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Luc 19

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Jésus étant entré dans Jéricho, traversait la ville.

Et voilà qu’un homme appelé Zachée, — c’était un chef de publicains et il était riche, —

cherchait à voir qui était Jésus ; et il ne le pouvait à cause de la foule, car il était de petite taille.

Courant donc en avant, il monta sur un sycomore pour le voir, parce qu’il devait passer par là.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sur un sycomore. Il ne faut pas entendre par ce nom le sycomore de nos pays, dont le nom vulgaire est érable blanc ou faux platane, dont les feuilles larges et dentées, à cinq lobes pointus, sont blanches en dessous, d’un vert foncé en dessus ; les fleurs, petites et verdâtres, pendant en grappes allongées. Le sycomore de l’Evangile est le sycomore à figues, Ficus sycomorus. Il ne pousse que dans les pays très chauds ; à Jaffa, dans la vallée brûlante du Jourdain, dans la basse Galilée et en Egypte, où on en voit encore aujourd’hui formant allée dans les villes, d’où le nom de figuier d’Egypte par lequel on le désigne également. Il s’élève à une hauteur de douze à quinze mètres. Ses grandes et fortes branches se déploient horizontalement de manière à former un pavillon touffu qui peut avoir jusqu’à une quarantaine de pas de diamètre. Les figues qu’il produit ne poussent pas sur les rameaux couverts de feuilles mais s’étalent en grappes soit sur le tronc soit sur les grosses branches. Elles mûrissent au commencement de juin et depuis cette époque jusqu’à l’hiver, l’arbre porte constamment des fleurs, des fruits verts et des fruits mûrs. Le bois de sycomore servait en Egypte à faire des boîtes de momie et on l’employait en Palestine comme bois de construction. Le nom de sycomore qui signifie figuier-mûrier provient de ce que cet arbre a les fruits du figuier et le feuillage du mûrier.

Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux, et l’ayant vu, il lui dit : « Zachée, descends vite, car il faut que je loge aujourd’hui dans ta maison. »

Zachée se hâta de descendre et le reçut avec joie.

Voyant cela, ils murmuraient tous en disant : « Il est allé loger chez un pécheur. »

Mais Zachée, se présentant devant le Seigneur, lui dit : « Voici, Seigneur, que je donne aux pauvres la moitié de mes biens ; et si j’ai fait tort de quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple. »

Jésus lui dit : « Le salut est venu aujourd’hui pour cette maison, parce que celui-ci est aussi un fils d’Abraham.

Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

Commentaire (versets 8 à 10) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 8 à 10 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Une antique tradition fait venir Zachée dans les Gaules, où il se serait fixé dans le lieu sauvage et pittoresque appelé aujourd’hui Rocamadour. Voir Matthieu, 18, 11.

Comme ils écoutaient ce discours, il ajouta une parabole, parce qu’il était près de Jérusalem, et que le peuple pensait que le royaume de Dieu allait bientôt paraître.

Il dit donc : « Un homme de grande naissance s’en alla dans un pays lointain pour être investi de la royauté et revenir ensuite.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 25, 14.

Ayant appelé dix de ses serviteurs, il leur donna dix mines, et leur dit : Faites-les valoir, jusqu’à ce que je revienne.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La mine d’argent valait environ 88 francs 29 centimes et la mine d’or, 630 francs 60 centimes (en 1900).

Mais ses concitoyens le haïssaient, et ils envoyèrent après lui des députés chargés de dire : Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ces concitoyens sont les Juifs, haïssant Jésus et criant à Pilate : « Nous n’avons pas d’autre roi que César. » (saint Cyrille)

Quand il fut de retour, après avoir été investi de la royauté, il se fit appeler les serviteurs auxquels il avait donné l’argent, pour savoir quel profit chacun en avait tiré.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Après avoir parlé de la première venue, humble et bienfaisante, le Christ-Roi parle du second avènement dans la gloire et le triomphe (Eusèbe).

Le premier vint et dit : Seigneur, votre mine a gagné dix autres mines.

Il lui dit : C’est bien, bon serviteur ; parce que tu as été fidèle en peu de chose, reçois le gouvernement de dix villes.

Le second vint et dit : Seigneur, votre mine a produit cinq autres mines.

Toi aussi, lui dit-il, gouverne cinq villes.

