unique. Comparer au verset 7. ― Sera appelé consacré, hébraïsme, pour sera consacré. Comparer à Luc, 1, 32.

et pour offrir en sacrifice, ainsi que le prescrit la loi du Seigneur, une paire de tourterelles, ou deux petites colombes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Lévitique, 12, 8.

Or, il y avait à Jérusalem un homme nommé Siméon ; c’était un homme juste et craignant Dieu, qui attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit-Saint était sur lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Siméon. On a conjecturé, mais sans preuve, qu’il était le fils du fameux docteur juif Hillel et le père du Gamaliel dont il parlé dans les Actes des Apôtres, 22, 3.

L’Esprit-Saint lui avait révélé qu’il ne mourrait point avant d’avoir vu le Christ du Seigneur.

Il vint donc dans le temple, poussé par l’Esprit. Et comme les parents apportaient le petit Enfant Jésus, pour observer les coutumes légales à son égard,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans le temple, hiéron.

lui aussi, il le reçut entre ses bras, et bénit Dieu en disant :

« Maintenant, ô Maître, vous laissez partir votre serviteur En paix, selon votre parole ;

Puisque mes yeux ont vu votre salut,

Que vous avez préparé à la face de tous les peuples :

Lumière qui doit dissiper les ténèbres des Nations Et gloire d’Israël, votre peuple. »

Le père et la mère de l’Enfant étaient dans l’admiration des choses que l’on disait de lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’Evangéliste nomme toujours Joseph père de Jésus, parce qu’il était l’époux de Marie et le père nourricier de Jésus, et qu’il passait pour son père dans le monde.

Et Siméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Cet Enfant est au monde pour la chute et la résurrection d’un grand nombre en Israël, et pour être un signe en butte à la contradiction ; —

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 8, 14 ; Romains, 9, 33 ; 1 Pierre, 2, 7. ― Dieu n’a pas envoyé son Fils pour la perte d’aucun homme ; mais plusieurs, par leur propre perversité, et par leur refus obstiné de ne pas le recevoir, devaient y trouver l’occasion de se perdre.

vous-même, un glaive transpercera votre âme ; — et ainsi seront révélées les pensées cachées dans le cœur d’un grand nombre. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un glaive, en grec romphaia, un grand glaive qu’on avait coutume de porter sur l’épaule droite, marque ici une grande douleur qui transpercera l’âme de Marie.

Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser ; elle était fort avancée en âge, ayant vécu, depuis sa virginité, sept ans avec son mari.

Restée veuve, et parvenue à quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait point le temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et dans la prière.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Elle ne quitta pas le temple. Il y avait dans le temple, hiéron, une cour avec ses dépendances réservée aux femmes. Voir Matthieu, 21, 12.

Elle aussi, survenant à cette heure, se mit à louer le Seigneur et à parler de l’Enfant à tous ceux qui, à Jérusalem, attendaient la rédemption.

Lorsqu’ils eurent tout accompli selon la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. 4. Jésus-Enfant à Nazareth et parmi les Docteurs (40-52).

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Nazareth. Voir note 30 à la fin du volume.

Cependant l’Enfant croissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

Or ses parents allaient tous les ans à Jérusalem, à la fête de Pâque.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 23, 15 ; 34, 18 ; Deutéronome, 16, 1. ― Pâque. Voir Matthieu, 26, 2.

Quand il eut atteint sa douzième année, ils y montèrent, selon la coutume de cette fête ;

et lorsqu’ils s’en retournèrent, les jours de la fête étant passés, l’Enfant Jésus resta dans la ville, sans que ses parents s’en fussent aperçus.

Pensant qu’il était avec leurs compagnons de voyage, ils marchèrent tout un jour, puis ils le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pour ces fêtes, les hommes allaient ensemble et les femmes aussi de leur côté, les enfants s’unissaient aux uns ou aux autres. C’est ainsi que Marie crut Jésus avec Joseph qui le croyait avec Marie (saint Bède). « La tradition chrétienne rapporte à la localité moderne d’El-Biréh (la Bééroth biblique), le lieu où Marie et Joseph s’aperçurent que l’enfant Jésus n’était pas avec leur parenté. Une église chrétienne [fut bâtie en cet endroit en souvenir de cet événement]. Une portion notable du mur septentrional et de l’abside subsiste encore. El-Biréh est aujourd’hui un village encore important. On y voit une magnifique piscine recevant les eaux d’une fontaine abondante. » (J.-H. MICHON.)

