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Luc 11
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Un jour que Jésus était en prière en un certain lieu, lorsqu’il eut achevé, un de ses disciples lui dit : « Seigneur, apprenez-nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples. »
Il leur dit : « Lorsque vous priez, dites : Père, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive.
Donnez-nous aujourd’hui le pain nécessaire à notre subsistance,
et remettez-nous nos offenses, car nous remettons nous-mêmes à tous ceux qui nous doivent ; et ne nous induisez pas en tentation. »
Il leur dit encore : « Si quelqu’un de vous, ayant un ami, va le trouver au milieu de la nuit, disant : Mon ami, prête-moi trois pains,
car un de mes ami qui voyage est arrivé chez moi, et je n’ai rien à lui offrir ;
et que de l’intérieur de la maison, l’autre réponde : Ne m’importune point ; la porte est déjà fermée, mes enfants et moi nous sommes au lit ; je ne puis me lever pour te rien donner :
je vous le dis, quand même il ne se lèverait pas pour lui donner, parce qu’il est son ami, il se lèvera à cause de son importunité, et lui donnera autant de pains qu’il en a besoin.
Et moi je vous dis : Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 7, 7 ; 21, 22 ; Marc, 11, 24 ; Jean, 14, 13 ; Jacques, 1, 5.
Car quiconque demande, reçoit ; et qui cherche, trouve, et l’on ouvrira à celui qui frappe.
Quel est parmi vous le père qui, si son fils lui demande du pain, lui donne une pierre ? ou, si c’est un poisson, lui donnera-t-il, au lieu de poisson, un serpent ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 7, 9. ― Ou si un poisson. Cette traduction, qui est de Bossuet, rend plus fidèlement qu’aucune autre la concision énergique du texte, sans pourtant nuire à la clarté.
ou, s’il lui demande un œuf, lui donnera-t-il un scorpion ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un scorpion. Voir Luc, 10, 19. Quelques commentateurs ont pensé, à cause de ces paroles, qu’il existait une certaine ressemblance entre un œuf et un scorpion, mais le langage de Notre-Seigneur n’implique pas cette ressemblance. Le scorpion est ordinairement noir, quoique d’anciens auteurs parlent d’un scorpion blanc.
Si donc vous, tout méchants que vous êtes, vous savez donner à vos enfants de bonnes choses, combien plus votre Père céleste donnera-t-il l’Esprit-Saint à ceux qui le lui demandent ? »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Votre Père céleste donnera son bon esprit à ceux qui le lui demanderont. « Il n’y a de bon esprit que celui de Dieu. L’esprit qui nous éloigne du vrai bien, quelque pénétrant, quelque agréable, quelque habile qu’il soit pour nous procurer des biens corruptibles, n’est qu’un esprit d’illusion et d’égarement. L’esprit n’est fait que pour conduire à la vérité et au souverain bien. Il n’y a de bon esprit que celui de Dieu, parce qu’il n’y a que son esprit qui nous mène à lui. Il y a bien de la différence entre un bel esprit, un grand esprit et un bon esprit. Le bel esprit plaît par son agrément ; le grand esprit excite l’admiration par sa profondeur ; mais il n’y a que le bon esprit qui sauve et qui rende heureux par sa solidité et par sa droiture. » (FENELON.)
Jésus chassait un démon, et ce démon était muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet parla, et le peuple était dans l’admiration.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu 9, 32 ; 12, 22.
Mais quelques-uns d’entre eux dirent : « C’est par Béelzébub, prince des démons, qu’il chasse les démons. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 9, 34 ; Marc, 3, 22. ― Béelzébub. Voir Matthieu, 10, 25.
D’autres, pour l’éprouver, lui demandèrent un signe dans le ciel.
Connaissant leurs pensées, Jésus leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même, se détruit, les maisons tombent l’une sur l’autre.
Si donc Satan est divisé contre lui-même, comment son royaume subsistera-t-il ? Car vous dites que c’est par Béelzébub que je chasse les démons.
Et si, moi, je chasse les démons par Béelzébub, vos fils, par qui les chassent-ils ? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
En qualité d’exorcistes, certains Juifs chassaient les démons par l’invocation du nom de Dieu.
Mais si c’est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu à vous.
Lorsqu’un homme fort et bien armé garde l’entrée de sa maison, ce qu’il possède est en sûreté.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le fort armé. Voir Matthieu, 12, 29.
Mais qu’il en survienne un plus fort qui le vainque, il lui enlève toutes les armes dans lesquelles il se confiait, et il partage ses dépouilles.
Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi, dissipe.
Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos. N’en trouvant point, il dit : Je retournerai dans ma maison, d’où je suis sorti.
Et quand il arrive, il la trouve nettoyée et ornée.
Alors il s’en va, prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui ; puis ils entrent et s’y établissent : et le dernier état de cet homme devient pire que le premier. »
Comme il parlait ainsi, une femme élevant la voix du milieu de la foule, lui dit : « Heureux le sein qui vous a porté, et les mamelles que vous avez sucées ! »
Jésus répondit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent ! »
Le peuple s’amassant en foules, il se mit à dire : « Cette génération est une génération méchante ; elle demande un signe, et il ne lui en sera point donné d’autre que celui du prophète Jonas.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 12, 39. ― Le prodige du prophète Jonas. Voir Matthieu, 12, 39-40.
