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Luc 16
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Jésus disait aussi à ses disciples : « Un homme riche avait un économe qu’on accusa devant lui de dissiper ses biens.
Il l’appela et lui dit : Qu’est-ce que j’entends dire de toi ? Rends compte de ton administration : car désormais tu ne pourras plus gérer mes biens.
Alors l’économe dit en lui-même : Que ferai-je, puisque mon maître me retire la gestion de ses biens ? Travailler la terre, je n’en ai pas la force, et j’ai honte de mendier.
Je sais ce que je ferai, afin que, lorsqu’on m’aura ôté mon emploi, il y ait des gens qui me reçoivent dans leurs maisons.
Faisant donc venir l’un après l’autre les débiteurs de son maître, il dit au premier : Combien dois-tu à mon maître ?
Il répondit : Cent barils d’huile. L’économe lui dit : Prends ton billet : assieds-toi vite, et écris cinquante.
Ensuite il dit à un autre : Et toi, combien dois-tu ? Il répondit : Cent mesures de froment. L’économe lui dit : Prends ton billet, et écris quatre-vingts.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cent mesures de froment. Dans le texte original : cent kors, c’est-à-dire environ 33 800 litres.
Et le maître loua l’économe infidèle d’avoir agi habilement ; car les enfants de ce siècle sont plus habiles entre eux que les enfants de la lumière.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les fils du siècle, les fils de la lumière, sont des locutions purement hébraïques, qui signifient les amateurs du siècle, ceux qui aiment les choses de la terre, les mondains et les hommes éclairés des lumières de la foi. ― Entre eux, à l’égard les uns des autres ; ou bien dans leur manière d’agir, dans leur conduite ; mais la première interprétation est plus rapprochée du texte sacré. ― Le maître loue, non l’injustice de son économe, mais son activité et son adresse ; il n’avait donné à celui-ci ni le droit ni la permission de disposer de son bien ; tandis que Dieu a donné non seulement une permission, mais un ordre formel à tous ceux qui tiennent de lui les biens temporels ou spirituels, de les distribuer libéralement. ― « Par la conduite de l’économe infidèle, le Seigneur a voulu, selon saint Augustin, nous faire comprendre que si un maître de la terre a pu faire l’éloge de son serviteur qui, pour un intérêt temporel, avait tenu une conduite frauduleuse, à plus forte raison nous serons agréables au maître du ciel, si, conformément à ses divines lois et en vue de la vie éternelle, nous accomplissons envers le prochain des œuvres soit de justice, soit de miséricorde. Du reste le Seigneur n’a pas loué ce serviteur pour la nouvelle fraude commise envers son maître, mais pour la pénétration et l’esprit de prévoyance et de calcul dont il a fait preuve à son propre avantage. » (Mgr PICHENOT.)
Moi aussi je vous dis : Faites-vous des amis avec les richesses d’iniquité, afin que, lorsque vous quitterez la vie, ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les richesses injustes sont ainsi appelées, parce qu’elles sont souvent mal acquises ou mal employées. Mais, comme en hébreu le même mot signifie vanité et iniquité, d’autres croient qu’il s’agit ici de richesses vaines, opposées aux biens véritables, dont il est parlé au verset 11.
Celui qui est fidèle dans les petites choses, est fidèle aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les petites choses, est injuste aussi dans les grandes.
Si donc vous n’avez pas été fidèles dans les richesses d’iniquité, qui vous confiera les biens véritables ?
Et si vous n’avez pas été fidèles dans un bien étranger, qui vous donnera votre bien propre ?
Nul serviteur ne peut servir deux maîtres ; car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et la Richesse. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 6, 24. ― L’argent, dans l’original, mammôna, mot araméen qui signifie richesses et peut-être aussi le dieu des richesses.
Les Pharisiens qui aimaient l’argent, écoutaient aussi tout cela, et se moquaient de lui.
Jésus leur dit : « Vous êtes ceux qui se font passer pour justes devant les hommes ; mais Dieu connaît vos cœurs ; et ce qui est élevé aux yeux des hommes est une abomination devant Dieu.
La Loi et les prophètes vont jusqu’à Jean ; depuis Jean, le royaume de Dieu est annoncé, et chacun fait effort pour y entrer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 11, 12.
Plus facilement le ciel et la terre passeront, qu’un seul trait de la Loi périsse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 5, 18.
Quiconque renvoie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère ; et quiconque épouse la femme renvoyée par son mari, commet un adultère.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 5, 32 ; Marc, 10, 11 ; 1 Corinthiens, 7, 10-11.
Il y avait un homme riche qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui faisait chaque jour splendide chère.
Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d’ulcères,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lazare, personnage fictif, selon l’opinion commune. ― Couché à sa porte. Le mot grec pylôn désigne la grande porte d’entrée, comme il y en a dans les maisons les plus importantes.
et souhaitant de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; mais les chiens mêmes venaient lécher ses ulcères.
Or, il arriva que le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on lui donna la sépulture.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le sein d’Abraham ; c’est-à-dire le lieu de repos des âmes des saints, jusqu’à ce que le Sauveur eût ouvert le ciel par sa mort. ― Le riche mourut aussi et fut enseveli dans l’enfer. « Le mauvais riche, dit saint Jean Chrysostome, n’est pas damné parce qu’il fut riche, mais qu’il ne fut pas miséricordieux. Le mauvais riche, dit saint Grégoire, n’est pas damné pour avoir dérobé le bien d’autrui, mais pour n’avoir pas fait de son propre bien un légitime usage. Le mauvais riche, dit saint Ambroise, n’est pas damné pour avoir frappé le pauvre, mais pour avoir été réellement homicide envers lui, en le laissant mourir sans secours. » (Mgr PICHENOT.)
Dans l’enfer, il leva les yeux, et tandis qu’il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans les tourments de l’enfer. Voir plus bas, verset 28.
et il s’écria : Abraham, notre père, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu’il trempe dans l’eau le bout de son doigt et me rafraîchisse la langue ; car je souffre cruellement de ces flammes.
Abraham répondit : Mon fils, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que pareillement Lazare a eu ses maux : maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres.
De plus, entre nous et vous il y a pour toujours un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous ne le puissent, et qu’il soit impossible de passer de là-bas jusqu’à nous.
Et le riche dit : Je te prie donc, père, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père,
— car j’ai cinq frères, — pour leur attester ces choses de peur qu’ils ne viennent, eux aussi, dans ce lieu de tourments.
Abraham répondit : Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent. —
Non, Abraham, notre père, reprit-il ; mais si quelqu’un des morts va vers eux, ils se repentiront.
Mais Abraham lui dit : S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, quelqu’un des morts ressusciterait, qu’ils ne le croiraient point. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cent barils d’huile. Dans le texte original : cent baths, c’est-à-dire environ 3800 litres.