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Luc 3
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La quinzième année du règne de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée ; Hérode, tétrarque de la Galilée ; Philippe, son frère, tétrarque de l’Iturée et du pays de la Trachonite, et Lysanias, tétrarque de l’Abilène ;
au temps des grands prêtres Anne et Caïphe, la parole du Seigneur se fit entendre à Jean, fils de Zacharie, dans le désert.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 4, 6. ― Sous les grands prêtres Anne et Caïphe. Anne, fils de Seth, appelé par Josèphe Ananus, fut promu grand prêtre par Quirinus, gouverneur de Syrie, l’an 7 de notre ère. Au commencement du règne de Tibère, en l’an 14 (15 ?), il fut déposé par Valerius Gratus, procurateur de Judée et remplacé par Ismael, fils de Phabi. Bientôt après, Eléazar, fils d’Anne, reçut le souverain pontificat, qu’il dut céder l’année suivante à Simon, fils de Camith. Ce dernier fut remplacé par le gendre d’Anne, Joseph Caïphe, qui conserva cette dignité de l’an 27 ou 28 à l’an 36 ou 37. Anne vécut longtemps et cinq de ses fils furent tour à tour grands prêtres. Les Evangélistes l’ont nommé avec Caïphe, soit parce qu’il était son sagan ou vicaire, comme quelques-uns l’ont pensé, soit qu’il fut encore alors président du sanhédrin ou bien qu’ayant exercé les fonctions du souverain pontificat, il en portât encore le titre par honneur. Il devait, en tout cas, jouir d’une grande influence à Jérusalem, et en particulier auprès de Caïphe, son gendre. ― Sur Caïphe, voir Matthieu, 26, 3. ― Sur Jean, fils de Zacharie, voit Matthieu, 3, 1. ― Dans le désert de Judée. Voir Matthieu, 3, 1.
Et il vint dans toute la contrée du Jourdain, prêchant le baptême de pénitence pour la rémission des péchés,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 3, 1 ; Marc, 1, 4. ― Toute la région du Jourdain, le Ghôr actuel.
ainsi qu’il est écrit au livre des oracles du prophète Isaïe : « Une voix a retenti au désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 40, 3 ; Jean, 1, 23. ― Dans le désert de Judée.
Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les chemins tortueux deviendront droits, et les raboteux unis.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La rédemption fait disparaître l’inégalité entre les hommes (saint Jérôme).
Et toute chair verra le salut de Dieu. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Toute chair. Voir Matthieu, 24, 22.
Il disait à ceux qui accouraient en foule, pour être baptisés par lui : « Race de vipères, qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 3, 7 ; 23, 33.
Faites donc de dignes fruits de repentir, et n’essayez pas de dire en vous-mêmes : Abraham est notre père ; car je vous dis que de ces pierres mêmes Dieu peut susciter des enfants à Abraham.
Déjà la cognée est à la racine des arbres. Tout arbre donc qui ne porte pas de bon fruit sera coupé et jeté au feu. »
Et le peuple lui demanda : « Que faut-il donc faire ? »
Il leur répondit : « Que celui qui a deux tuniques en donne une à qui n’en a point, et que celui qui a de quoi manger fasse de même. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jacques, 2, 15 ; 1 Jean, 3, 17.
Il vint aussi des publicains pour être baptisés, et ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? »
Il leur dit : « N’exigez rien au delà de ce qui vous est ordonné. »
Des gens de guerre l’interrogèrent aussi, disant : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Abstenez-vous de toute violence et de toute fraude, et contentez-vous de votre solde. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ni de fraude. Le mot du texte, qui signifie proprement calomnie, s’emploie assez souvent dans la Bible pour fraude, injustice.
Comme le peuple était dans l’attente, et que tous se demandaient dans leurs cœurs, à l’égard de Jean, s’il ne serait pas le Christ,
Jean leur dit à tous : « Moi, je vous baptise dans l’eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi, et dont je ne suis pas digne de délier la courroie de la chaussure ; lui, il vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 3, 11 ; Marc, 1, 8 ; Jean, 1, 26 ; Actes des Apôtres, 1 ,5 ; 11, 16 ; 19, 4. ― La chaussure, les sandales. Voir Marc, 6, 9.
Sa main tient le van, et il nettoiera son aire, et il amassera le froment dans son grenier, et il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint point. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 3, 12.
Par ces exhortations, et beaucoup d’autres semblables, il annonçait donc au peuple la bonne nouvelle.
Mais Hérode le tétrarque, étant repris par lui au sujet d’Hérodiade, femme de son frère, et de tout le mal qu’il avait fait,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 14, 4 ; Marc, 6, 17. ― Hérode le tétrarque Antipas. Voir Matthieu, 14, 1. ― Hérodiade, voir Matthieu, 14, 3. ― Femme de son frère, voir Matthieu, 14, 3.
il ajouta ce crime à tous les autres, et enferma Jean en prison.
Or, dans le temps que tout le peuple venait de recevoir le baptême, Jésus fut aussi baptisé, et pendant qu’il priait, le ciel s’ouvrit,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 3, 16 ; Marc, 1, 10 ; Jean, 1, 32.
et l’Esprit-Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe, et du ciel une voix se fit entendre, disant : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mes complaisances. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 3, 17 ; 17, 5 ; Luc, 9, 35 ; 2 Pierre, 1, 17.