Puis un autre vint et dit : Seigneur, voici votre mine que j’ai gardée en dépôt dans un linge.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans un linge, littéralement un morceau d’étoffe qui sert à essuyer la sueur ou mouchoir.

Car j’avais peur de vous, parce que vous êtes un homme rigide : vous retirez ce que vous n’avez pas déposé, et vous moissonnez ce que vous n’avez pas semé.

Le roi lui répondit : Je te juge sur tes paroles, méchant serviteur. Tu savais que je suis un homme rigide, retirant ce que je n’ai pas déposé, et moissonnant ce que je n’ai pas semé ;

pourquoi donc n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? Et à mon retour, je l’aurais retiré avec les intérêts.

Et il dit à ceux qui étaient là : Ôtez-lui la mine, et donnez-la à celui qui en a dix.

— Seigneur, lui dirent-ils, il en a dix. —

Je vous le dis, à quiconque possède, on donnera ; et à celui qui n’a pas, on ôtera même ce qu’il a.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 13, 12 ; 25, 29 ; Marc, 4, 25 ; Luc, 8, 18.

Quant à ces gens qui me haïssent et n’ont pas voulu m’avoir pour roi, amenez-les ici, et égorgez-les en ma présence. »

Après ce discours, Jésus se mit à marcher en avant, pour monter à Jérusalem.

Lorsqu’il approcha de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne appelée des Oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 21, 1 ; Marc, 11, 1. ― Près du mont nommé des Oliviers. Voir Matthieu, note 21.1

en disant : « Allez au village qui est en face ; en y entrant, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s’est jamais assis ; détachez-le et l’amenez.

Et si quelqu’un vous demande pourquoi vous le détachez, vous répondrez : Parce que le Seigneur en a besoin. »

Ceux qui étaient envoyés partirent et trouvèrent les choses comme Jésus le leur avait dit.

Comme ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? »

Ils répondirent : « Parce que le Seigneur en a besoin. »

Et ils l’amenèrent à Jésus ; puis, ayant jeté leurs manteaux sur l’ânon, ils y firent monter Jésus.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jean, 12, 14.

À son passage les gens étendaient leurs manteaux sur la route.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le peuple étendait ses vêtements sur le chemin en guise de tapis.

Lorsqu’il était déjà près de la descente du mont des Oliviers, toute la foule des disciples, transportés de joie, se mit à louer Dieu à haute voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus.

« Béni soit, disaient-ils, le roi qui vient au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel, et gloire au plus haut des cieux ! »

Alors quelques Pharisiens, au milieu de la foule, dirent à Jésus : « Maître, réprimandez vos disciples. »

Il leur répondit : « Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront. »

Et lorsque, s’étant approché, il aperçut Jérusalem, il pleura sur elle, en disant :

« Si tu connaissais, toi aussi, du moins en ce jour qui t’est donné, ce qui ferait ta paix ! Mais maintenant ces choses sont cachées à tes yeux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ce qui importe à ta paix ; c’est-à-dire à ton bonheur parfait, à ton salut. Les Hébreux entendaient par paix un bonheur complet, toute sorte de prospérités.

Viendront sur toi des jours où tes ennemis t’environneront de tranchées, t’investiront et te serreront de toutes parts ;

ils te renverseront par terre, toi et tes enfants qui sont dans ton sein, et ils ne laisseront pas dans ton enceinte pierre sur pierre, parce que tu n’as pas connu le temps où tu as été visitée. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 24, 2 ; Marc, 13, 2 ; Luc, 21, 6. ― Visitée par le Messie. Cette célèbre prophétie est comme un résumé fidèle de l’histoire du siège et de la ruine de Jérusalem par les Romains, telle que Josèphe la rapporte dans son livre La guerre des Juifs. Voir Luc, 21, 24.

Étant entré dans le temple, il se mit à chasser ceux qui y vendaient et y achetaient,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 21, 12 ; Marc, 11, 15. ― Etant entré dans le temple. Voir Matthieu, note 21.12.

leur disant : « Il est écrit : Ma maison est une maison de prière, et vous en avez fait une caverne de voleurs. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 56, 7 ; Jérémie, 7, 11.

Jésus passait les journées à enseigner dans le temple. Et les Princes des prêtres, les Scribes et les principaux du peuple cherchaient à le perdre ;

mais ils ne savaient comment s’y prendre, car tout le peuple l’écoutait avec ravissement.