Car, de même que Jonas fut un signe pour les Ninivites, ainsi le Fils de l’homme sera un signe pour cette génération.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jonas, 2, 1.
La reine du Midi se lèvera, au jour du jugement, avec les hommes de cette génération, et les condamnera, parce qu’elle est venue des extrémités de la terre entendre la sagesse de Salomon : et il y a ici plus que Salomon.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
3 Rois, 10, 1 ; 2 Paralipomènes, 9, 1. ― La reine du midi, la reine de Saba, dont le royaume était situé au midi par rapport à la Palestine.
Les hommes de Ninive se lèveront, au jour du jugement, avec cette génération et la condamneront, parce qu’ils ont fait pénitence à la prédication de Jonas ; et il y a ici plus que Jonas.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jonas, 3, 5.
Personne n’allume une lampe pour la mettre dans un lieu caché ou sous le boisseau : on la met sur le chandelier, afin que ceux qui entrent voient la lumière.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 5, 15 ; Marc, 4, 21. ― Sous le boisseau. Voir Matthieu, note 5.15.
La lampe de ton corps, c’est ton œil. Si ton œil est sain, tout ton corps sera dans la lumière ; s’il est mauvais, ton corps aussi sera dans les ténèbres.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 6, 22.
Prends donc garde que la lumière qui est en toi ne soit ténèbres.
Si donc tout ton corps est dans la lumière, sans mélange de ténèbres, il sera éclairé tout entier, comme lorsque brille sur toi la clarté d’une lampe. »
Pendant qu’il parlait, un Pharisien le pria de dîner chez lui ; Jésus entra et se mit à table.
Or le Pharisien vit avec étonnement qu’il n’avait point fait l’ablution avant le dîner.
Le Seigneur lui dit : « Vous, Pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat ; mais au dedans de vous tout est plein de rapine et d’iniquité.
Commentaire (versets 38 à 39) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 38 à 39 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Comparer à Matthieu, 23, 25-36. Voir Matthieu, 23, 25.
Insensés ! celui qui a fait le dehors n’a-t-il pas fait aussi le dedans ?
Toutefois, donnez l’aumône selon vos moyens, et tout sera pur pour vous.
Mais malheur à vous, Pharisiens, qui payez la dîme de la menthe, de la rue et de toute plante potagère et qui n’avez nul soucis de la justice et de l’amour de Dieu ! C’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans omettre le reste.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De la menthe. Voir Matthieu, 23, 23. ― De la rue. La rue, ruta graveolens, plante très aromatique, d’un vert jaunâtre dont on faisait grand usage en Palestine pour l’épicerie et la médecine, est très stimulante, antispasmodique et tonique. L’odeur en est très forte ; le goût des feuilles est amer. Le Talmud déclare que la rue n’est pas soumise à la dîme, mais les Pharisiens voulaient la mettre sur le même pied que les autres plantes potagères dont on devait payer la dîme.
Malheur à vous, Pharisiens, qui aimez les premiers sièges dans les synagogues, et les salutations dans les places publiques !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 23, 6 ; Marc, 12, 39 ; Luc, 20, 46.
Malheur à vous, parce que vous ressemblez à des sépulcres qu’on ne voit pas et sur lesquels on marche sans le savoir ! »
Alors un docteurs de la Loi, prenant la parole, lui dit : « Maître, en parlant de la sorte, vous nous outragez aussi. »
Jésus répondit : « Et à vous aussi, docteurs de la Loi, malheur ! parce que vous chargez les hommes de fardeaux difficiles à porter, et vous-mêmes, vous n’y touchez pas d’un seul de vos doigts !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 23, 4.
Malheur à vous, qui bâtissez des tombeaux aux prophètes, et ce sont vos pères qui les ont tués !
Vous servez donc de témoins et vous applaudissez aux œuvres de vos pères ; car eux les ont tués, et vous, vous leur bâtissez des tombeaux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Comme les docteurs de la loi ne bâtissaient des tombeaux aux prophètes que par hypocrisie, au lieu de réparer aux yeux de Dieu les crimes de leurs pères, ils en comblaient plutôt la mesure.
C’est pourquoi la Sagesse de Dieu a dit : Je leur enverrai des prophètes et des apôtres ; ils tueront plusieurs d’entre eux et en persécuteront d’autres :
afin qu’il soit redemandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la création du monde,
depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, tué entre l’autel et le sanctuaire. Oui, je vous le dis, il en sera redemandé compte à cette génération.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 4, 8 ; 2 Paralipomènes, 24, 22. ― Jusqu’au sang de Zacharie. Voir Matthieu, 23, 35.
Malheur à vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clef de la science ; vous-mêmes n’êtes point entrés, et vous avez empêché ceux qui entraient ! »
Comme Jésus leur disait ces choses, les Pharisiens et les Scribes se mirent à le presser vivement et à l’accabler de questions,
lui tendant des pièges, et cherchant à surprendre quelque parole de sa bouche pour l’accuser.
Commentaire (versets 2 à 4) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 2 à 4 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Voir Matthieu, notes 6.9 à 6.13.