Jésus avait environ trente ans lorsqu’il commença son ministère ; il était, comme on le croyait, fils de Joseph, fils d’Héli,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Suivant plusieurs interprètes, saint Joseph, qui, selon la nature, était fils de Jacob, était, selon la loi, fils d’Héli. Car Héli et Jacob étaient frères utérins ; et Héli, l’ainé, étant mort sans postérité, Jacob, d’après la loi, épousa sa veuve et par suite de ce mariage, son fils Joseph fut réputé fils d’Héli selon la loi. D’autres disent que Joseph, fils de Jacob par nature, l’était d’Héli par alliance, ayant épousé Marie, qui en était la fille. ― Sur la double généalogie de Notre-Seigneur, voir la note 26 à la fin du volume.
fils de Matthat, fils de Lévi, fils de Melchi, fils de Janné, fils de Joseph,
fils de Mattathias, fils d’Amos, fils de Nahum, fils d’Hesli, fils de Naggé,
fils de Maath, fils de Mattathias, fils de Séméï, fils de Josech, fils de Juda,
fils de Joanan, fils de Résa, fils de Zorobabel, fils de Salathiel, fils de Néri,
fils de Melchi, fils d’Addi, fils de Cosam, fils d’Elmadam, fils de Her,
fils de Jésus, fils d’Eliézer, fils de Jorim, fils de Matthat, fils de Lévi,
fils de Siméon, fils de Juda, fils de Joseph, fils de Jonan, fils d’Eliakim,
fils de Méléa, fils de Menna, fils de Mattatha, fils de Nathan, fils de David,
fils de Jessé, fils d’Obed, fils de Booz, fils de Salmon, fils de Naasson,
fils d’Aminadab, fils d’Aram, fils d’Esron, fils de Pharès, fils de Judas,
fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham, fils de Tharé, fils de Nachor,
fils de Sarug, fils de Réü, fils de Phaleg, fils d’Héber, fils de Salé,
fils de Caïnan, fils d’Arphaxad, fils de Sem, fils de Noé, fils de Lamech,
fils de Mathusalé, fils d’Enoch, fils de Jared, fils de Malaléel, fils de Caïnan,
fils d’Enos, fils de Seth, fils d’Adam, fils de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui fut de Dieu. « Ce simple mot, jeté là sans commentaire et sans réflexion, pour raconter la création, l’origine, la nature, les fins et le mystère de l’homme, est de la plus grande sublimité. » (E. LEFRANC.)
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’an quinzième du règne de César Tibère. Claude Tibère Néron, fils de Tibère Claude Néron et de Livia Drusilla, second empereur romain, était né à Rome l’an 42 avant notre ère. Sa mère Livia épousa l’an 38 l’empereur Auguste qui l’adopta, l’an 4 de notre ère, après lui avoir fait épouser l’an 11 avant Jésus-Christ sa fille Julie. Tibère fut associé en l’an 13 de notre ère au gouvernement de l’empire et chargé de l’administration des provinces. L’année suivante, en l’an 14, Auguste étant mort, son fils adoptif se trouva seul maître de l’empire. Il avait alors 55 ans. Il mourut en 37, à l’âge de 78 ans. Pendant son règne, il donna deux procurateurs à la Palestine, Valerius Gratus, qui garda sa charge onze ans (15-26 de notre ère) et Ponce Pilate, qui fut procurateur pendant dix ans (26-36). La 15e année de Tibère va du 19 août de l’an 28 jusqu’à la même époque de l’an 29 après Jésus-Christ. ― Ponce Pilate. Voir Matthieu, 27, 2. ― Hérode, tétrarque de Galilée. Hérode Antipas. Voir Matthieu, 14, 1. ― Philippe le tétrarque ou Hérode Philippe était fils d’Hérode-le-Grand par sa cinquième femme, Cléopâtre de Jérusalem. C’est le seul des fils de ce roi qui n’ait pas laissé la réputation de mauvais prince. Il épousa à un âge assez avancé Salomé, fille d’Hérodiade, la danseuse qui demanda la tête de saint Jean-Baptiste. Philippe était tétrarque d’Iturée et du pays de Trachonite. L’Iturée, région montagneuse, conquise par le roi Aristobule environ un siècle avant Jésus-Christ, était au nord-est de la Palestine et à l’ouest de Damas. Ses habitants étaient célèbres par leurs brigandages et par leur habileté à tirer de l’arc. La Trachonite, l’ancien Argob, le Ledja actuel, était également habitée par des pillards qui demeuraient sous des tentes. L’empereur Auguste donna ce pays à Hérode le Grand, l’an 23 avant notre ère, pour qu’il le purgeât du brigandage. Saint Luc entend par Trachonite tout le pays situé au sud de l’Antiliban, à l’est du haut Jourdain et du lac de Tibériade jusqu’aux montagnes des Druses. Philippe gouverna ce pays 37 ans ; il embellit et agrandit Césarée de Philippe, qui reçut de lui ce surnom, et Bethsaïde-Julias et il mourut sans postérité l’an 34 de notre ère. ― Lysanias n’est guère connu que de nom. C’était probablement le descendant d’un autre Lysanias, prince de Chalcis du Liban, que Cléopâtre avait fait périr insidieusement en 35 avant Jésus-Christ. ― Abylène était le pays qui tirait son nom de la ville d’Abila. Il était situé entre le Liban et l’Hermon, au nord-ouest de Damas, à dix-huit milles romains de cette dernière ville et à trente-sept milles d’Héliopolis.