Ne l’ayant point trouvé, ils retournèrent à Jérusalem pour le chercher.

Au bout de trois jours, ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans le temple, hiéron (voir Matthieu, 21, 12), dans une des salles qui faisaient partie du hiéron, vraisemblablement dans la synagogue placée dans le parvis des gentils et où avaient lieu les leçons et les discussions des rabbins.

Et tous ceux qui l’entendaient étaient ravis de son intelligence et de ses réponses.

En le voyant, ils furent étonnés ; et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi avez-vous agi ainsi avec nous ? Votre père et moi, nous vous cherchions tout affligés. »

Et il leur répondit : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il faut que je sois aux choses de mon Père ? »

Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.

Alors il descendit avec eux, et vint à Nazareth, et il leur était soumis. Et sa mère conservait toutes ces choses dans son cœur.

Commentaire (versets 49 à 51) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 49 à 51 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Jésus ne les reprend pas de l’avoir cherché, mais il déclare qu’il a, comme Fils de l’Eternel, des devoirs supérieurs à remplir (saint Bède). ― Jésus obéit pour nous apprendre que l’obéissance est la voie de la perfection (saint Grégoire de Nysse).

Et Jésus progressait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

« Comment faut-il entendre ce verset de saint Luc : Jésus avançait en sagesse, en âge et en grâce ? Pour ce qui est de l’intelligence, nous entendons saint Luc en ce sens qu’ayant, comme homme, les mêmes facultés que nous et se trouvant ici-bas dans des conditions analogues aux nôtres, le Sauveur éprouvait des impressions de même genre, voyait les mêmes objets, se formait les mêmes idées, acquérait la même science ; et que laissant paraître cette science au dehors selon qu’il l’acquérait et n’en faisant pas paraître d’autre, il donnait de jour en jour à ceux qui l’observaient de nouvelles preuves de ses connaissances et de sa sagesse. Les Docteurs donnent à cette science le nom d’expérimentale, à cause de la manière dont on l’acquiert pour l’ordinaire. Elle était pour Notre Seigneur la conséquence naturelle de la condition où il s’était mis, et elle rend compte de ce qu’ont dit l’Ecriture et les Pères sur son enfance et sur le développement graduel de son intelligence. Puisqu’il acquérait réellement cette sorte de science, il devait aussi en donner des marques, y faire des progrès, apprendre certaines choses, y appliquer son esprit, interroger, admirer, s’étonner, etc. Cela n’empêche pas de reconnaître en son âme dès le premier moment de l’Incarnation une science surhumaine et des lumières d’un ordre supérieur. Les principaux Docteurs et tous les théologiens enseignent qu’il avait reçu par infusion, à la manière des prophètes et des saints, mais dans un degré incomparablement plus élevé, un degré de science proportionné à sa dignité et à sa mission. De plus, ils s’accordent à dire que son âme jouissait de la vision intuitive de l’essence divine, d’une manière plus parfaite et plus pleine que tous les esprits du ciel. Ils regardent ces privilèges comme une conséquence naturelle de l’union hypostatique, et par conséquent ils ne sauraient admettre qu’il ait dû les mériter par ses œuvres, ni qu’il en ait été un seul instant privé. A plus forte raison n’admettraient-ils pas que son esprit partageât à son entrée dans le monde l’ignorance commune à tous les enfants d’Adam. Dans l’Apocalypse, on entend les élus du ciel célébrer sa sagesse et ses lumières en même temps que sa divinité. Quant à la grâce dont l’âme de Notre Seigneur a été ornée, nous distinguons de même, avec les théologiens, les habitudes et les actes surnaturels, les principes et les effets. Les œuvres de grâce ou les actes de vertus croissaient et se multipliaient sans cesse ; mais les habitudes infuses, les dispositions vertueuses, la grâce sanctifiante, tout ce qu’exigeait en son âme sa dignité d’Homme-Dieu, ne pouvait croître. Le Sauveur a toujours possédé ces dons au degré le plus élevé. » (L. BACUEZ.)